Osons allier design thinking et ergonomie pour la santé des salariés

Appliquée au domaine de la santé au travail, la méthodologie du design thinking démontre son efficacité. Elle permet de mettre l’humain au centre des préoccupations ergonomiques tout en prototypant des solutions concrètes.

Les métiers du design ont longtemps été associés à la créativité formelle simple. Or, le cœur de ce secteur est de créer et concevoir les produits pour les usagers dans leur contexte socio-économique global. 

Depuis quelques années, la méthodologie “design thinking” a permis de sensibiliser au design les entreprises, institutions et services publics en démontrant sa pertinence dans les démarches d’innovation et de transformation. 

Des sociétés spécialistes en design thinking et en ergonomie ont développé, au fil des projets, une méthodologie spécifiquement conçue pour la prévention au travail. Cette démarche est doublement vertueuse : elle permet de réengager les collaborateurs tout en apportant des solutions tangibles et opérationnelles à toutes sortes de problématiques. Voyons comment en cinq points clés : 

1. L’étape de compréhension :

L’observation des usages et l'analyse de l'activité permettent de se rapprocher au plus près des usagers pour comprendre leurs besoins. L’empathie est indispensable pour créer de nouveaux produits et services. L’enjeu est d’avoir un regard neuf des équipes de designers, associé à une approche scientifique et médicale des ergonomes. L’étude d’observation se met en place via différents moyens : interviews des services du client, observation et interviews des usagers (film, photo, son, croquis...). 

2. Interprétation des données récoltées et observées : 

Cette phase consiste en une analyse des besoins réels des utilisateurs ainsi qu’une objectivation scientifique réalisée par les ergonomes. Après avoir confronté les informations, les objectifs à atteindre sont définis et l'équipe planifie les étapes suivantes de la méthode.

3. L’étape d’idéations, des ateliers au cœur de la démarche

Les participants imaginent de nouveaux usages lors d’ateliers collaboratifs avec des outils créés sur mesure par les équipes de spécialistes, comme “l’ergo design kit” (un jeu de construction dédié à l’ergonomie) ou des serious game adaptés (jeux de rôles, cartes, …). Le but est de se mettre à la place des usagers pour répondre au mieux à leurs besoins. Il s’agit de générer une multitude d’idées et de scénarios qui vont permettre l’amélioration des services et produits de la société. Les participants pluridisciplinaires sont réunis pour favoriser la créativité via l’expertise de chacun (internes & externes, designers & ergonomes).  

4. Expérimentations des usages in-situ

Suite à la phase créative ouverte, l’objectif est d’expérimenter et d’évaluer les idées directement auprès des usagers. Les pistes les plus pertinentes sont sélectionnées afin de les prototyper rapidement pour les soumettre aux utilisateurs. Des tests d’usages sont organisés directement sur le terrain, au plus proche du contexte réel d’utilisation du produit. Les utilisateurs manipulent les maquettes dans leur contexte de travail. Les équipes de spécialistes font ensuite des relevés de ces tests, puis évaluent les idées d'un point de vue ergonomique (TMS, cognitif, astreintes physiques...).  

5. Evolution et implantation

La démarche du design thinking est itérative, il s’agit de se confronter au plus tôt au réel et de faire évoluer la solution selon les résultats. Suite aux tests, des prototypes des versions préliminaires de produits sont réalisés afin d’implémenter les solutions pour recueillir les retours usagers. Ces données permettent d’améliorer et optimiser les solutions futures. L’étape de formation de l’utilisateur final à l’usage optimal est primordiale en terme d’ergonomie pour appliquer des changements.

Autour du même sujet