Krach démographique 2010-2015 : quand le savoir-faire part à la retraite

Les départs à la retraite massifs à venir vont s'accompagner d'une perte phénoménale de savoir-faire dans les entreprises, mais aussi d'une chute de la compétitivité et de la croissance dans les nations. Une seule façon de réagir : mettre en place, au plus tôt, une gestion des connaissances.

La population active en chute libre

Depuis plusieurs années, de nombreux démographes, analystes et journalistes de toute la planète émettent des éléments irréfutables sur la baisse de natalité et le vieillissement de la population mondiale.

Les chiffres sont éloquents, en Amérique du Nord 46% de la population active est sur le point de prendre sa retraite. Au Canada cela représente 3,8 Millions de postes de travail libérés. En Europe on constate une baisse de plus de 7 millions de la population en âge de travailler. L'Europe qui représentait 12% de la population mondiale dans les années 70 ne représentera plus que 6 % de celle-ci en 2030. En Chine, le même phénomène arrivera un peu plus tard. Seuls l'Inde, le continent africain et certains pays d'Amérique latine ne seront pas totalement concernés.

Au-delà des chiffres, cette situation risque d'amplifier des risques graves pour l'humanité qui doit dans un même temps relever un défi écologique important. Que faire pour éviter cette perte sans commune mesure de main d'oeuvre qualifiée et des connaissances et savoir-faire qu'elle porte en elle ?


Le savoir-faire aussi va partir à la retraite

Les connaissances et savoir-faire qui représentent un actif important dans les richesses des nations et des entreprises qui les maîtrisent vont se perdre lors des départs de ces femmes et de ces hommes qui les détiennent.

Cela va engendrer une perte de réactivité, de compétitivité et de croissance mais surtout une perte de "connaissances essentielles" sans aucune mesure.

Les nations et entreprises concernées vont devoir réinvestir massivement pour se réapproprier ce qu'elles avaient capitalisé depuis des décennies.

Au niveau mondial, 41% des entreprises reconnaissent aujourd'hui avoir des difficultés à recruter de la main d'œuvre qualifiée. Qu'en sera-t-il demain ? Cela va engendrer des défis qui seront difficiles à maîtriser :
- Conserver un effectif stable et qualifié qui puisse assurer la pérennité de l'entreprise et la richesse du pays,
- Assurer des formations appropriées au recyclage de la main d'oeuvre qualifiée,
- Mettre en place des conditions de travail qui permettent de fidéliser les salariés,
- Assurer le financement des retraites.

Cette situation va immanquablement amplifier une surenchère des salaires pour les métiers en demande, une augmentation des flux migratoires des personnes et des entreprises entre les nations, pour sauvegarder un taux de croissance minimum à l'équilibre social et économique du pays et des entreprises concernés.

En Amérique du Nord, cette situation s'appelle le "bogue de 2012", pour faire un parallèle avec le bogue de l'an 2000. En espérant qu'il ne s'apparente pas plutôt au krach boursier de 1929...


Le seul espoir : la gestion des connaissances

On peut espérer que la prise de conscience ait déjà eu lieu, pour que les politiques, les actionnaires, les entrepreneurs et les managers entament les actions destinées à prévenir plutôt qu'à guérir.

L'écologie va nous permettre de rentrer dans une économie de développement durable ; la gestion des connaissances est là pour nous permettre de rentrer dans l'économie du savoir. Utilisons cette richesse qui est donnée à l'être humain pour assurer d'une manière durable et équitable l'équilibre social et économique de notre planète.

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