Yan Hascoet (Chauffeur Privé) "Nous levons 50 millions d'euros pour nous développer en Europe"

Le président du principal concurrent d'Uber sur le marché français du VTC se lancera dans plusieurs grandes villes du Vieux continent dès cette année.

Yan Hascoet est cofondateur et président de Chauffeur Privé. © Chauffeur Privé

JDN. Où en êtes-vous dans votre développement depuis le lancement de votre service il y a cinq ans ?

Yan Hascoet. Nous avons aujourd'hui près d'un million de clients pour 15 000 chauffeurs en Ile-de-France, en Rhône-Alpes et sur la Côte d'Azur. En termes de rentabilité, nous sommes à l'équilibre. Nous réinvestissons massivement pour alimenter notre croissance, notamment dans la communication pour nous faire connaître et compenser notre déficit d'image par rapport à Uber. Nous recrutons une à deux personnes par semaine depuis quasiment deux ans et nous sommes désormais plus de 120 salariés, contre 50 à l'origine. Nous nous apprêtons à lever 50 millions d'euros pour nous développer à l'international et continuer d'améliorer notre plateforme. Nous annoncerons l'opération dans les prochaines semaines.

Où comptez-vous vous déployer en priorité ?

Nous voulons nous lancer dans plusieurs grandes villes européennes dès cette année avant d'aller ailleurs en France. Ce marché est plutôt orienté sur les zones urbaines denses, donc il est nécessaire d'aller au-delà de nos frontières.

Uber est aujourd'hui leader du marché du VTC. Pensez-vous le détrôner un jour ?

Notre ambition est d'être numéro 1 du transport de personnes en Europe. En France, nous avons 5 à 10% de croissance hebdomadaire notamment depuis l'augmentation des tarifs d'Uber en décembre dernier. Je ne vois pas pourquoi cela s'arrêterait. Avant, nos courses étaient en moyenne 10% plus chères qu'Uber, mais aujourd'hui nos prix sont strictement les mêmes pour un service de meilleure qualité.

"Nous avons 5 à 10% de croissance hebdomadaire depuis l'augmentation des tarifs d'Uber"

Notre stratégie est d'offrir une certaine stabilité dans notre relation avec les chauffeurs et avec les clients en ne proposant pas des tarifs trop bas pour les augmenter quelques mois après comme l'a fait Uber. Nous voulons profiter du mécontentement grandissant de sa clientèle, que l'on peut facilement observer sur les réseaux sociaux notamment, pour récupérer de nouveaux utilisateurs. Nous avons par exemple proposé d'office le statut Gold, notre plus haut niveau de fidélité, aux clients qui ont fait plus de 50 courses avec Uber en 2016.

Avec quels services voulez-vous vous différencier de la concurrence ?

Nous sommes aujourd'hui les seuls à proposer un programme de fidélité, qui est sans doute le plus généreux qui soit dans le secteur des transports avec un taux de retour de 6,6%. C'est-à-dire que pour 100 euros dépensés, 6,6 sont reversés au client, soit en moyenne une course offerte pour 15 achetées. Nous voulons continuer à développer cela et nous étudions de nouvelles formules telles que l'abonnement.

Notre prochaine levée de fonds nous permettra aussi d'améliorer l'interface utilisateur. Beaucoup d'évolutions sont prévues pour que l'app soit plus rapide, plus ergonomique et plus stable.

Après uberPOOL, un autre de vos concurrents, LeCab, a récemment lancé une offre de VTC partagé. Comptez-vous également lancer ce genre d'offre ?

Nous regardons cela de près depuis notre création. C'est une piste intéressante et d'avenir mais cela ne fait pas partie de nos options à court terme. Nous n'avons pour l'instant que 45 développeurs donc nous devons faire des choix.

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