La croissance passe par l’innovation ? Sur le terrain les pratiques peinent à progresser.

Appréhender la diversité des équipes d’innovateurs au sens large, développer et mettre en oeuvre des pratiques elles mêmes innovantes pour fédérer cette diversité, et mieux utiliser le potentiel de leadership des femmes ingénieurs sont des voies de progrès.

Rendez vous au Women’s Forum pour partager résultats et expériences.

Dans un marché européen mature et saturé, la croissance passe par l’innovation. Mais sur le terrain, dans les entreprises industrielles, force est de constater que les pratiques peinent à progresser. La constitution des équipes et les modes d’organisation des projets sont encore très conventionnels alors que les questions à résoudre sont de plus en plus complexes. Comment créer et introduire sur le marché des produits et services désirables, faisables et viables ? Avec quels partenaires et avec quels  modèles économiques alors que les frontières entre industries se déplacent ?
La diversité des équipes d’innovateurs est un facteur de succès reconnu depuis quelques années, mais souvent les acteurs industriels focalisent sur l’un ou l’autre des aspects de cette diversité, sans l’appréhender véritablement au sens large. Diversité de genre, d’âge, diversité de nationalités, de langues, de culture, diversité d’expériences, d’éducation, de fonctions, de compétences, diversité de modes de prise de décision.
Dans les projets que nous conduisons, lorsque nous spécifions comme incontournable d’intégrer des profils et compétences atypiques, la surprise de nos clients et partenaires est toujours forte, mais les apports en terme de résultat créatif et de pertinence sont toujours là ; qu’il s’agisse d’intégrer un jeune testeur de jeux vidéos à une équipe d’experts en systèmes embarqués et du monde financier pour développer une plateforme multimédia pour traders; qu’il s’agisse encore d’associer des ethnologues et des designers à l'équipe créant un nouveau service bancaire, ou bien des designers et des spécialistes automobiles à des experts aéronautiques pour développer de nouveaux systèmes.
La gestion de cette diversité constitue en elle-même une pratique innovante, souvent sous estimée, et quelquefois perçue comme un risque. Les nouvelles approches que nous pratiquons sur nos projets d’innovation, réunies sous le terme générique « Design Thinking », permettent de faire travailler en synergie ces équipes plurielles pour trouver ce fameux équilibre entre désirabilité, faisabilité et viabilité.

Le mode de leadership des dirigeants et des directeurs de programmes et projets est également un facteur clé. Et c’est là que les entreprises industrielles pourraient s’appuyer davantage sur des femmes dirigeantes pour construire leur avantage compétitif. 
Si toutes les études soulignent la pénurie d’ingénieurs en industrie et dans la recherche, les jeunes filles n’ont jamais été aussi nombreuses en filière S – près de 45%. En école d’ingénieur en revanche elles ne sont plus que 25%, tandis qu’en entreprise, et particulièrement dans les industries telles que l’aéronautique, le spatial, le nucléaire, le pourcentage de femmes cadres est souvent de moins de 20%. Quant au pourcentage moyen de femmes parmi les « hauts potentiels » de ces entreprises industrielles, il tombe à moins de 7%...
Le mode de leadership des femmes – qui se traduit souvent par un sens de la finalité et du pourquoi, un sens du résultat, un style de négociation, une tolérance au risque… - est un atout aujourd’hui sous exploité. En particulier dans nos entreprises industrielles, hors quelques trop rares exceptions. C’est l’un des messages que nous développerons lors du Women’s Forum, où nous avons fédéré une équipe de femmes ingénieurs et dirigeantes qui viendront témoigner de leurs résultats et de leurs expériences.

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