Vincent Hutin (AGL) "Amour.com sera la marque ombrelle des ex-36 15 Ulla et 36 15 Cum"

L'éditeur des très rentables 36 15 Ulla et 36 15 Verif sur Minitel consolide ses services de rencontre avec un nom de domaine de premier choix : Amour.com

JDN. Le groupe AGL a pour origine le Minitel. Quel est son périmètre aujourd'hui ?

Vincent Hutin. AGL a été créé en 1986 et éditait sur Minitel des services de messagerie rose qui ont été transposés sur Internet comme les très connus 36 15 Ulla ou 36 15 Cum ainsi que le 36 15 Verif, un service d'information financière. La partie rencontre a depuis été renforcée sur Internet avec les sites Serencontrer.com, Jmec.fr et Mytilene.fr. Nos sites de rencontres pèsent 1,7 million de visiteurs uniques, selon Google Analytics. La société a été rachetée en 2008 par Citystar à ses fondateurs. Son business model était toujours inspiré par le Minitel où une connexion = une rémunération. Il a donc fallu l'adapter à Internet. Aujourd'hui, notre modèle de développement repose sur l'abonnement. AGL a réalisé 10 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010, dont 80 % dans la rencontre, 12 % avec Verif.com et 8 % avec Auction.fr. Nous tablons sur 20 % de croissance cette année.

 

Quelles sont vos ambitions dans la rencontre ?

Nous allons passer tous nos sites, qui continueront d'avoir une existence propre, sur une marque ombrelle : Amour.com. Ce site ouvre le 6 avril. Il proposera notre offre de manière segmentée. La rencontre sérieuse avec Serencontrer, Cum.fr pour une population plus âgée, Ulla.com pour la partie sexy et nos deux sites Jmec.fr et Mytinene.fr pour les rencontres homosexuelles. Ce nom de domaine à lui seul devrait nous rapporter du trafic naturel à pas cher. Dans deux mois, j'estime qu'il drainera à lui seul 500 000 visiteurs uniques. Le mot clé "Amour" est autant tapé dans Google que "Meetic" ou "Rencontre".

 

De quoi réaliser des économies sur votre budget de liens sponsorisés...

Oui, et marketing plus généralement. Le secteur devient aussi concurrentiel que le voyage. Les coûts au mot clé augmentent. La barrière à l'entrée est faible d'un point de vue technique, mais il est très compliqué de créer une marque. Beaucoup de sociétés lèvent des fonds, mais la croissance du marché ralentit. Quand Match.com est arrivé en France en 2005, ils ont mis 15 millions d'euros sur la table pour décoller, mais ils n'ont jamais réussi. Ils ont donc du racheter Netclub pour se doter d'une audience.

 

Comment AGL a-t-il concilié son développement sur le Web et son activité sur Minitel ?

Difficilement. Le passage sur Internet était naturel, mais il était difficile de concilier les deux business model. Verif.com est par exemple resté payant sur Internet jusqu'en 2009. Nous sommes ensuite passés sur un modèle freemium, mi-gratuit mi-payant. Dans la rencontre, pendant que Meetic prenait son envol à partir de 2003, AGL a peu investi sur Internet pour ne pas handicaper ses services Minitel. La société a réalisé jusqu'à 300 millions de francs (45 millions d'euros) de chiffre d'affaires annuel sur Minitel. Et elle en tire encore 7 % de ses revenus.

 

Comment développez-vous Verif.com et Auction.fr, un site spécialisé dans les enchères sur le marché de l'art ?

Nous avons passé des partenariats pour Verif.com avec Roularta (Lexpress.fr, Lexpansion.com) et Lefigaro.fr, qui va d'ailleurs prendre Verif en régie. En ce qui concerne Auction.fr, nous venons de lancer un service de Live permettant de retransmettre en direct des enchères de commissaires priseurs. Le but étant de permettre bientôt à nos utilisateurs d'enchérir depuis notre site.

 

 

Vincent Hutin, 47 ans, diplômé de l'Ecole Centrale, a travaillé comme consultant chez Bossard Consultant et Roland Berger et comme dirigeant opérationnel chez SFR et Débitel. Il a par ailleurs accompagné, fondé ou co-fondé cinq start-up dans les médias et l'industrie de la téléphonie mobile et participé à la création de Kiwee et Phonevalley.

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