Smic 2016 : montant mensuel et taux horaire

Smic mensuel et smic horaire Le Smic 2016 est en hausse de 0,6% par rapport à 2015, se contentant de la hausse réglementaire.

[Mise à jour le mardi 19 juillet 2016 à 18h23] Un nouveau pays vient d'adopter le Smic. Il s'agit du Koweït. Désormais, les salariés ne pourront pas être payés moins de 200 dollars par mois.

Pour l'année 2016, le gouvernement a annoncé officiellement le nouveau montant du Smic. Il connaît une hausse de 0,6% pour atteindre un montant horaire brut de 9,67 euros contre 9,61 en 2015.

Le montant mensuel brut sur la base de 35 heures du Smic 2016 est de 1 466,62 euros, contre 1 457,52 en 2015.

Pour 2016, le montant du Smic se contente donc d'une hausse reglementaire et ne connaît pas de coup de pouce. Le Smic n'a pas connu de coup de pouce depuis 2012. 

Dans un entretien accordé à Canal+ le 19 avril 2015, le président de la République avait annoncé que tous les jeunes actifs de moins de 25 ans rémunérés au Smic pourraient demander auprès de leur Caisse d'allocations familiales un complément de salaire via la prime d'activité (qui est la fusion de deux primes : le RSA activité et la prime pour l'emploi).

Smic brut

En 2016, le Smic mensuel brut, c'est-à-dire avec les cotisations sociales du salarié, atteint 1 466,62 euros.

Le montant brut du Smic
Date Smic mensuel brut
Source : Insee
1er juillet 2005 1 217,88 €
1er juillet 2006 1 254,28 €
1er juillet 2007 1 280,07 €
1er mai 2008 1 308,88 €
1er juillet 2008 1 321,02 €
1er juillet 2009 1 337,70 €
1er janvier 2010 1 343,77 €
1er janvier 2011 1 365 €
1er décembre 2011 1 393,82 €
1er janvier 2012 1 398,37 €
1er juillet 2012 1 425,67 €
1er janvier 2013 1 430,22 €
1er janvier 2014 1 445,38 €
1er janvier 2015 1 457,52 €
1er janvier 2016 1466,62 €

Smic horaire brut

En 2016, le Smic horaire brut est revalorisé. Il atteint 9,67 euros, contre 9,61 euros précédemment.

Le montant brut du Smic horaire
Date Smic horaire brut
Source : Insee
1er juillet 2005 8,03 €
1er juillet 2006 8,27 €
1er juillet 2007 8,44 €
1er mai 2008 8,63 €
1er juillet 2008 8,71 €
1er juillet 2009 8,82 €
1er janvier 2010 8,86 €
1er janvier 2011 9 €
1er décembre 2011 9,19 €
1er janvier 2012 9,22 €
1er juillet 2012 9,40 €
1er janvier 2013 9,43 €
1er janvier 2014 9,53 €
1er janvier 2015 9,61 €
1er janvier 2016 9,67 €

Smic net

En 2016, le Smic mensuel net a lui aussi évolué. Après déduction de la CSG et de la CRDS, il atteint environ 1 143,72 euros net par mois depuis le 1er janvier 2016 pour 35 heures hebdomadaires contre 1 135,99 en 2015.

Le montant net du Smic
Date Smic mensuel net
Source : Insee
1er janvier 2010 1 056,24 €
1er janvier 2011 1 072,07 €
1er décembre 2011 1 094,71 €
1er janvier 2012 1 096,88 €
1er juillet 2012 1 118,29 €
1er janvier 2013 1  120,43 €
1er janvier 2014 1 128,70 €
1er janvier 2015 1 135,99 €
1er janvier 2016 1143,72 €

Smic horaire net

En 2015, le montant du Smic horaire net avoisinait 7,44 euros. Ce chiffre ne peut être qu'indicatif, le montant des cotisations sociales retenues sur le Smic horaire brut pouvant varier d'une fiche de paie à l'autre.

Certains emplois, peu connus du grand public, s'avèrent particulièrement rémunérateurs. Tant mieux, ils manquent souvent de main d'oeuvre. © JDN

Smic et allègement de charges sociales

Depuis le 1er janvier 2015, les cotisations patronales relevant des Urssaf sont totalement supprimées pour les salaires au niveau du Smic, conformément à ce qu'avait annoncé Manuel Valls lors de son discours de politique générale, le 8 avril 2014, hors cotisations d'assurance chômage.

Autre changement intervenu au 1er janvier 2015 : le taux de cotisations familiales est passé de 5,25% à 3,45% pour les employeurs éligibles à la réduction générale des cotisations dite "Fillon" au titre de leurs salariés dont la rémunération est inférieure à 1,6 fois le montant du Smic. Depuis le 1er janvier 2016 la mesure est étendue aux salaires inférieurs à 3,5 Smic : "Les cotisations famille seront abaissées de 5,25% à 3,45% pour les salaires compris entre 1,6 et 3,5 Smic (soit 1,8 point en moins)", peut-on lire sur le site Internet du gouvernement.

