Les SSII secouées par des mouvements sociaux

Le pouvoir d'achat est cette fois au coeur des revendications des salariés français d'IBM et d'EDS. Les grèves se multiplient et l'individualisation salariale suscite le mécontentement.

Le climat actuel est sans conteste à la revendication et à la confrontation entre salariés et employeurs, aussi bien dans le secteur privé que public. Les SSII n'échappent pas à cette tendance et la défense du pouvoir d'achat est dans le secteur un axe fort de revendication. Les syndicats avaient ainsi appelé les personnels d'EDS et d'IBM France à la grève le mardi 20 mai, à l'échelle nationale.

Au sein de la filiale française du groupe américaine IBM, ce sont environ 1 500 personnes (sur un total de 9 600), dont 600 sur Paris, qui se sont mobilisées mardi. Le mouvement de grève est intervenu pour réclamer des augmentations générales de salaires (abolies par la direction en 1986). Le site CFDT de la section IBM souligne des inégalités de traitement entre les actionnaires et les salariés.

Ainsi en 2007, 100% des actionnaires auraient bénéficié d'une croissance de 14% du bénéfice net par action. Sur la même période, la CFDT relève que seulement 50% du personnel a obtenu une augmentation de salaire, de l'ordre de 2,2%. Or, estime le syndicat, rapportée à la hausse des prix, cette revalorisation salariale reste insuffisante. Pour 2008, l'intersyndicale (FDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SNA, UNSA) demande donc une augmentation générale de 4,5% et un rattrapage de 5% pour l'ensemble du personnel.

Des demandes pour des augmentations salariales

La contestation couvait déjà chez IBM depuis le mois de mars. La réunion annuelle obligatoire sur les salaires avait en effet été annulée par la direction. C'est une intervention de l'inspection du travail qui a contraint celle-ci à définir une nouvelle date, prévue pour le 28 mai. Le mouvement du 20 mai bien suivi par le personnel pourrait donc influer sur le rapport de force entre syndicats et direction. Les salariés français auront surement à cœur d'obtenir une hausse de salaire, à l'image de leurs homologues de la filiale italienne.

En septembre 2007, la fédération syndicale internationale UNI (Union Network International) avait inauguré la première grève dans l'univers virtuel de Second Life, où IBM est fortement présent. De précédentes négociations collectives en Italie s'étaient soldées par une annulation de la participation des salariés. La manifestation virtuelle, mais bien réelle, aura elle permis au personnel d'obtenir gain de cause, c'est-à-dire des augmentations de salaires.

Le climat est tout aussi délétère chez EDS France qui emploie plus de 2 000 salariés. L'intersyndicale avait déjà lancé en avril des appels à des débrayages afin de réclamer des hausses de salaires. Les revendications portaient sur une augmentation générale de 3,8 % pour 2008, et un rattrapage de 105 euros mensuels pour l'ensemble du personnel.

Mardi 20 mai, ce sont d'après les syndicats 200 salariés qui se sont rassemblés devant le siège français du groupe à Nanterre, en protestation cette fois contre le plan social. Celui-ci doit se traduire par la fermeture de trois sites (Freyming, Lingolsheim et Villeneuve d'Ascq) et le licenciement de 80 personnes. Le récent rachat d'EDS par HP et l'annonce de nouveau licenciements n'ont pas contribué à l'embelli des relations entre le personnel et la direction. Une réunion est d'ores et déjà prévue le 3 juin.

Mais IBM et EDS ne sont pas les seules SSII à être touchées par la grogne. Le 15 mai, les salariés français de Capgemini et de Sogeti étaient en effet eux aussi mobilisés. Ils dénonçaient également la politique salariale et la perte de pouvoir d'achat. Selon les syndicats, 1 800 à 2 000 grévistes étaient présents à cette occasion. Un troisième round pour le personnel de Capgemini déjà invité à manifester les 28 mars et 1er avril.

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