Avez-vous une question à ajouter ?

Avez-vous une question à ajouter ? C’est une question qui vous a sans doute souvent été posée, et qui peut se présenter fréquemment dans la vie quotidienne. Il est intéressant d’y réfléchir dans la perspective des entretiens professionnels.

Il peut arriver, au début ou à la fin de l’entretien, que le jury ou le recruteur vous demande si vous désirez poser une question. A vous de choisir alors la plus opportune, compte tenu du moment, du contexte, de vos objectifs principaux.

Rappelons une consigne élémentaire : il ne faut pas interpeller le jury, cela ne se fait pas !

Certes, vous pouvez avoir encore une question à formuler, une ou des informations importantes à demander … mais il vous faudra être pleinement conscient de l’opportunité !

Si c’est à la fin de l’entretien, il est possible tout simplement que le jury ou le recruteur vous invite non pas à formuler vraiment une question nouvelle, mais à conclure vous-même l’entretien.

Les conseils généraux déjà donnés s’appliquent alors : en particulier, il importe d’avoir réfléchi à l’avance aux grandes lignes de la réponse que vous allez prononcer …

… et notamment à son effet sur le jury.

Deux types de réponses peuvent maintenant être envisagés :

une réponse négative, mais qui ne doit pas être seulement de fermeture précipitée ;

une réponse positive, qui peut être d’ajustement et / ou d’ouverture.

 

Une réponse négative, mais toujours courtoise

En principe, il ne faut pas vous contenter de la monosyllabe « non ». Ce serait trop court, sauf si l’épreuve est minutée … et en situation de concours, si la dernière seconde est vraiment arrivée. Dans ce cas, l’horloge de la salle vous le dira, ou bien, si la salle est équipée d’un dispositif de feux tricolores, le feu passera au rouge. Si la question arrive au dernier moment, le candidat opportuniste ouvrira la main et tendra le bras, il avancera sa main avec l’index pointé pour montrer le feu rouge ; il fera un geste de dénégation, en souriant, bien sûr ; alors cette forme d’humour et de présence d’esprit sera certainement appréciée par le jury. Dans nos souvenirs de la Maison des Examens d’Arcueil, ce fut le cas d’un candidat qui à notre intention fit un geste de dénégation en mimant « motus et bouche cousue »… et comme c’était fait astucieusement, et même très élégamment, il gagna un point de bonification, avec les félicitations du Président du jury.

« Non, je ne vois pas … » n’est pas suffisant non plus. Car cette formule vous fait terminer sur une position négative.

« Non, je vous remercie … » est discutable. Selon le type d’entretien que vous passez, il sera bon de l’enjoliver de diverses manières, à la fois par le ton et par le style.

Dans un concours, en principe, le candidat n’a pas à « remercier » le jury. Le jury est souverain, c’est lui qui est juge de tout, y compris sur le point de savoir s’il doit remercier ou féliciter le candidat.

Une formule convenable, si le candidat n’en trouve pas d’autre, consiste à s’incliner courtoisement en disant : « Madame, Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, je vous suis très reconnaissant … »

S’il s’agit d’un entretien avec un recruteur qui à la fois vous écoute et vous fournit des informations, vous devez le remercier, toujours le plus courtoisement possible, et sans flagornerie lui déclarer aussi : « je vous suis très reconnaissant … »

Lorsqu’il s’agit d’un examen ou d’un concours, et si vous êtes certain d’avoir été pratiquement exhaustif, vous pouvez adopter la formule de conclusion : « Nous pouvons considérer que nous avons bien vu l’essentiel ». Si cette formule vous place « trop haut », comme si vous étiez au sein même du jury, vous pouvez employer la forme passive : « l’essentiel a bien été examiné ».

Ou une formule encore plus prudente : « Il semble que l’essentiel a bien été examiné ».

S’il s’agit d’un entretien de type commercial, il est permis d’employer des formules plus directes, voire familières (… un peu, mais pas trop !). « Nous avons bien vu l’essentiel» ou « Nous avons bien fait le tour de l’ensemble des questions ». Ou encore plus familier : « Eh bien ! Je pense que nous avons bien fait le plein… ». (Humour : formule particulièrement si vous vous présentez chez Total ou autre société de distribution de carburants…)

 Une réponse positive, d’ajustement et / ou d’ouverture

Rappelons la première considération, d’ordre chronologique : vous reste-t-il du temps ?

N’est-il pas trop tard ? L’épreuve est-elle ou non déjà pratiquement terminée ?

Reste-t-il un peu de temps pour un très bref exposé (quelques phrases), voire pour la reprise d’une discussion avec le jury ?

