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Les MBA sont trop chers et inutiles pour diriger une entreprise.

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« Vous avez dépensé 150 000 dollars pour une formation que vous auriez pu avoir pour un dollar cinquante à la bibliothèque municipale », dit Matt Damon dans « Will Hunting », résumant le dilemme de tous les futurs diplômés en MBA.
Cet article décrit pourquoi une majorité de MBA sont surévalués et pourquoi le MBA doit être remplacé ou modifié. Si vous êtes d’accord, merci de cliquer sur « j’aime » à la fin de l'article et de le partager sur vos réseaux sociaux. Vous pouvez aussi faire des suggestions concernant une future publication.

Le MBA promet beaucoup mais, dans 95 % des cas, il ne vous donne pas un master en leadership.
Il s'agit plus d'un diplôme de commerce de base et il ne vaut pas tout le battage médiatique et le prestige dont il est entouré. Dans 5 % des cas, le MBA en vaut la peine : lorsque vous avez une offre d’une des 10 plus grandes écoles de commerce et que vous visez une carrière en entreprise, dans le conseil ou la banque. Selon le classement global des MBA du Financial Times de 2013, cela vous donnera un salaire moyen de 163 000 dollars, trois ans après l'obtention du diplôme.
« Vous obtiendrez le certificat de bonne tenue de votre entreprise et vous aurez un réseau important », dit Penelope Trunk de chez Brazen Careerist. Les grandes écoles ont de meilleurs enseignants et sont en mesure d'attirer des chefs d'entreprise de qualité supérieure sur le campus. Elles « ont un tel éventail de candidats que les écoles elles-mêmes sont toutes indiquées à passer au crible ceux qui ont leur place ou pas ». Alors, elle prévient : « Si vous ne sortez pas des 10 plus grandes écoles, faire un MBA est vraiment une erreur ».
Je crois que nous devons recommencer par le bas en essayant de bâtir le diplôme du leadership d’affaires d'élite ultime. Il est censé faire de vous un chef d'entreprise ou vous vous préparer à démarrer votre entreprise. Je vais l’appeler le MBL ou Master Of Business Leadership (master en leadership d’affaires).

Tout d'abord, pourquoi le MBA actuel est en pièces et qu’est-ce qui doit être repensé ?

Les raisons principales pour lesquelles faire un MBA n’est pas une bonne idée, d’après mon expérience personnelle, sont les suivantes :

1. Le test d’admission

Le test habituel d’admission consiste en un score GMAT qui teste vos capacités de lecture, d’écriture et de mathématiques. Aucun rapport avec les affaires ou le leadership.

2. Le programme

Le MBA c’est un peu : « voilà la comptabilité, voilà la stratégie, voilà le marketing ». Ils vous enseignent toutes les matières de base et rajoutent quelques options mais ne parviennent généralement pas à intégrer le tout.

3. Les enseignants

La majorité des enseignants comprend essentiellement des universitaires plutôt que des anciens dirigeants du monde des affaires et ils sont placés dans des silos de services fonctionnels.

4. Un diplôme obtenu par tous

Dans ce monde traditionnel de l'éducation, les gens se plaignent de la facilité avec laquelle les enfants réussissent leurs examens dans l’enseignement secondaire, l'inflation des notes et la manière dont cela baisse la valeur du diplôme. Mais pour un MBA d’ « élite », presque tout le monde réussi (dans mon MBA, sur 160 étudiants, 100 % ont réussi !).