Calcul du Smic

Jusqu'en 2009, le Smic était revalorisé le 1er juillet de chaque année. En 2010, la date de cette réévaluation est fixée au 1er janvier.

En février 2013, un nouveau mode de calcul du Smic est mis en place. Ce mode de calcul est toujours en vigueur en 2016 et le sera également en 2017. Il prend en compte deux éléments :

- "l'inflation mesurée pour les ménages du premier quintile de la distribution des niveaux de vie" (soit les 20% des ménages les moins aisés),

- "la base de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire moyen des ouvriers et des employés, et non plus des seuls ouvriers".

Précédemment, l'ampleur de l'augmentation du Smic est calculée en additionnant :

- l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC), précisément celui des ménages urbains dont le chef est ouvrier ou employé, hors tabac

- la moitié de la croissance du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier (SHBO)

En dehors de ces revalorisations annuelles, le Smic est également rehaussé lorsque l'indice des prix (hors tabac) augmente de plus de 2%.

Enfin, ces modes de calcul définissent des hausses minimales, le gouvernement pouvant choisir de donner un coup de pouce au Smic en allant au-delà.

Par ailleurs, un groupe d'experts sur le Smic instauré en 2008, émet chaque année des recommandations concernant l'évolution du salaire minimum. Sa composition a été complètement renouvelée au mois d'avril 2013. Il est désormais présidé par François Bourguignon, directeur d'études à l'EHESS. C'est ce comité qui a décidé de ne pas accorder de coup de pouce au Smic en 2016.

Evolution du Smic

Retrouvez ci-dessous l'évolution du Smic mensuel brut entre 2005 et 2014.

smic 2015
Entre 2005 et 2015, le montant du Smic a augmenté de 19,8%. © JDN

Smic et salaire minimum

Le Smic correspond au salaire minimum en vigueur en France. Les employeurs ne peuvent donc rémunérer un salarié, quel que soit son contrat, en-dessous de ce seuil. En septembre 2013, le Conseil des prud'hommes d'Evry a ainsi condamné Carrefour pour non-respect du Smic. 

Mais les conventions et accords collectifs peuvent eux aussi définir une rémunération minimale selon l'emploi occupé. Dans ce cas, c'est le salaire minimum conventionnel (supérieur au Smic) qui doit être respecté.

Des voix s'élèvent pour ne plus uniformiser le Smic, parfois accusé de faire augmenter le coût du travail. Ainsi en juin 2016, le  think tank France Stratégie a proposé de faire varier le Smic en fonction de l'âge du salarié ou du territoire où il se trouve.

Smicards en France

Au 1er janvier 2015, 1,7 million de salariés (hors apprentis et intérimaires) des entreprises du secteur concurrentiel étaient payés au Smic, ce qui représente 10,8% des salariés, contre 12,3% un an plus tôt. Le nombre de smicards en France s'établissait à 1,9 million au 1er janvier 2013.

Si l'on prend en compte l'ensemble des salariés (y compris dans l'administration, les associations), 3,1 millions de personnes étaient rémunérées au Smic au 1er janvier 2013. 

Le niveau du Smic dans l'avenir

Le rapport de Jean Pisani Ferry sur la France en 2025 a été remis au président de la République le 25 juin 2014. Le document intitulé "La France dans dix ans" aborde le niveau du Smic.

Il remarque en particulier que le niveau actuel du Smic est particulièrement élevé en France lorsqu'on le compare au salaire médian. Dans l'Hexagone, le salaire minimum équivaut à 62% du salaire qui sépare les travailleurs en deux groupes égaux (ceux qui gagnent plus, ceux qui gagnent moins), alors que la moyenne des pays de l'OCDE se situe plutôt autour de 50%. "Maintenir constant le ratio du salaire minimum au salaire médian revient en réalité à renchérir relativement le travail des jeunes non qualifiés", estime le rapport.

La recommandation du rapport consiste à confier davantage de liberté aux branches professionnelles pour fixer un salaire minimum. Le Smic deviendrait un simple filet de sécurité, ce qui suggère d'en baisser le niveau.

Autre piste, en avril 2015, le Président du Medef, Pierre Gattaz, propose aux entreprises d'embaucher à 80% du Smic des adultes qui seraient formés à une nouvelle activité sur une période de 18 à 24 mois. Les 20% permettant d'atteindre le taux plein seraient financés par d'autres dispositifs mis en place par l'Etat. Pour Pierre Gattaz, une telle politique endiguerait le chômage tout en permettant de faire face à la pénurie de main d'œuvre dans certains secteurs d'activité. 

Pourtant, il semble que le Smic tel que nous le connaissons a de beaux jours devant lui. En mars 2016, le gouvernement va présenter un projet de réforme du droit du travail, qui passe par une réecriture du Code du travail. Cette réécriture s'inspirera du rapport Badinter remis le 25 janvier 2016 à Manuel Valls. Ce document considère le Smic comme un "principe indiscutable" qu'il ne faut pas toucher.

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