Gaz de schiste : eldorado énergétique ou fléau écologique ? Une opposition écologiste très forte

Toutes ces belles perspectives énergétiques du gaz de schiste se heurtent à une opposition croissante. Car les conséquences environnementales sont lourdes : il faut à la fois un très grand nombre de forages et une énorme quantité d'eau pour arriver à extraire le gaz.

Chaque puits peut nécessiter jusqu'à 210 000 mètres cubes d'eau tout au long de son exploitation. Sans compter les adjuvants chimiques rajoutés dans le liquide.

une illustration de forages horizontaux. chaque fracturation hydraulique
Une illustration de forages horizontaux. Chaque fracturation hydraulique nécessite entre 10 000 et 15 000 mètres cubes d'eau. © Chesapeake / Statoil

Sous la houlette du député européen José Bové et de Martin Malvy, le président PS du Conseil régional de Midi-Pyrénées, la protestation n'a cessé de prendre de l'ampleur.

Une pétition lancée en janvier a rassemblé plus de 20 000 signatures en deux semaines. Le 2 février, la ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a demandé la suspension des forages d'exploration jusqu'à la remise d'un rapport en juin.

Les compagnies dépitées

Une décision déplorée par les compagnies : "Si on est assis sur une énorme réserve de gaz, autant le savoir", grommelle un porte-parole de Total. La polémique a d'ailleurs le don d'agacer Christophe de Margerie, le PDG du groupe. "Les gens parlent soit de sujets qu'ils ne connaissent pas, soit de choses qui n'existent pas", a-t-il lancé le 12 février, interrogé par des journalistes. Conscient du problème d'acceptabilité, Total planche toutefois sur des procédés moins impactants et sur la réduction des additifs chimiques.

Au-delà du problème écologique, les écologistes dénoncent notamment l'opacité des appels d'offres passés par l'Etat pour les permis d'exploration.

Nathalie Kosciusko-Morizet