L’espace de travail, une architecture complexe au service du bien-être

D’après une étude de l’IFOP, les Français sont 40% à affirmer que le bien-être est lié aux conditions de travail, notamment au lieu où ils officient.


Des Français peu satisfaits de leurs bureaux

Ces chiffres prennent encore plus de portée lorsqu’ils sont comparés à la situation internationale : la presse relayait il y a quelques semaines une étude menée sur 12 500 personnes dans 17 pays dans laquelle les Français se classaient derniers en terme de satisfaction au bureau. En effet, 5% d’entre eux seulement se disaient" très satisfaits" de leur espace de travail contre 13% de moyenne au niveau international.


Quand on prend le problème par l’autre bout de la lorgnette, les Français sont logiquement plus nombreux à ne pas apprécier leur environnement de travail : c’est le cas pour 31% d’entre eux contre 22% pour la moyenne des autres pays.


 S’il ne s’agissait là que d’une appréciation esthétique ou d’une sensation ponctuelle, l’étude resterait anecdotique. Mais ce n’est pas le cas, loin de là : ce désamour du bureau en tant qu’environnement de travail s’accompagne dans la plupart des cas d’un désengagement mesurable. La même étude montrait en effet que la France compte un taux de travailleurs désengagés de 54%, soit le triste record de l’étude au niveau international. 

L’espace de travail, facteur d’engagement

Il fut un temps où l’on réduisait facilement le confort d’un emploi ou la valeur d’une situation au salaire, voire au nombre d’heures travaillées. Ces dernières années ont vu émerger de façon significative la notion de bien-être au travail à l’intérieur d’un espace donné comme un facteur important d’engagement. 


L’espace de travail n’est pas et ne peut pas être un lieu neutre : il est marqué systématiquement du sceau de la marque qu’il héberge, de l’activité qui y est exercée et témoigne non seulement de la stratégie validée mais également des choix de management. Empruntons à Baudelaire quelques mots : dans un bureau, "les parfums, les couleurs et les sons se répondent", et de ces correspondances dépend souvent l’engagement des salariés.


L’espace de travail ne peut non plus être un lieu unique : il est au début de la matinée un sas d’entrée progressive vers l’activité de chacun, avant de s’adapter au fil de la journée au rythme et aux spécificités professionnelles de tous. Selon les horaires et déplacements quotidiens il accueille des moments de détente, de restauration, d’échanges. Il est explosion en cas de succès, ou cocon en période d’effort. Chacun doit s’y sentir à la fois chez soi et à portée des autres. Et de cet équilibre multiple dépend la dynamique de l’entreprise.


On comprend mieux rétrospectivement dès lors le désengagement des Français : un espace de travail réduit à une seule ou quelques-unes de ces fonctionnalités expose le travailleur qui y exerce à se heurter plusieurs fois dans la journée à l’inadaptation de son environnement vis-à-vis de la tâche qui lui est par ailleurs demandée. C’est un peu comme si, à l’heure de Roland Garros, on demandait à un joueur de tennis de jouer avec une balle molle et inadaptée qui demanderait deux fois plus d’effort pour un résultat moins performant.

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