Budget de l'Etat : duel au sommet entre Paris et Bruxelles

Concernant le budget de la France pour 2015, les discussions entre Paris et la Commission européenne sont très tendues. Bruxelles est même prête à donner, mercredi 29 octobre, un avis négatif sur la copie présentée par le gouvernement si les discussions ne bougent pas d’ici là.

Pour Bruxelles, Paris est à la traine

Pour l’instant, les discussions n’avancent pas assez pour la Commission qui estime que « Paris doit prendre des mesures effectives et ne pas se contenter de prendre ici, pour retirer là. Il faut faire de vrais efforts supplémentaires ». Il faut dire que le gouvernement français et Bruxelles ne sont pas partis du bon pied.
En effet, la France a récemment annoncé qu’en 2015, elle ne tiendrait pas ses engagements pris en 2013 qui consistaient à atteindre un déficit public sous le plafond des 3 % du PIB (il devrait être plutôt de 4,3 %). De plus, pour la Commission, le déficit structurel ne diminue pas suffisamment.
Le gouvernement de François Hollande s’était engagé au mois de juin 2014 à ce qu’il baisse de 0,8 point. Finalement la baisse ne serait que de 0,1 à 0,2 ! « On peut discuter sur une marge de 0,1 ou de 0,2, pas sur un tel différentiel » ont déclaré les membres de la Commission.
De plus, la Commission semble de plus en plus prête à agir avec la nouvelle équipe que met en place Jean-Claude Juncker, nommé président en juin 2014 et qui succèdera à José Manuel Barroso le 1er novembre prochain. Le Luxembourgeois ne compte pas faire ses débuts à Bruxelles en acceptant que le Pacte de stabilité et de croissance, signé en 1997 et renforcé en 2011, ne soit transgressé par aucun pays.

Pour Hollande, la France ne bougera pas

Lors du sommet européen du jeudi 23 octobre, François Hollande a d’ailleurs confirmé que la France avait bel et bien reçu une lettre de la Commission européenne lui demandant d’apporter des éclairages sur son budget 2015, tout comme quatre autres pays de la zone euro (l’Italie, l’Autriche, la Slovénie et Malte). Le président français en a profité pour annoncer que Paris répondrait à cette lettre « à la fin de la semaine ».
L’Italie est le seul pays à avoir rendu ce document public. C’est un courrier au ton très direct de Jyrki Katainen, le commissaire européen à l’emploi et à la croissance : « Je vous écris pour vous demander les raisons qui ont conduit à ce que l’Italie prévoit de ne pas se conformer au Pacte de stabilité et de croissance en 2015. Je voudrais également savoir comme l’Italie pourrait respecter ses objectifs relatifs au Pacte de stabilité et de croissance en 2015 ». On peut facilement imaginer que la lettre adressée au gouvernement français est sensiblement la même.
François Hollande s’est exprimé sur ce sujet en déclarant : « Les économies, nous les avons présentées et elles s’élèvent à 21 milliards d’euros en 2015. On peut voir comment on peut mieux mobiliser certaines ressources, mieux calculer certaines dépenses, mais il n’y aura pas des modifications sur ce point ».
Même si le président français a assuré que « le dialogue se poursuit dans de très bonnes conditions », on ne tient pas le même discours du côté de la Commission. Bruxelles décrit les discussions avec Paris comme « très tendues », c’est pourquoi la Commission se dit prête à émettre un avis négatif sur la copie présentée par la France, ce qui serait une très mauvaise nouvelle pour l’économie de notre pays.

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