5. Une qualification onéreuse et inutile pour 95 % étudiants

Josh Kaufman, un entrepreneur de 28 ans et fondateur de PersonalMBA.com pense que les « écoles de commerce ne créent pas mais acceptent seulement des gens qui réussissent et qu’elles s’en approprient le mérite. Avec un lourd endettement et un rendement douteux, les programmes de MBA ne sont tout simplement pas un bon investissement. C’est un piège à  imprudents ».
Il soutient que, sur les 200 000 diplômés de MBA chaque année dans le monde, plus de 190 000 obtiennent un diplôme dont ils n'ont pas besoin, ceci parce qu’il existe seulement 5 000 à 10 000 emplois au sein des prestigieux cabinets de conseil, des banques d'investissement et des grandes entreprises faisant partie du Fortune 50 qui utilisent un MBA délivré par une école de commerce d'élite comme un filtre pour décider à qui ils vont faire passer un entretien :
« Si vous voulez travailler dans une branche qui utilise le MBA comme paravent, vous vous payez effectivement un entretien à 150 000 dollars ... Pour à peu près tout le monde, il s’agit de gaspillage et d’un très mauvais investissement ... Si vous voulez faire quoi que ce soit dans le monde des affaires, si vous voulez démarrer votre propre entreprise, obtenir un emploi dans un autre domaine, vous n'avez pas besoin d'avoir un MBA. C'est mieux si vous ne le faites pas en raison du coût ».

6. Une mauvaise préparation pour le monde des start-up et de l'entreprenariat

Bon nombre d’emplois ayant le plus d’impact et le plus grand potentiel de croissance en sont à leurs débuts, mais Vivek Wadwha, entrepreneur en technologie et professeur à Stanford affirme que « la plupart des cours préparent au travail dans de grandes entreprises. La vérité est qu’un diplôme de master n'est pas nécessaire pour démarrer une entreprise. On apprend plus sur le tas et par l’échec. Avoir une véritable entreprise où exercer ses compétences accélérera mieux le processus d'apprentissage que ne pourront le faire les manuels et les études de cas académiques d’un programme de MBA ».
Wadwha déclare : « Je ne conseille pas aux startups d’embaucher des MBAs et je décourage les étudiants qui veulent devenir des entrepreneurs à faire un MBA car j'ai vu un décalage croissant entre les compétences que les écoles de commerce enseignent et ce dont les startups trépidantes ont besoin. La gestion d'entreprise n'est plus la meilleure voie pour l'entrepreneuriat. Le mieux est de travailler pour une start-up ».
En fait, il faut compter en moyenne 13 ans aux diplômés de MBA pour démarrer leur propre entreprise. Des entrepreneurs célèbres tels que Bill Gates et Steve Jobs ont laissé tomber l’université pour créer une entreprise. Ryan Holmes, membre influant de LinkedIn et PDG de HootSuite, est allé plus loin en quittant son programme de MBA : « En 1999, j'ai abandonné une école de commerce. Je pense qu’il s’agit de la meilleure décision que je n’ai jamais prise. Aujourd'hui, je suis PDG de HootSuite, une entreprise de médias sociaux de plus en plus florissante avec 300 « incroyables » employés et plus de 6 millions de clients. Ce qui m’a conduit à chaque étape du processus c’est une véritable expérience en entreprise, pas un diplôme universitaire onéreux ».

7. Même les plus grandes sociétés sont exclues du marché de l’emploi des MBA

Le coût élevé des MBA alimente le besoin des diplômés à rechercher uniquement des emplois hautement rémunérés afin d’être en mesure de rembourser leurs dettes. Clay Christensen, professeur à la Harvard Business School, reconnaît qu’il y a un problème et fait valoir que même les entreprises installées sont exclues : « Si vous regardez qui recrute nos diplômés, il y a très peu d'entreprises opérationnelles », dit-il lors d’un débat au Nieman Journalism Lab. « Il n’y a donc pas de General Motors, de General Electric, de General Mills mais une seule société Johnson et Johnson. Pas d’Intel, de Dell ou de Motorola. »

8. Un problème de perception sur la personnalité des diplômés de MBA

L’état d’esprit anti-MBA est alors renforcée par le sentiment que certains diplômés de MBA sont des gens plutôt arrogants et qui se prennent pour la crème de la crème parce qu’ils ont fait un MBA. Cela concerne en particulier la façon dont ils sont perçus par les petites et moyennes entreprises. Dino Forte, Directeur de Converso Contact Center, dit : « Un MBA semble être tout simplement un diplôme « obligatoire », obtenu par des personnes vives, introspectives et axées sur leur carrière et qui utilisent le dernier jargon et les théories des gourous en management pour impressionner les collègues et grimper en haut de l'échelle de l'entreprise. ».