Alors la solution devient évidente :

s’il reste seulement une ou deux minutes, il suffit de trouver un seul point intéressant, et deux ou trois bonnes phrases pour conclure ;

s’il reste plus de temps, vous pouvez proposer au jury ou à vos interlocuteurs de rouvrir la discussion sur un sujet, sur un thème ou un domaine d’analyse ou d’études, ou sur un ensemble de points.

 

Voici maintenant des exemples d’éléments à reprendre :

un point ou un domaine important oublié, ou seulement signalé (ou volontairement laissé de côté, si vous aviez cru ne pas disposer d’assez de temps pour le traiter, ou si vous l’aviez considéré comme trop secondaire)

les aspects internationaux d’un problème (ou ses aspects administratifs et financiers)

une réflexion prospective : les perspectives d’évolution, une « fenêtre ouverte » sur un domaine d’avenir, des interrogations sur des éléments nouveaux, ou nouveaux facteurs ou acteurs pouvant intervenir ;

les leçons à en tirer, sur le plan individuel comme sur le plan collectif.

 

Si l’atmosphère est conviviale et détendue, vous pouvez tenter de placer une maxime ou une anecdote… mais attention ! Il faut vous assurer qu’elle soit opportune et de bon goût, et délivrée avec talent. Vous recherchez un point de bonification… mais il ne faut pas risquer de déplaire au jury.

 

Au moment de leur travail préparatoire, ou même en cours d’entretien, les candidats astucieux notent mentalement ou par écrit les éléments qui resteraient ainsi à traiter pour faire face efficacement et facilement à l’éventualité d’une telle question.

Bien entendu, il faudra veiller à ne pas vous mettre en contradiction avec vos précédents propos. Certes, des rectifications sont possibles, de nouvelles orientations peuvent être envisagées, des précisions peuvent être souhaitables, voire indispensables. Mais attention : le jury cherche souvent à « pousser les candidats dans leurs retranchements ». A vous de savoir vous défendre, de justifier votre position avec tous les meilleurs arguments. Avec une fermeté courtoise… mais sans opiniâtreté ni arrogance !

Il arrivera que votre interlocuteur ait parfaitement raison, que vous soyez en position d’infériorité, voire en situation d’erreur. Si vous aviez commis une erreur manifeste d’appréciation, un oubli grave, une erreur de chiffre, ou si vous aviez insuffisamment pris en compte les aspects d’un problème, mieux vaudra le reconnaître diplomatiquement.

Éventuellement, vous pouvez avoir l’occasion de corriger ou préciser, si des éléments importants, par exemple des noms, dates ou chiffres-clés vous reviennent en mémoire.

Observations diverses

 Bien entendu, il existe des questions qu’il vaut mieux éviter. Par exemple, la « mauvaise question » classique à l’issue d’un concours : « Quelle note me mettez-vous ? ».

Parfois, un jury demande au candidat de lui laisser ses notes … évidemment, on ne peut pas refuser ! Donc toujours veiller à bien écrire proprement …

… d’autant plus que le jury aura vos notes sous les yeux dès que vous les poserez sur la table devant vous (et devant lui !) en arrivant.

 Question sur les questions

Il peut arriver qu’un candidat « retourne » une question au jury… une technique ou tactique qui est généralement déconseillée.

Voici un exemple récent. Un candidat avait été interrogé sur les décimales de Pi, et avait avoué son ignorance (ce qui est d’emblée un point négatif : chacun devrait pouvoir en citer au moins deux, ou même quatre… sans aller nécessairement jusqu’à 22 000, ce qui est le privilège du champion du monde de mémoire !). A la fin de l’épreuve, la Présidente lui demanda de poser une question au jury… et le candidat lui demanda crûment :

« Quelles sont les décimales de Pi ? »

Le malheureux candidat fut alors rigoureusement réprimandé par la Gente Dame présidente (une éminente Mathématicienne du prestigieux Lycée Henri IV).

Cependant nous avons en mémoire d’autres pratiques d’autres jurys des grands concours administratifs (ENA ou ENM), ou des Grandes écoles de commerce et management : comme le candidat avait formulé sa question de façon à la fois gentiment humoristique et respectueuse, il aurait très bien pu obtenir un point de bonification… le jury sanctionnant alors positivement son sens de l’à-propos et son esprit de répartie.

Cf. l’adage célèbre sur la vérité ou l’erreur en-deçà ou au-delà des Pyrénées.

  Prolongements  

***   avez-vous des idées pour compléter ce document ?

Ayez toujours en mémoire, lorsque vous vous présentez devant un jury, l’adage célèbre :

« Vous n’aurez jamais une seconde occasion de faire une bonne première impression ».

Et lorsque vous quittez le jury : « Vous n’aurez jamais une seconde occasion de faire une bonne dernière impression ».

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