Pourquoi Steve Jobs était-il aussi désagréable avec ses employés ?

L'ancien PDG d'Apple n'était pas connu pour mettre les formes dans ses propos. Il disait clairement ce qu'il avait sur le cœur, quitte à passer pour abrupt.

Steve Jobs, le fondateur d'Apple, pouvait être d'une réelle grossièreté quand il critiquait ses employés. Il disait exactement ce qu'il pensait, utilisant parfois des injures pour faire comprendre son point de vue. Il a licencié le chef de l'équipe à l'origine de MobileMe, la première tentative de service cloud de Apple, au cours d'une réunion publique, devant son équipe. Et il y a beaucoup d'autres exemples où les employés se sont retrouvés au bord des larmes.

Dans une tribune au New Yorker, le designer en chef de l'entreprise et également ami proche de Jobs, Jony Ive, a raconté comment, un jour, il a demandé à Jobs de modérer ses propos après avoir vu ses collègues anéantis par les remarques. Jobs n'était pas d'accord. "Pourquoi devrais-je peser mes mots ? Je m'en fiche de ce qu'ils ressentent ! Prendre des gants c'est être vaniteux, c'est vouloir que les employés m'apprécient," a-t-il affirmé.

Pour Steve Jobs un dirigeant devrait toujours laisser son ego de côté et dire exactement ce qu'il veut

Son argument, auquel a fini par adhérer Ive, c'est que les dirigeants devraient toujours donner un retour clair et non ambigu. Ils ne devraient pas se soucier si les employés les apprécient, et même considérer que s'en préoccuper est une forme de vanité.

Au contraire, la meilleure chose à faire pour un dirigeant c'est de laisser son ego de côté, d'indiquer exactement ce qu'il veut et d'expliquer aux employés ce qu'ils ont mal fait.

Depuis cet épisode, Ive se montre beaucoup plus tranquille lorsqu'il critique ses designers, même si le labo doit résonner de commentaires honnêtes et brutaux. Ive n'est pas un inconditionnel de la biographie de Steve Jobs réalisée par Isaacson, qui contient de nombreux exemples de ce qu'on pourrait considérer comme des méchancetés. "Mon estime pour ce livre ne pourrait pas être plus basse," a-t-il déclaré au New Yorker.

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Article de Matt Rosoff. Traduction par Manon Franconville, JDN.

Voir l'article original : Why Steve Jobs was such a jerk to employees

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