Quand l'horizon est flou: sachez adopter le comportement adéquat

« Comment manager ses équipes alors que notre carnet de commande est à 6 mois ? », une question souvent posée par les managers. Et pour cause, puisqu’on ne peut pas renoncer aux projets durables, et encore moins se limiter à gérer au jour le jour !

Tout d’abord, il est important d’adapter son cap aux changements conjoncturels. L’entreprise doit définir et tendre vers sa raison d’être, c’est-à-dire sa vision stratégique quels que soit les aléas des marchés, des coûts des matières premières. A bien y réfléchir, la vision est le seul élément stable. C’est en son nom que les objectifs, les priorités doivent évoluer. Au salarié qui clame que cela change tout le temps, il est fort à parier qu’il ne connaît pas la raison d’être de son entreprise. Tout un chacun a besoin d’un drapeau !
Pour cerner cette vision stratégique
, le dirigeant doit répondre à la question : si mon entreprise disparait qu’est-ce que le marché, les clients, le pays perdraient ? La vision se trouve dans la réponse que l’on apporte. Les entreprises devraient toute avoir une vision de progrès avec une volonté à long terme!
Une fois, cette vision stratégique établie,
il faut formaliser et communiquer sa feuille de route : d’où partons-nous ? Où allons-nous ? Comment parvenir à cet objectif ? Avec quelles ressources et quels moyens ? Simple en apparence, plus difficile à mettre en œuvre car cet exercice est aussi un exercice pédagogique, chacun doit comprendre et se retrouver dans cette feuille de route.
Dans cette démarche, l’encadrement de proximité doit être mobilisé.
Mobiliser la ligne managériale permet de sortir du court terme, de ce quotidien qui semble bouché  et prendre de la hauteur afin d’arriver à se projeter à moyen et long terme.
On commence par stabiliser ce management de première ligne. En effet, plus les perspectives sont floues, mal définies, plus les uns les autres chercheront à se protéger par des prévisions, des tableaux Excel, des certitudes, autant de sources d’erreurs et d’incompréhension. Les chiffres prennent alors le pas sur le reste et on sait où cela mène ! Une fois cette étape franchie, une fois le niveau de confiance rétabli, on peut « lâcher-prise », et s’appuyer sur les énergies spontanées et superviser la mise en œuvre de cette feuille de route partagée.

Les clés du succès de cette démarche résident dans le respect de 3 règles :
* Ne dépassez  jamais plus de 3 priorités simultanément
,
*
Ne mesurez que les progrès parcourus,
* Ne faites pas de classement : les meilleurs sont désespérés et les moins bons se démobilisent.

Et celles auprès des collaborateurs…
*
Ouvrir la boite à secret !
* Respirer un grand coup et… d’expliquer la situation,
*
Passer commande : dites ce que vous souhaitez,
*
Capter l’attention !
* Avoir en tête « Parle-moi de moi ! »,  comme à des clients !

* Faire un dessin si cela est nécessaire ! Mettez les points sur les « i » : du concret, des objectifs à court terme pour pallier l’horizon flou et des modalités de suivi,
*
Mettre à la place du salarié pour examiner les plus et les moins,
* Associer le personnel aux démarches,

* Valoriser ce qui ne changera pas, depuis Emile Zola et « Au bonheur des Dames », les méthodes, les techniques se sont sophistiquées, la vente en ligne est apparue mais les clés du succès d’un commerce sont toujours les mêmes : la facilité d’accès, la largeur et qualité de l’offre, l’accueil client, la compétitivité des prix…
*
Aérer cela sent le « renfermé » ! Rebattez les cartes et modifier les territoires, jouez la transversalité,
* Détecter les talents et de les mobiliser
, pour cela il faut les former, leur donner envie d’agir en leur donnant du sens, de la confiance et du plaisir ; soyez pirate !
* Identifier, approprier et organiser le déploiement des bonnes pratiques chez les autres:

  • Arrêtez de passer du temps sur les trains qui n’arrivent pas à l’heure,
  • Trouvez comment procèdent ceux qui parviennent le mieux au sein de l’entreprise,
  • Partagez le butin ! Cela peut se traduire par des mesures fréquentes ou même des encouragements quotidiens.

Au final, au moment de choisir la vision stratégique de l’entreprise il est important de prendre en compte la communauté et pour cela il faut développer la transversalité, mettre en place des outils de partage collaboratif et devenir un paranoïaque optimiste : ne pensez pas le futur comme un prolongement du présent et projetez-vous dans le scénario catastrophe et non le médian ou le meilleur.

 

 

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