Les séries françaises enfin plébiscitées par le marché américain ?

En vendant les droits de « Taxi Brooklyn » à NBC, Luc Besson a réussi à intéresser les diffuseurs étrangers, notamment américains, aux fictions françaises.

Une réussite qui vient s'ajouter au succès de la série « Les Revenants », diffusée l'automne dernier sur la chaîne indépendante américaine Sundance Channel. Des exemples encore marginaux au vu de la l'ensemble de la production françaises mais qui marquent néanmoins la fin d'un complexe français.

Les séries Taxi Brooklyn et Les Revenants diffusées aux États-Unis

L'année 2012 avait déjà connu une hausse des exportations des fiction française avec des ventes en hausse de 14,8 %, à 127 millions d'euros, par rapport à l'année 2011. Des exportations, jusqu'ici centrées sur l'Europe de l'Ouest, qui ont réussi en 2013 à trouver preneur dans des pays anglo-saxons qui paraissait hors de portée il y a quelques années. La série Les Revenants a ainsi eu l'honneur d'être diffusée sur Sundance Channel, la chaîne lancée par Robert Redford, après avoir été diffusé sur Channel 4 en Grande Bretagne. Mieux encore, la prochaine saison de la série sera coproduit par la chaîne lancée par Robert Redford pour une diffusion en 2015. Cette diffusion fait suite à l'achat d'Engrenage par la BBC4, diffusée l'an dernier. En Amérique du Nord, les importations de fictions françaises ont ainsi connu une augmentation de 40 %.

Plus que les chiffres, les réticences des pays anglo-saxon pour les fictions françaises en terme de qualité des programmes sont en train de s'évaporer : Les Revenants a ainsi été honoré par les Peabody Awards, une des plus prestigieuses récompenses anglaises qui la décrit comme «  soigneusement conceptualisé et filmée de manière exquise  ».
Si la montée en puissance de la qualité des séries françaises a été un des facteur clés expliquant cette évolution, le choix de la langue anglaise pour Taxi Brooklyn et le choix d'une héroïne américaine (une actrice de Grey's Anatomy) a aussi joué en faveur d'un rachat de cette série par les États-Unis. Ces choix permettent aussi d'éviter l’étiquette « fiction française », avec en sous-jacents tout le french bashing qui va autours (même si cette image évolue elle aussi, le New York Times avait publié en août 2013 un article intitulé « le plaisir insaisissable des séries françaises »).

Les nouveaux moyens de diffusion (Netflix, Canal Play) : une opportunité pour le contenu audiovisuel français ?

Les nouvelles plateformes de diffusion, notamment celles de vidéo à la demande par abonnement, représentent des opportunités pour les productions françaises afin d'élargir leur audience et atteindre un public international. Netflix, qui a atteint récemment les 40 millions d'abonnés, a ainsi racheté les droits d'Engrenages. La série policière Braquo a quant à elle était rachetée par la plateforme Hulu, détenue par NBC, la Fox et Disney. Ces plateformes peuvent représenter un point d'entrée pour les fictions françaises sur le marché américain : si il est toujours difficile pour des fictions d'accéder aux réseaux télé majeurs américains, il est plus aisé d'être diffusé sur des plateformes d'offre à la demande qui permettent d'atteindre un public ciblé, amateur de fictions originales.
Ces plateformes représentent aussi une opportunité en terme de production : d'après BFM Business Netflix souhaite ainsi produire une série en France : le réseau américain aurait déjà contacté plusieurs producteurs de télévision pour développer son projet. Des coproductions qui permettent de mieux amortir les coûts et d'atteindre des budgets plus importants, critère indispensable pour parvenir à des fictions qui puissent concurrencer les fictions anglo-saxonnes dont le coût est estimé à 2 millions d'euros de l'heure. 

Autour du même sujet