Les commutateurs face aux enjeux économiques et écologiques des entreprises

Bientôt, les décisions d’achat dépendront largement de la capacité du fabricant à proposer des technologies de commutation plus "vertes".

A la fin des années 80, le LAN était sur le point de connaître une croissance exponentielle grâce à la commutation. Au lieu d'être répétés ou amplifiés, les paquets allaient être "commutés" ouvrant ainsi toutes sortes de possibilités en termes d'échelle et de facilité d'administration. Depuis lors, la commutation est devenue la norme pour les solutions LAN et WAN et l'Ethernet, le protocole de commutation de paquets le plus utilisé actuellement autorisant des liaisons 40 Gbits/s à longue distance sur plusieurs longueurs d'ondes d'un même câble en fibre optique.  

 

La concurrence entre les fabricants de commutateurs Ethernet a stimulé l'innovation et les fonctionnalités mais a aussi permis de réduire les coûts, accélérant au final le retour sur investissement. Aujourd'hui, il existe toutes les tailles et tous les formats de commutateurs Ethernet; des boîtiers à 4 ports de la taille d'un paquet de jeu de carte, des systèmes modulaires de classe opérateur capables de gérer des centaines de ports qui seront ensuite réagrégés dans un réseau sur fibre puis déployés par un opérateur historique ou de télécom exigeant une haute fiabilité et la capacité de supporter des températures extrêmes.

 

Récemment, les fabricants se sont intéressés à l'environnement, notamment à la réduction de matériaux toxiques utilisés lors de la fabrication, l'amélioration du rendement énergétique, la mise en rebut en fin de vie et surtout la réduction de la consommation du commutateur lui-même. En effet, moins les commutateurs consomment, plus leur impact carbone et leur production de chaleur diminuent. Le rack ou la salle de communication nécessitent alors moins de refroidissement et les clients réalisent des économies. Il est donc intéressant d'étudier de plus près les critères importants pour l'impact carbone, de la conception à la fabrication des commutateurs.

 

Pour réduire significativement l'impact carbone au niveau de la conception, il faut "mesurer et minimiser" : mesurer le moindre watt consommé et réduire la puissance au minimum tout en préservant un fonctionnement efficace du commutateur. Quelques astuces pour y arriver :

 

-      Des alimentations à haut rendement, capables de maintenir un rendement de 85% sous une charge variable.

-      Des ventilateurs plus économes. S'il faut avoir un ventilateur interne, on peut le faire tourner plus lentement pour réduire le bruit et améliorer la fiabilité.

-      L'évaluation de la longueur des câbles, en ajustant la puissance nécessaire en fonction ainsi qu'en coupant automatiquement l'alimentation lorsque le matériel n'est pas utilisé.

-      Des voyants en face avant, pouvant être éteint lorsqu'ils ne sont pas nécessaires pour réduire la chaleur dégagée et l'énergie consommée et pour augmenter la fiabilité.

 

 

Durant la fabrication, plusieurs techniques peuvent réduire les émissions de CO2. La directive RoHS de 2006 stipule par exemple l'interdiction d'utiliser six éléments toxiques dans un produit, à l'exception des soudures au plomb (Niveau 5) avec un certain délai de grâce. Il est aujourd'hui illégal de vendre au sein de l'Union Européenne un produit informatique non conforme au moins au Niveau 5.

Le niveau 6 impose l'utilisation de soudures sans plomb qui exige en général de revoir la carte de circuits imprimés, car la soudure sans plomb présente des propriétés physiques très différentes. Les constructeurs de commutateurs les plus soucieux de l'environnement intègrent déjà le niveau 6 à leur processus de fabrication.


D'autre part, en utilisant une solution de nettoyage à base d'eau durant la production, un constructeur peut économiser chaque année environ 38 000 litres de solvants à base de pétrole, dont l'élimination coûte cher. Ces solutions fonctionnent en circuit fermé, l'eau utilisée étant recyclée de nombreuses fois. Elles sont donc extrêmement efficaces et n'ont qu'un impact minimal sur l'environnement.

 

On remarque ainsi que les exigences écologiques ont de plus en plus de poids et sont de plus en plus présentes dans les appels d'offres. Les clients sont demandeurs de technologies plus "vertes". Le secteur public et les administrations ouvrent en général la voie dans ce domaine. Bientôt, les décisions d'achat dépendront largement de la capacité du fabricant à proposer des technologies de commutation au moins 25% plus économes en énergie qu'actuellement.

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