Considérer les alternatives actuelles

Que faire si vous êtes en début de carrière et que vous souhaitez rapidement devenir chef d'entreprise ?

Voici quelques options :

  • Faire un diplôme de commerce dans une université classique puis intégrer directement le monde de l’entreprise,
  • Faire un MBA si vous êtes vraiment décidé mais assurez-vous d’en tirer profit.
Quand je réfléchis à mon propre MBA, il y avait des moments précieux. Il est important d’optimiser les moments précieux :
  • Se focaliser sur les options facultatives : j’ai maximisé la quantité de temps que je pouvais consacrer à des modules d'entrepreneuriat et j’ai essayé de me concentrer sur mon projet avec des vraies start-ups afin de mettre de mon côté toutes les chances d’apprendre quelque chose d’utile.
  • Si c’est possible, mondialisez-vous : j'ai eu la chance de pouvoir participer à un programme d'échange organisé par la Cranfield School of Management au Royaume-Uni et passer trois mois à Seattle (à l'Université de Washington), à un moment où Starbucks et Microsoft étaient en plein essor. Cette valeur ajoutée m'a aidé à élargir mes perspectives sur le plan des affaires et sur le plan culturel.
  • Construisez votre réseau personnel : vous êtes susceptible de rencontrer peut-être trois à cinq personnes de qualité avec lesquelles vous resterez en contact et serez en affaires plus tard. Faites ensemble vos recherches d’emploi et simulations d’entretiens.
  • L’espace libre, les ressources documentaires et les pairs pour l’aide au lancement d’une campagne de recherche d’emploi qui tue.
  • Envisager un temps partiel ou un Executive MBA (dédié aux cadres).
Il se peut que vous puissiez tirer parti de ce genre de cursus si vous l’effectuez un peu plus tard avec un groupe de pairs en Executive MBA qui apportera au cours plus de diversité, de maturité et d'expérience pratique. Vous pouvez également associer l'apprentissage à une vraie journée de travail et faire financer en partie votre formation par l'employeur.
  • Auto-apprentissage ou à distance
Josh Kaufman soutien que l’on peut obtenir une meilleure formation, moins chère, si on s’auto-forme. Son site PersonalMBA.com propose une liste de lecture de 99 livres (http://personalmba.com/best-business-books/). Il prétend que cette liste peut offrir une formation commerciale de niveau international sans avoir un coût exorbitant.
En réalité, alors que les listes de lecture sont à la base de la plupart des diplômes universitaires, on est susceptible d'avoir besoin de quelqu'un (un tuteur ou un mentor) pour nous guider, nous permettre de mieux comprendre et nous aider à appliquer les concepts en cours. Je pense que les groupes d’accompagnement de pairs et le réseautage sont importants pour les jeunes leaders, complétés par une participation épisodique à des événements intéressants tels que les conférences TED.
Plus généralement, il faut s’engager dans l'apprentissage en matière de leadership et de formation. Pour moi, il s'agit de gagner et de maximiser à la fois les entreprises et les expériences personnelles de leadership, puis d’appliquer ces leçons à notre propre leadership et notre propre carrière. Dans mon précédent article « Le Secret : Comment devenir un PDG Fortune 500 », je parle d'un certain nombre d’expériences de leadership rapides telles que mon « global walkabouts ». Par rapport à mon MBA, ceci m'a apporté un apprentissage beaucoup plus large et m’a permis de développer ma propre « manière de diriger ».
  • Rejoignez une entreprise qui a sa propre « université d'entreprise »
Clay Christensen de Harvard explique la tendance croissante à l’ « université d'entreprise » :
« Ce qui nous perturbe c'est que les sociétés d’exploitation amènent la formation du personnel de gestion à l’intérieur de l’entreprise. Elles créent leurs propres universités d'entreprise telles que Intel University, GE à Crotonville. La meilleure université d'entreprise que j'ai vue est Perdue University : elle n’est pas à West Lafayette dans l’Indiana mais à Salisbury dans le Maryland. Perdue Farms, l’entreprise de poulets, possède sa propre université. Ils s’auto-forment en même temps qu’ils travaillent et ils s’agrandissent d’une manière incroyable ».
Même si j’émets des réserves sur une université de poulets, cette option peut certainement être beaucoup plus rentable pour les entreprises que d’embaucher des diplômés de MBA en s’assurant que le contenu est en ligne avec les compétences industrielles pertinentes dont elles ont réellement besoin.

