Dossier Comparatif des services cloud orientés container

Après Amazon et Google, c'est au tour de Microsoft et OVH d'intégrer à leur cloud une offre de container virtuel basée sur la technologie de Docker. Chaque fournisseur apporte sa touche personnelle. Comparatif.

Que de chemin parcouru en moins de trois ans. Avec son offre de container virtuel, Docker a bouleversé le paysage des fournisseurs de cloud. Proposée en open source par la société du même nom, créée par le franco-américain Solomon Hykes, la solution Docker a été adoptée par les plus grands. Après Amazon et Google, Microsoft Azure vient de lancer, en préversion, une offre de cloud basée sur sa technologie.

Pour rappel, Docker encapsule une application afin de pourvoir l'exécuter de façon native depuis n'importe quel serveur Linux et bientôt Windows. N'embarquant pas de système d'exploitation, le container est à la fois plus léger et plus rapide à s'exécuter qu'une machine virtuelle. En faisant abstraction de l'infrastructure sous-jacente, il est aussi possible de passer d'un conteneur à des milliers, répartis sur des centaines d'instances, sans que cela complexifie le mode d'exécution de l'application.

Une intégration continue, du développement à la production

Ce continuum dans le service est aussi apprécié par les équipes informatiques engagées dans une approche DevOps. "Une fois l'application packagée en container, elle peut se déplacer de poste en poste, du développement à la pré-production, puis à la production", note Yann Coleu, expert DevOps chez Skale-5, une filiale de Neoxia dédiée au cloud.

Docker ouvre, enfin, la voie au multicloud

Un opérateur de cloud ou une grande DSI peut également s'appuyer sur Docker pour optimiser l'utilisation d'une ferme de serveurs par la gestion de clusters de machines virtuelles en faisant jouer les outils d'autoscaling.

Assurant la portabilité et la réversibilité des données, Docker ouvre, enfin, la voie au multicloud. Plutôt que d'être dépendant d'un fournisseur, une entreprise peut décider de louer des instances sur différentes plateformes. C'est le sens du récent rachat de la start-up Tutum par Docker dont la technologie permet de déployer et de gérer des containers dans n'importe quel type d'environnement. Encore en version bêta, Tutum gère les clouds d'Amazon (AWS), de Digital Ocean, de Microsoft (Azure) ou d'IBM (SoftLayer) - mais pas de celui de Google.

Une chance aussi pour les "petits" acteurs français

Du côté des fournisseurs, les choses avancent vite. En quelques mois, Google avec Container Engine et AWS avec EC2 Container Service sont passés d'une version alpha à une version stable et commerciale.

La flexibilité offerte par Docker et son écosystème ouvre aussi des possibilités à des acteurs plus petits et notamment français de percer. OVH a lancé, Sailabove, sa solution "container ready" mais il n'est pas le seul. Commerce Guys propose avec Platform.sh, une architecture de containers destinée à la création et l'hébergement de sites d'e-commerce. Pour ce projet, l'éditeur de Drupal Commerce a reçu une subvention de l'Union Européenne. Autre société française engagée sur ce terrain, Treeptik a présenté, mi-novembre, CloudUnit : un PaaS open source dédié au monde Java. Cette offre est entièrement bâtie sur Docker.

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