Les Français ne voient pas l’intérêt des fintech

Les fintech sont encore extrêmement méconnues des Français.. Et même dans le cas contraire, l'appétence pour ces nouveaux services est encore très faible.

D'ici cinq ans, les montants investis dans les fintech dans le monde pourraient dépasser les 150 milliards de dollars. Les technologies de la finance et de l'assurance attirent de plus en plus les investisseurs... mais pas forcement le grand public. Le premier baromètre Deloitte Harris sur les Français et la finance réalisé en partenariat avec l'association Fintech France révèle le peu d'intérêt que portent les Français à ces technologies : ils les utilisent peu, les connaissent très mal… et ne discernent pas vraiment leur valeur ajoutée.

L'étude se penche sur dix services en particulier, de l'agrégation de comptes à l'assurance auto ou habitation connectée en passant par le financement participatif. Leur utilisation est encore extrêmement faible, notamment parce que l'offre est encore peu développée pour certains des créneaux cités. L'agrégation des comptes est le service le plus populaire, utilisé par 9% des répondants, suivi par la planification financière et le financement participatif (6%).

Le taux d'utilisation des dix services fintech cités ne passent pas la barre des 10%. © Deloitte

Outre le manque de maturité des offres, les fintech sont aussi pénalisées par leur faible notoriété. Parmi les dix services, seuls trois sont connus par au moins un Français sur trois (financement participatif, assurance habitation connectée et assurance auto connectée).

La notoriété des fintech est enocre faible en France. © Deloitte

Le secteur est encore jeune et les fintech vont devoir évangéliser le public sur leurs offres. Mais le travail s'avère compliqué. L'étude Deloitte montre que même une fois les services connus, l'intérêt des Français reste encore limité. Si au moins quatre Français sur dix se disent tout de même intéressés par l'assurance auto et habitation connectée, l'agrégation de comptes, la planification financière et le conseil en investissement, la proportion tombe en deçà de trois Français sur dix pour l'assurance P2P, le financement participatif, l'assurance santé connectée ou les services d'éducation sur la finance. Seuls 18% des répondants sont enfin intéressés par le transfert d'argent sur les réseaux sociaux.

La majorité des Français ne se dit pas intéressée par l'utilisation des fintech. © Deloitte

Deloitte souligne que la part des répondants intéressés et utilisateurs de fintech augmente chez les clients "digitaux", c'est à dire privilégiant Internet dans leurs relations financières, et chez les "patrimoniaux" qui disposent d'au moins 25 000 euros d'actifs à investir. Les clients types des fintech sont en tout cas principalement des jeunes, souvent cadres, CSP+, avec une forte capacité d'épargne.

Quels sont les clients types des différentes fintech ? © Deloitte

Les observateurs n'en doutent pas : grâce au concours des acteurs traditionnels, des fintech et des acteurs publics, les nouvelles technologies de la finance vont finir par intégrer la vie des Français. Mais l'étude Deloitte liste un certain nombre de freins qui devront être franchis avant l'adoption généralisée. Pour ce qui est des fintech de prêt et de dépôts, les répondants émettent la volonté de gérer eux-mêmes leurs financent personnelles, sans accompagnement. Ils disent aussi ne pas avoir confiance dans les plateformes P2P. Dans le créneau des assurances, la peur du traçage et le sentiment d'intrusion sont encore forts, et les répondants évoquent aussi une absence de besoin. Dans le paiement, l'insécurité, le manque de bénéfice et la non-possession de l'application nécessaire sont les principaux freins, tandis que pour le conseil automatisé de la gestion des investissements (robo-advisors), l'absence de besoin lié à la faible épargne, l'importance du rapport humain dans le conseil et le manque de confiance prévalent encore.

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Deloitte / Fintech