Entrepreneurs, comment tester ses idées business ?

Stimuler la création d'entreprise pour booster la croissance économique est un objectif constant. Cependant, encore beaucoup de créateurs se lancent sans avoir réellement testé leur projet d’entreprise. Erreur.

Selon l'INSEE, 50% des entrepreneurs et auto-entrepreneurs mettront la clé sous la porte dans 5 ans. Selon notre expérience, 6 grandes étapes sont à franchir pour le créateur qui souhaite tester son projet d'entreprise :

S'imprégner des codes de sa future clientèle

La connaissance de la cible est primordiale. Il est nécessaire de rencontrer le maximum de clients potentiels, d'aller sur des salons, de se faire une idée du processus d'achat du produit ou du service proposé, de savoir si la concurrence n'est pas déjà durement positionnée, etc. Evidemment, une étude de marché approfondie (qualitative et quantitative si possible) des comportements de la cible est un plus.

Tester son idée auprès de ses futurs clients

L'intérêt est surtout de révéler les écueils au développement du projet. Tester "en live" la vente du produit (ou de sa réservation, si on ne peut le fabriquer) permet d'entrer dans les motivations profondes des futurs clients et de ne pas se tromper. Si le produit séduit à l'achat une partie de la clientèle, cela vient confirmer que le business model établi est le bon et va ainsi rassurer les parties prenantes du projet (investisseurs notamment).

Créer un prévisionnel et le tester auprès d'un banquier

Le prévisionnel est le document qui permettra aux futurs investisseurs de se faire une idée juste du projet. Il faut savoir l'argumenter, faire des hypothèses basses (pour rassurer) et hautes (pour séduire). Obtenir un accord de principe d'un banquier sur votre projet peut s'avérer une preuve supplémentaire de la solidité de votre dossier.

S'appuyer sur les plateformes de crowdfunding

Le financement participatif (crowdfunding) poursuit sa forte croissance : les fonds collectés ont doublé en un an et s'élèvent à 133 millions d'euros sur les 6 premiers mois de 2015 (contre 66,4 sur la même période en 2014)*. Au moment ou même avant la création, le crowdfunding est un excellent moyen de tester son projet auprès d'une population très exigeante (seuls 4% des projets déposés sont sélectionnés). C'est aussi un excellent exercice pour savoir le présenter (pitch, images, discours, etc.). A noter que BPI France a mis en place une place de marché du crowdunding.

Se tester soi-même

Créer une entreprise implique de tester sa rentabilité et sa faisabilité, mais cela implique également de tester son mental de futur dirigeant.

Afin de tester ses capacités, le créateur peut réaliser une auto-évaluation de son profil d’entrepreneur via des questionnaires en ligne, publiés par des organismes officiels (comme la CCI par exemple), ou assister à des formations pour accroître son leadership. Pour cela, il peut mobiliser son CPF (compte personnel de formation). Ce dispositif, en vigueur depuis le 1er janvier 2015 a remplacé le DIF (droit individuel à la formation).

Nous sommes en contact avec beaucoup de créateurs chaque jour. Ceux qui réussissent sont ceux qui développent une forte persévérance et surtout qui savent s'entourer. Le chef d'entreprise, s'il doit être polyvalent, ne doit pas être le spécialiste de tout, il doit cependant développer un vrai leadership pour entraîner avec lui son équipe, sa famille, les investisseurs, bref, toutes les parties prenantes qui participeront au succès du projet.

Se lancer sans risque

Tester son projet, c'est aussi se lancer dans la course et ne pas rester "extérieur" au projet, tout en minimisant les risques. Pour cela, la pépinière d'entreprise peut être une alternative. En signant un contrat d’appui au projet d’entreprise, le créateur pourra tester son activité en utilisant le numéro de Siret prêté par la couveuse, pour les facturations nécessaires, mais également bénéficier de formations et d’un accompagnement pour bien démarrer. En contrepartie, le créateur reverse une partie de son CA à la pépinière d'entreprise.

Sur le même fonctionnement, les créateurs portant un projet innovant pourront se tourner vers les incubateurs d’entreprise, qui leur sont exclusivement dédiés. 

Pour ceux qui préfèrent garder un statut de salarié, les coopératives d’activité et d’emploi leur permettent cette option tout en étant accompagnés et formés à la gestion d’entreprise.

Enfin, pour les créateurs voulant se confronter seuls au monde de l’entrepreneuriat, le statut de micro-entrepreneur ou auto-entrepreneur est souvent la première étape pour tester son projet d’entreprise. C’est d’ailleurs la solution utilisée par près d’un million de porteurs de projets en France.

*Source FPF - Financement Participatif France

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