TPE : havre de paix sociale ou zone de non droit ?

En termes d’emploi, de dynamisme économique et de création de richesses, l’importance des TPE est indiscutable ! Cette importance nourrit en retour des représentations et des conceptions contrastées au niveau politique et social.

Modèle de proximité, cadre harmonieux, dialogue permanent et respect mutuels, les Très Petites Entreprises (TPE) seraient à l’opposé des grandes entreprises au niveau social. Ces dernières se caractériseraient par des relations impersonnelles et des logiques marchandes globalisées, qui auraient pour effet la déshumanisation du travail et des travailleurs.
L’effectif limité des TPE, l’absence de hiérarchies intermédiaires, la conscience que l’application de chaque salarié compte pour la « sur »vie de l’entreprise, assureraient mécaniquement la bonne qualité des relations sociales dans ces entreprises.

A l’opposé de ces conceptions pour le moins positives, d’autres voies considèrent au contraire que les 130.000 salariés alsaciens des TPE se rendent chaque jour dans des zones de non droit, dans lesquelles s’expriment librement, à l’abri de certains contrôles, l’arbitraire et l’autoritarisme patronal.

Bien entendu, et même si on trouvera toujours des cas de TPE correspondant à l’un de ces deux extrêmes, la réalité est souvent moins caricaturale et plus contrastée. Ces deux conceptions opposées font figures de borne dans le débat socio-politique consacré aux TPE.

Au niveau politique également, « l’objet TPE » est loin d’être neutre. Il occupe une place bien particulière dans les représentations collectives puisqu’il symbolise l’esprit d’entreprise, le courage des dirigeants, la prise de risques, le volontarisme, mais aussi l’exposition personnelle et familiale aux incertitudes de l’entrepreneuriat.
Du 28 novembre au 12 décembre 2012, pour la première fois 4,6 millions de salariés français des Très Petites Entreprises (moins de 11 salariés) sont appelés à voter pour choisir le syndicat de leur choix (vote sur sigle : choix d’un syndicat et non d’un candidat ou une liste de candidats désignés par un syndicat).

Moins médiatiques que les présidentielles et les législatives, ces élections sont pourtant essentielles, voire vitales, pour la création d’un dialogue social réel et effectif. J’espère que ce grand moment sera l’occasion pour les TPE d’être écoutées et entendues de tous.
Je reste convaincu en effet que seule une économie réelle et localisée peut nous sortir de la crise et, que le dialogue social apaisé est une stratégie gagnant-gagnant qui profite autant aux dirigeants d’entreprise qu’aux salariés.

 

 

 

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