Brigitte Courtehoux (PSA) "PSA souhaite atteindre les 300 millions d'euros de chiffre d'affaires dans les nouvelles mobilités d'ici 2021"

En plein Mondial de l'Automobile, le constructeur met l'accent sur les services partagés. La responsable services connectés et mobilité du groupe français fait le point sur ses dernières avancées.

Brigitte Courtehoux est directrice de l'unité services connectés et mobilité chez PSA Peugeot Citroën. © PSA

JDN. PSA vient de dévoiler Free2Move, la marque qui englobe ses activités dédiée aux nouvelles mobilités. Quel sera son rôle ? Comment envisagez-vous l'avenir des modes de consommation de l'automobile ?   

Brigitte Courtehoux. Nous voulons être un opérateur de la mobilité du futur et nous ne pourrons pas le faire seuls. L'objectif avec Free2Move est de développer des partenariats avec des entreprises innovantes pour proposer de nouvelles offres de mobilité partagée, de gestion intelligente de flotte et des services connectés novateurs. Nous nous sommes déjà engagés avec quatre sociétés : les françaises Blue Solutions, filiale du groupe Bolloré, Koolicar et Travelcar ainsi que la canadienne Communauto. Nous sommes aussi actionnaires minoritaires des trois dernières.

Concrètement, Blue Solutions mettra prochainement en autopartage 30 Citroën C-Zéro électriques à Lyon et 20 à Bordeaux. Koolicar lève de son côté de nombreux freins à l'autopartage avec un boîtier connecté qui permet d'accéder à un véhicule à tout moment  sans avoir besoin de s'échanger les clés ni de compter les kilomètres. Nous contribuerons aussi à l'expansion de Travelcar. Leur idée est très novatrice : elle prend en charge le véhicule du voyageur à la gare ou à l'aéroport, l'assure tout risque, l'entretient, et loue le véhicule à un autre particulier. Enfin, Communauto fait face à une demande croissante des villes comme Montréal, qui demande au moins 1 000 véhicules électriques en free floating, c'est-à-dire sans réservation, dans ses rues d'ici 5 ans.

"Nous voulons proposer de nouvelles offres de mobilité partagée, de gestion intelligente de flotte et des services connectés novateurs"

 

Quels sont vos moyens financiers ?

Nous avons créé la business unit services connectés et mobilité, dont je suis responsable,  il y a trois ans. Nous avons aujourd'hui un budget de 100 millions d'euros avec pour objectif d'atteindre les 300 millions d'euros de chiffre d'affaires dans les nouvelles mobilités à l'horizon 2021.

 

N'avez-vous pas peur en facilitant ainsi la vie de ceux qui n'ont pas de voiture de les inciter à ne jamais en avoir et à ceux qui en ont de s'en séparer ?

C'est au contraire une relation gagnant-gagnant car tous les partenaires de ce projet vont partager leur expérience. Blue Solutions, par exemple, travaille à Paris depuis cinq ans sur Autolib' et a beaucoup de choses à nous apporter sur ce marché porteur qu'est l'autopartage.

"Nous avons pour objectif d'atteindre les 300 millions d'euros de chiffre d'affaires dans les nouvelles mobilités à l'horizon 2021"

Le digital va permettre à davantage de monde d'accéder à l'un de nos véhicules. Non seulement cela nous permet d'entrer en relation avec ceux qui n'en veulent pas mais nous comptons aussi proposer de nouvelles offres de financement avec nos partenaires pour permettre à plus de monde de pouvoir s'offrir une voiture. L'objectif est d'amener de la mobilité à des gens qui n'en ont pour l'instant pas les moyens et de leur proposer une disponibilité permanente.

Travelcar a par ailleurs observé que 50% de son parc avait moins de cinq ans. Il est donc possible que l'autopartage implique un renouvellement plus fréquent du parc automobile.

 

A quelles idées êtes-vous particulièrement attentifs ?

Nous nous focalisons pour l'instant sur l'autopartage. C'est ce qui est le plus proche de notre cœur de métier et nous ne voulons pas nous disperser. Nous avons déjà lancé l'initiative Multicity à Berlin. Nous voulons la développer et l'étendre à d'autres grandes villes d'Europe et d'ailleurs. Carlos Tavares a d'ailleurs annoncé son ambition de conquérir l'Amérique du nord et la première porte d'entrée là-bas, c'est la mobilité.

"Nous allons être particulièrement réceptifs pour tout ce qui concerne l'autopartage automatisé"

Nous allons être particulièrement réceptifs pour tout ce qui concerne l'autopartage automatisé. Nous voulons créer une chaîne de valeur, avec notamment du parking partagé, mais cela ne se fera que lorsque nous aurons trouvé une stabilité financière avec l'autopartage. Nous voulons faire beaucoup de choses, il y a beaucoup de sollicitations, mais on ne sait pas encore si on aura les moyens de tout faire.

 

PSA s'est récemment lancé dans l'open innovation avec le programme PSA Group for Developers. Vous attendez d'ici la fin de l'année des idées d'applications sur le thème de la santé et du bien-être pour la voiture connectée. Qu'en espérez-vous concrètement ?

C'est une sorte de hackathon permanent. Deux semaines après le lancement, nous avons déjà retenu 100 idées de services innovants et cela va déjà beaucoup plus loin que le thème de base.

"Nous aidons et accompagnons de manière régulière les développeurs, qui ont accès à nos API et aux données de véhicules de test"

Nous aidons et accompagnons de manière régulière les développeurs, qui ont accès à nos API et aux données de véhicules de test. A l'avenir nous proposerons à nos clients les applications les plus intéressantes et ce sera à eux de décider de les adopter et de donner l'accès à leurs data, ou pas.

 

Où en êtes-vous avec Car Easy Apps, votre plateforme dédiée aux développeurs pour les aider à créer des applications pour smartphones dédiées à vos véhicules ?

Cette plateforme logicielle et son kit de développement logiciel seront disponibles pour nos futures générations de véhicules à l'horizon 2017 ou 2018. Ils le seront peut-être même avant grâce à des solutions aftermarket.

 

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