Les effets collatéraux de Bâle III

La gestion de liquidité, l'un des services majeurs offerts par les banques, a récemment été mis sur le devant de la scène lors de la crise bancaire. Avec Bâle III, le sujet est devient une priorité.

Un aspect clé de la gestion de liquidité est le contrôle des flux de paiements. Cependant, dans les banques de plus petite taille, plus spécialisées, la gestion formelle de liquidité ne fait pas partie du coeur de métier, sa prise en charge pourrait donc constituer un sérieux défi. L'exigence pour les banques d'avoir des capitaux plus "liquides"  pourrait aussi baisser leurs revenus, augmentant potentiellement les coûts globaux.
Ainsi on peut relever deux effets collatéraux majeurs de Bâle III:
1. De plus en plus, les banques remettront en question la pertinence de leur présence sur le marché des paiements, particulièrement si ceux-ci ne constituent pas une source majeure de revenus pour elles. Si la liquidité (et sa gestion) représente un coût supplémentaire, les banques devront s'atteler à proposer des services de paiements à des prix inférieurs à ceux de leurs concurrents. Certaines d'entre elles pourraient sinon se voir tout simplement exclues du marché en raison de leurs cherté.
2. Les banques vont-elles répercuter les coûts de la liquidité intra-journalière sur leurs tarifs ? La provision de liquidité pendant la nuit est une question réglée, mais la réforme de Bâle III va forcer les banques à envisager d'étendre celle-ci pendant la journée. Comme les paiements peuvent considérablement diminuer la liquidité intra-journalière, il est probable que les consommateurs les plus importants finissent par payer un surcoût. Ainsi, alors que les autorités de régulation et les gouvernements ont oeuvré pour réduire le coût des paiements, principalement dans l'Union Européenne, la réforme de Bâle III pourrait avoir l'effet inverse.
Les acteurs majeurs du secteur pourraient bien en être les gagnants. En effet, les paiements internes (écriture dans les livres de la banque, que le paiement soit domestique ou transfrontalier) ne créeront pas de mouvement de liquidité en dehors de la banque, ce qui pourrait baisser le coût de la transaction pour le client. La concurrence dans le secteur des paiements pourrait donc être faussée.

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