My IP, le fournisseur d'accès qui vise les étudiants

Ce FAI s'est lancé en 2004 sur un marché de niche : celui des résidences étudiantes. La société a généré 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires en 2007 et cherche aujourd'hui à lever 2 à 3 millions d'euros.

My IP attend la rentrée des classes avec impatience. Ce fournisseur d'accès Internet vise en effet principalement les étudiants. Du moins ceux qui logent en résidence. Fondé en 2004 par trois associés, dont Alain Rousselin, ancien dirigeant de Worldcom en France et Philippe Laferrière, un ancien de British Telecom, la société connecte 20 000 logements dans 200 résidences. En 2007, elle a réalisé 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires, qu'elle doublerait chaque année.

 

A l'origine de cette création d'entreprise, les difficultés de la fille d'un des associés à trouver une offre d'accès Internet adaptée à l'une des caractéristique des étudiants : le changement parfois fréquent du lieu d'études. "Le marché étudiant est le plus mûr et demandeur d'une offre adaptée", précise Philippe Laferrière, directeur général de My IP. Mais le FAI cible aussi désormais les résidences de vacances.

 

Les premiers interlocuteurs sont les gestionnaires de résidences étudiantes privées. Ensuite les étudiants sont généralement facturés directement. Dans 10 % des cas cependant, le gestionnaire prend lui-même en charge l'abonnement à l'accès Internet, dans le cadre d'un service intégré. Pour s'adapter aux besoins des étudiants, l'offre ne prévoit pas de durée d'engagement et la résiliation se fait sans frais ni préavis. L'infrastructure étant déjà installée et le modem présent dans le logement, l'étudiant peut donc se connecter dès son arrivée. Rien ne l'empêche cependant de choisir un autre FAI via la ligne France Télécom.  

 

My IP se fournit en gros auprès de plusieurs opérateurs pour fournir de l'accès à Internet. Ensuite, ses propres DSLAM installés dans les résidences lui permettent d'être indépendant. Son offre de base est de 25 euros par mois pour le seul accès haut débit. La téléphonie, illimitée vers les numéros fixes en France, est proposée en option pour 5 euros par mois. Quand à la télévision, elle est progressivement intégrée dans la formule de base.

 

Les réseaux du FAI utilisent à 70 % l'ADSL, "une technologie qui permet de répondre aux usages des étudiants et d'avoir une qualité similaire dans tous les logements", assure Philippe Laferrière. Le Wi-Fi est parfois utilisé pour des consommations moins importantes, par exemple en résidence de vacances. My IP utilise également de plus en plus la technologie Ethernet, pour son "confort d'utilisation".

 

Le FAI commence également à câbler des immeubles en fibre optique (FTTB), sans attendre les premiers résultats de la loi de modernisation de l'économie (LME) qui impose le pré-câblage en fibre optique dans les nouveaux immeubles à partir de 2010. "Plus l'infrastructure existante est déjà développée, mieux c'est pour nous", explique Philippe Laferrière. Mais il reste prudent : "On construit encore aujourd'hui des résidences avec une seule paire de cuivre !". Les premières résidences équipées de fibre optique ne devraient pas être construites avant deux ans, prévient-il.

 

Le FAI estime que le marché qu'il vise est de 400 à 500 000 logements. Pour augmenter sa part de marché, il se dit engagé dans une course à l'investissement, ce qui expliquerait un résultat net négatif en 2007, pour un EBITDA positif. La société, qui compte seulement 5 salariés - les techniciens et le service clients étant sous-traités, envisage d'ouvrir pour la première fois son capital à des fonds d'investissement. Objectif : une levée de fonds de 2 à 3 millions d'euros.

FAI / Chiffre d'affaires