Remplacer le MBA par le Master of Business Leadership

En mettant trop l'accent sur ​​la « business administration » ou l’administration des entreprises, le MBA actuel crée une armée de gestionnaires professionnels surévaluée et pas assez de PDG prêts à démarrer.
Cela étant dit, il est facile de décrier quelque chose de trop hyper médiatisé mais il est plus difficile de trouver une alternative.
A 70 %, j'ai une idée de ce que cela pourrait être. Pour commencer, je voudrais vous faire part des principes suivants :
  • Deux variantes du programme MBL : un Master of Entrepreneurial Leadership (ou Leadership entrepreneurial) et un Master of Global Corporate Leadership (ou dirigeant d’entreprise mondial).
  • Nouveaux critères d'acceptation basés sur plus de réalisations, de talents et de tests psychométriques pour la pertinence du choix de sa voie entrepreneuriale.
  • La combinaison de conférences sera plus orientée vers des cours avec des PDG expérimentés, d’éminents praticiens d’entreprise et des entrepreneurs de haut niveau dans divers domaines.
  • Plus d'exposition aux dirigeants en comportement humain, par exemple les neurosciences et la psychologie.
  • Plus d'exposition à des performances exceptionnelles en dehors de l'entreprise, telles que le monde du sport et l'équipe britannique de cyclisme.
  • Davantage d'études sur l'histoire du leadership.
  • Plus d'expériences et d'échanges mondiaux, en particulier les marchés émergents.
  • Beaucoup plus de recours à l'apprentissage à distance et aux conférences en ligne.
  • Plus d'accompagnement personnalisé pour les participants.
Le programme serait fondamentalement beaucoup plus axé sur la création d'expériences de leadership que sur l'apprentissage de concepts. J'ai mis quelques exemples sur ma chronique précédente : « Comment devenir un PDG Fortune 500 ».
C’est à vous. Je ne dis pas que toutes les réponses sont ici.
Mais si vous êtes d'accord pour admettre que la majorité des MBA sont surévalués et qu’ils doivent être remplacés ou modifiés, alors merci de cliquer sur J’AIME à la fin de l'article.
J'aimerais avoir votre avis sur ce qui devrait être intégré dans un diplôme de leadership d’affaires d'élite. Je mettrai les meilleures idées dans un prochain article qui proposera le schéma détaillé d’un MBL.
Il est inévitable que contester une convention existante suscite de fortes réactions, donc je m'attends aussi à ce que cet article génère des points de vue animés des deux côtés de la barrière MBA ! Cependant, le but est d’instaurer un mouvement de révision car je crois que si nous pouvons relever le niveau en matière de formation en leadership, cela fera une énorme différence pour le monde des affaires.
Pour obtenir les dernières mises à jour sur la campagne des MBA, les PDG ainsi que mes inspirations et les derniers aperçus en leadership, suivez-moi ici sur LinkedIn.

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Traduction par Sylvie Ségui, JDN
Cette chronique traduite par le JDN a été publiée via le programme
Influencers de LinkedIn, où s'expriment près de 300 leaders d'opinion. Retrouvez la version originale en anglais ici.

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