Le bitcoin sert-il à autre chose que vendre de la drogue ? Au-delà de la monnaie : contrats, testaments et assurances

Pour les défenseurs du Bitcoin, les opportunités vont bien au-delà de la monnaie virtuelle en tant que moyen de payer des biens ou services. "Le protocole Bitcoin pourra être la base d'usages infinis, bien au-delà de ce que l'on imagine aujourd'hui", assure par exemple Philippe Rodriguez, président de l'association Bitcoin France. Un avis partagé par Philippe Herlin, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers. Il est à l'origine d'un e-book baptisé "La révolution du Bitcoin et des monnaies complémentaires. Une solution pour échapper au système bancaire et à l'euro ?" Selon lui, on peut bâtir d'innombrables logiciels et services sur l'infrastructure Bitcoin. "Les potentialités sont énormes. Un peu comme avec Internet en 1995, on perçoit mal tout ce qu'on pourrait faire avec le Bitcoin."

Au-delà des micro-paiements et des services financiers low-cost, des applications plus insolites pourraient se greffer sur le Bitcoin. A commencer par les "colored coins". Cette pratique consiste à colorier (virtuellement) un bitcoin pour signifier qu'il fait partie du capital de telle entreprise, par exemple, ou même de l'assimiler à un objet physique en assignant un bitcoin à une maison ou une voiture. Au lieu d'utiliser le bitcoin pour échanger de l'argent, ces colored coins permettent d'échanger des actions ou des objets. "On peut imaginer construire des marchés financiers à partir du Bitcoin", assure Philippe Herlin.

Le vote électronique grâce au Bitcoin ?

D'autres services pourront se greffer au protocole. "Par exemple, des services d'assurance. On pourra définir, avec le Bitcoin, que si tel événement a lieu, alors un versement se déclenchera de tel compte à tel compte selon telles conditions", décrypte Philippe Herlin.  Le protocole pourrait permettre de gérer des testaments, des dons d'argent en prévoyant des versements soumis à des conditions précises et ne pouvant plus être modifiés par quiconque. La certification de documents est aussi dans le viseur de l'adepte de la monnaie virtuelle : "On associera un document précis à une transaction. Comme les transactions sont publiques et ne peuvent pas être modifiées a posteriori, cela attestera d'un document à une date précise." Contrats, brevets... Des sociétés pourraient se greffer sur le réseau pour assurer de nouveaux services. "Nous ne sommes qu'au début du développement de ces sources de croissance". Certains vont plus loin et envisagent même un vote électronique grâce au protocole Bitcoin. Tout reste à inventer.

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