"Chez Uber, vous pouvez perdre votre job d'une minute à l'autre" La question des licences et cartes VTC

Dernière grande interrogation concernant les conditions de travail des chauffeurs Uber, celle des licences Atout France et des cartes professionnelles VTC, nécessaires pour travailler chez un VTC. En février, le gouvernement a gelé l'attribution des licences Atout France pour six mois. Pendant cette période, Louis a voulu commencer à travailler pour Uber. "Atout France ne délivrait plus de licence mais Uber m'en a donné une, puis me l'a fait payer 5% du montant des courses. Il est étrange qu'il en ait le droit, d'autant plus s'il se revendique une plateforme de mise en relation et non une société de transport."

"Uber peut vérifier qui conduit à un instant T"

Thibaud Simphal explique qu'à l'époque, Uber a effectivement – comme d'autres plateformes de VTC - regardé toutes les options juridiques lui permettant de poursuivre le développement de sa flotte. "On n'exploitait pas certaines possibilités. D'une part la location de licence, qui d'après notre interprétation juridique est possible. D'autre part la capacité de transport, que nous avons mieux utilisée."

Dans le premier cas, le partenaire Uber loue sa licence à d'autres chauffeurs qui se relaient sur sa voiture. La start-up a aussi été démarcher des chauffeurs déjà dotés d'une licence pour les faire venir sur son service. Quant à la capacité de transport - délivrée par la DREAL (ministère des Transports) et non par Atout France (ministère du Tourisme) – elle pouvait remplacer la licence et permettait de rajouter jusqu'à 9 conducteurs. Une façon bien sûr de contourner la décision du gouvernement, mais rien d'illégal, même si Uber apparaît prompt à se livrer à des "interprétations juridiques", sans doute nécessaires pour se développer malgré les embûches placées sur sa route par les pouvoirs publics.

Travailler pour un intermédiaire avant de se mettre à son compte

La société semble d'ailleurs attentive à éviter que ses chauffeurs n'en fassent travailler d'autres sans les déclarer, sous leur nom et leur carte VTC : "Il y a quelques semaines, mon application Uber m'a demandé de prendre une photo de moi, raconte Louis. Donc ils ont la possibilité de vérifier qui conduit à l'instant T, en comparant avec leur copie de notre carte d'identité."

Finalement, cette possibilité d'employer d'autres chauffeurs sur sa capacité de transport semble rendre service à tous. A Uber, qui dans ce cas est tout de même en contact direct avec chacun des chauffeurs, ainsi qu'aux chauffeurs tels qu'Aline : "Je travaille pour quelqu'un d'autre pour tester Uber. Par contacts, c'est assez facile de travailler pour eux via un intermédiaire." Si la jeune femme n'est pas échaudée par les inconvénients du service, elle se mettra à son compte d'ici quelques semaines.

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