Comment Zara écrase la concurrence

Grâce au modèle de la fast fashion, l'enseigne espagnole diminue les risques et incite les clients à venir plus souvent dans ses magasins.

Zara est en pleine forme. Inditex, la maison mère du spécialiste de la fast fashion basée en Espagne, a récemment annoncé que ses profits avaient bondi de 28% au premier trimestre. Les ventes se sont envolées de 14%.

Le mystérieux fondateur de Zara, Amancio Ortega, est désormais le deuxième homme le plus riche du monde, devant Warren Buffett.

La marque spécialisée dans le prêt-à-porter masculin et féminin prévoit d'ouvrir des centaines de nouveaux magasins notamment à Taïwan, à Hong-Kong et à Macao. La marque s'étend également aux Etats-Unis.

A l'image de Zara, certaines marques de fast fashion voient leurs ventes exploser alors que d'autres peinent à attirer les consommateurs (Abercrombie & Fitch, J. Crew ou Urban Outfitters). Un rapport publié par Goldman Sachs explique parfaitement pourquoi les spécialistes de la fat fashion mettent en difficulté les détaillants traditionnels.

"A l'inverse des spécialistes de la fast fashion qui disposent d'équipes épiant les tendances d'achats actuelles des consommateurs, les détaillants traditionnels ont des équipes de créateurs qui conçoivent des produits qui seront à la mode dans un an", écrivent les chercheurs.

Amancio Ortega, le fondateur du groupe Inditex, maison mère de la marque Zara. © Inditex

Or tenter de prédire le succès d'une tendance de mode un an à l'avance représente un gros risque. Et, selon Goldman Sachs, ce risque pèse sur le succès des marques de prêt-à-porter telles que Gap, Abercrombie & Fitch, Ann Taylor, American Eagle et autres. Si elles ratent la tendance du moment, elles sont contraintes d'appliquer des démarques, ce qui diminue les profits.

Le business model original de Zara écarte ce risque. La stratégie de l'entreprise repose sur des stocks limités et l'actualisation des collections au maximum. A l'inverse des marques qui renouvellent leur collection une fois par saison, les boutiques Zara reçoivent du réassort avec de nouveaux modèles deux fois par semaine, a indiqué Suzy Hansen, journaliste au New York Times Magazine.  Le succès de cette stratégie a deux aspects selon elle. Premièrement, elle encourage les clients à revenir souvent au magasin. Deuxièmement, si le client veut acheter quelque chose, il doit l'acheter tout de suite au risque de ne pas retrouver le vêtement plus tard.

Zara a déjà révolutionné l'industrie de la mode. "La marque a rendu obsolète le cycle de la mode biannuel, vieux d'un siècle", a déclaré un analyste à Hansen. "Aujourd'hui, près de la moitié des entreprises de prêt-à-porter de luxe (Prada et Louis Vuitton par exemple) créent quatre à six collections par an au lieu de deux. C'est à cause de Zara."

Selon Goldman Sachs, les détaillants traditionnels devront suivre la tendance pour rester dans la course.

 

Article de Ashley Lutz. Traduction par Manon Franconville, JDN.

Voir l'article original : This clothing company whose CEO is richer than Warren Buffett is blowing the competition out of the water

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