Dossier Ces logiciels open source indispensables aux géants du Web

Ils ont des centaines de millions, des milliards de membres et visiteurs. Que ce soient Google, Facebook, Yahoo!, Wikipedia, eBay ou Twitter, aucun de ces services ne pourraient exister sans l'open source. Quels que soient leurs moyens financiers, leurs choix d'architecture technique, tous ont des centaines, des milliers, des dizaines de milliers de serveurs sous Linux. Tous s'affichent fervent supporter de l'open source, et tous ont élaboré des stratégies de support du logiciel libre. Pourtant leurs approches vis-à-vis de l'open source différent.

Ainsi, Wikipedia est un poids lourds au niveau audience, mais un nain en termes de moyens. Le site communautaire mise à 100% sur l'open source pour pouvoir délivrer son encyclopédie en ligne auprès de ses 500 millions de visiteurs uniques chaque mois. D'autres, tels que Yahoo! et LinkedIn, ont pris l'habitude de publier leurs développements sous licences open source. Le cas du framework Hadoop, la solution de Big Data la plus populaire actuellement, est typique de la démarche puisque ce projet Apache est issu d'un développement interne de Yahoo!. Une approche que Facebook a adoptée depuis.

Google : une position plus ambigüe

google utilisent les logiciels libres, mais préfère limiter l'accès à ses
Google utilisent les logiciels libres, mais préfère limiter l'accès à ses propres sources. © Google

La position de Google dans ce domaine est beaucoup plus ambigüe. Le N°1 du Web finance de très nombreux projets Apache. Il a publié plus de 900 projets. Il s'agit essentiellement d'outils et d'API qui permettent aux développeurs d'exploiter ses propres services. Il y a des exceptions, mais Google est soucieux de protéger ses technologies les plus stratégiques. Ainsi, le groupe n'a pas publié le code source de son framework MapReduce. Il a préféré présenter ses travaux sous la forme de note de recherche, laissant le champ libre aux autres de s'en inspirer pour créer leur propre code. C'est ce qu'a fait Yahoo! en développant Hadoop sur ce modèle.

Google joue l'ouverture tout en s'assurant de garder une confortable avance sur ses concurrents. Une stratégie de semi-ouverture qui ne profite pas des gains qu'une véritable communauté de développeurs open source pourrait lui apporter en termes d'innovation. Ainsi, Dhanji R. Prasanna, l'ex-ingénieur de Google Wave, soulignait après avoir quitté l'entreprise que la plateforme Big Data de Google était désormais obsolète. Profiter de la puissance des communautés open source tout en conservant une avance technologique sur ses rivaux, c'est le difficile pari des géants du Web dans leur course à l'audience.

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