Bio et éthique : un secteur qui séduit en franchise

Les concepts qui jouent la carte du bio et de l’achat responsable attirent de plus en plus les entrepreneurs à la recherche de marchés porteurs.

Un terreau fertile

L’engouement pour les produits issus de l’agriculture biologique et en adéquation avec un idéal d’économie sociale et solidaire n’est plus à prouver. Concernant la distribution alimentaire, le segment du bio a le vent en poupe : il pesait 5 milliards d’euros en 2014, et devrait croître de 7% par an jusqu’en 2018, selon les prévisions d’une étude Xerfi publiée en janvier. Au total, le bio représentera 4% du marché total de l’alimentaire d’ici trois ans. Autre domaine qui tend à se développer : le circuit court. La réduction du nombre d’intermédiaires entre les producteurs et les acheteurs constitue un critère important côté consommateurs, 71% des Français déclarant préférer acheter des produits locaux.

La tendance "circuit-court"

La demande étant au rendez-vous, les concepts se sont multipliés afin d’y répondre. A commencer par le circuit court : ces derniers mois, plusieurs enseignes ont fait leur apparition, misant généralement sur la franchise pour se développer rapidement. O’Tera, par exemple, s’est lancé en franchise en 2014 et s’est spécialisé dans les produits frais. Aujourd’hui, l’enseigne compte 4 supermarchés en France, et poursuit son développement. Day by Day, quant à lui, mise sur le "tout vrac". Dans ces supérettes, nul emballage. Les biscuits, épices, condiments et autres produits secs sont vendus en libre-service, au poids. Le tout en minimisant autant que possible les circuits de distribution. Développé en franchise depuis fin 2014, Day by Day compte 6 points de vente et entend atteindre la centaine d’ici trois ans. D’après les dirigeants, le réseau recevrait une centaine de candidatures pour ouvrir sous cette enseigne tous les mois. 

L’indémodable magasin bio

Les magasins bios, eux, ne datent pas d’hier : le premier La Vie Claire a vu le jour en 1948 à Paris et Biocoop a créé sa première coopérative dans les années 1980. Pourtant, chaque année ils gagnent de nouveaux territoires. 

Pour entreprendre en franchise dans ce secteur, peu d’alternatives : les réseaux comme Biocoop et Les Nouveaux Robinson – essentiellement présents en région parisienne – se développent en coopérative, tandis que d’autres restent succursalistes, à l’instar de Bio c’Bon et Naturalia (Groupe Monoprix), qui compte seulement 5 franchises sur une centaine de points de vente. Quelques exceptions, toutefois, comme L’Eau Vive (34 magasins) et La Vie Claire (248 dont 190 franchises). Cette dernière mise particulièrement sur la franchise pour grandir, et n’a pas de mal à trouver des candidats : "Nous recevons chaque année près de 280 demandes de dossiers d’information, pour 25 à 30 concrétisation en ouverture", témoigne Benoit Soury, directeur général de La Vie Claire. Parmi ces sollicitations, 40% proviennent de salariés de la grande distribution et du commerce traditionnel, assure le dirigeant : "Ce sont des personnes qui souhaitent devenir entrepreneur dans un secteur qu’elles connaissent bien, mais plus en adéquation avec leurs valeurs." 

Si les enseignes ont de quoi se réjouir, en revanche les candidats doivent se préparer à une concurrence extrêmement forte. L’enjeu : séduire suffisamment le franchiseur pour obtenir la clé d’entrée dans le réseau.

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