SFR et Bouygues Telecom autorisés à mutualiser leurs réseaux

Orange a (pour l'instant) échoué à bloquer la mise en oeuvre de l'accord de mutualisation des réseaux 2G, 3G et 4G de ses deux concurrents.

L'Autorité de la concurrence a rejeté la plainte d'Orange, qui contestait l'accord de mutualisation signé le 31 janvier par SFR et Bouygues Telecom. L'Autorité refuse de suspendre les travaux de mutualisation engagés par les deux opérateurs, car "aucune atteinte grave et immédiate aux intérêts du secteur, des consommateurs ou de l'entreprise plaignante n'est établie". On attend donc toujours la décision sur le fond, prévue dans 12 à 18 mois, mais les deux rivaux vont pouvoir reprendre plus sereinement leurs travaux, que la bataille autour du rachat de SFR avait retardés.

L'accord prévoit que SFR et Bouygues Tel déploient un réseau partagé en 2G, 3G et 4G sur une zone couvrant 57% de la population (80% du territoire), qui exclut les grandes villes et les zones blanches, déjà adressées par d'autres dispositifs. Les deux opérateurs conserveront chacun la maîtrise de leur coeur de réseau, leurs fréquences et leur politique commerciale. Mais fin 2017, ils utiliseront en commun 11 500 antennes, à comparer aux 18 500 qu'ils emploient actuellement à eux deux. Après une première phase d'investissement, Bouygues Tel en attend 100 millions d'euros d'économies par an et SFR 200 millions.

Orange a toutefois annoncé sa décision de faire appel, au motif que l'itinérance 4G avantagerait trop SFR. Grâce à sa réutilisation des fréquences en 1800 MHz, le réseau 4G de Bouygues Tel couvre aujourd'hui 70% de la population, contre 30% seulement pour SFR. Orange estime que SFR a délibérément sous-investi dans la 4G alors qu'il en avait les moyens, tandis que lui-même consacrait de lourds investissements pour essayer de rattraper Bouygues Telecom et passer en un an de 30% à 50% de couverture.

Orange / SFR