Tout abandonner pour réaliser son rêve Dès le début, se poser les bonnes questions

Dresser un bilan sans complaisance de ce que l'on est

"L'envie de changer commence par un sentiment récurrent de lassitude, de frustration, d'insatisfaction. C'est parfois déclenché par un petit événement, comme le refus d'une promotion, d'une augmentation ou d'une formation", explique Yves Deloison. Prendre conscience que la solution réside peut-être dans la réconciliation entre choix professionnels et choix profonds de vie n'est pas toujours limpide. Il s'agit de regarder ce qu'on est avec honnêteté, en particulier savoir reconnaître ce qui est hérité de l'éducation et du milieu social dans lequel on a évolué. Le bilan de compétences permet de se pencher sur la question et d'y voir plus clair. Epaulé par un expert de la gestion de carrière, vous faites le point sur ce qui vous plaît, ce qui vous rebute, ce pour quoi vous avez une valeur ajoutée. Un tel bilan peut se faire à tout moment de la vie et peut même être pris en charge par des organismes comme le Fongecif sous certaines conditions (voir le dossier sur le bilan de compétences).

 

Ne jamais exclure ses proches

"L'envie de changer tout est parfois déclenchée par un petit événement, comme le refus d'une promotion ou d'une augmentation"

Une fois son projet plus clairement défini, il faut en parler à ses proches. Yves Deloison est catégorique : "si l'on vit dans un cercle familial, il faut s'assurer que votre entourage adhère à votre projet." Les membres de votre famille seront touchés par les conséquences de votre choix et doivent donc être pleinement au courant. Mais dès le premier coup dur, ce sera également eux qui seront à vos côtés pour vous épauler. Il est donc impératif de s'en faire des alliés. S'il est parfois difficile de conserver son cercle d'amis intact lorsqu'on passe du statut de cadre sup en multinationale à celui d'artisan à son compte, il est tout de même essentiel de ne pas faire table rase. Là encore, les proches peuvent se révéler de fidèles soutiens lorsque vous en aurez le besoin. Ils peuvent par ailleurs vous fournir d'intéressants contacts pour le développement de votre nouvelle activité. Ce n'est pas une fois que vous aurez claqué la porte derrière vous que vous pourrez revenir à eux pour un service.

 

Se projeter pour tester ses motivations

Enfin, vivre de sa passion, c'est aussi assimiler que tout ne sera pas toujours rose. "Il faut accepter le fait que l'exercice d'une activité génère des aspects qu'on aime plus ou moins et pour lesquels on est plus ou moins compétent." Si l'on est à son compte par exemple, il y aura toujours la comptabilité à faire, les fournisseurs à régler à temps, les clients irascibles à contenter et les banquiers à satisfaire. Anticiper son projet sous cet angle permet de véritablement tester ses motivations : est-on prêt à faire toutes ces choses qui nous rebutent pour le plaisir d'exercer tel métier ? Le même raisonnement peut être appliqué lorsque son rêve est de quitter la ville pour la douceur de la vie rurale. Un bon exercice : se projeter dans sa vie au milieu de nulle part, pendant l'hiver, quand il faut faire 40 Kms pour trouver le cinéma le plus proche. Seules les vraies motivations ressortiront alors.

Reconversion / Bilan de compétences