Le monde à l'ère du chômage de masse Une paupérisation constante

Conséquence quasi-automatique d'une montée massive du chômage : la paupérisation des populations. Un phénomène d'autant plus rapide que le chômage a tendance à s'attaquer aux foyers les plus fragiles, ceux dont les revenus étaient déjà faibles parce leur emploi était peu qualifié et/ou parce qu'un seul parent disposait d'un travail.

la hausse est constante depuis 2006.
La hausse est constante depuis 2006. © JDN

De 37 millions de personnes en 2007, le nombre d'habitants des Etats-Unis vivant sous le seuil de pauvreté est passé à 46 millions en 2010, soit une hausse de 24%. Une augmentation qui a été constante depuis le début de la crise : +7% en 2008 par rapport à l'année précédente, +9% en 2009 et +6% en 2010.

Autre illustration de la paupérisation outre-Atlantique, le recours aux bons alimentaires, lui aussi en forte hausse : +67% depuis 2007, pour atteindre les 46 millions de bénéficiaires.

les bons alimentaires ont grimpé de 67% depuis 2007.
Les bons alimentaires ont grimpé de 67% depuis 2007. © JDN

Et la situation pourrait être encore pire. Face à la hausse du chômage, et surtout face à son allongement, les autorités américaines ont décidé d'allonger exceptionnellement la durée de l'indemnisation chômage, passée dans la plupart des Etats de 26 à 99 semaines. Actuellement, 7,7 millions de personnes sont indemnisées outre-Atlantique (courbe rouge du graphique ci-dessous) et 5 millions sont sans emploi ni allocations chômage (écart entre la courbe bleue et la courbe rouge). Sans les mesures d'allongement, ils seraient 10,1 millions de personnes dans ce cas (écart entre la courbe bleue et la courbe verte).

sans l'allongement des indemnités décidé face à la crise, 10 millions de
Sans l'allongement des indemnités décidé face à la crise, 10 millions de chômeurs ne toucheraient aucun revenu. © JDN

Revenus / Crise financière