Les mainframes : des systèmes légendaires qui auront besoin de développeurs experts

Le mainframe est et doit rester un maillon clé des SI. Il accompagne les évolutions de l’entreprise en continuant à garantir de très hautes performances et des niveaux de sécurité inégalés. Reste toutefois à encourager la formation de développeurs pour pérenniser ces systèmes légendaires.

L’image du mainframe dans l’industrie demeure négative. Pourquoi ?

Parce que ce n’est que lorsqu’une panne survient qu’on entend parler du mainframe. Il aurait du mal à suivre le rythme des attentes de plus en plus fortes des clients avides d’information et attirés par de nouvelles tendances comme le cloud computing. A cela s’ajoutent les défaillances retentissantes de certains mainframes qui ont plombé non seulement la qualité de service mais aussi la réputation (et le cours de l’action) de plusieurs grandes entreprises.
Mais on omet de dire que le reste du temps, il se fait oublier et avec lui toute la valeur qu'il apporte à l'entreprise. Pourtant ces systèmes supportent encore un grand nombre d’applications stratégiques et remplissent leur rôle tranquillement, sans faire parler d’eux. Par conséquent, le mainframe doit être considéré comme tout aussi pertinent aujourd’hui qu’hier.
Plutôt que de le qualifier d’environnements « historiques », il serait souvent nettement plus approprié de parler de « systèmes légendaires » car c’est sur eux que repose l’activité de beaucoup d’entreprises et c’est vers eux que doivent être dirigés les efforts de gestion, d’investissement et d’innovation nécessaires pour assurer son avenir.
La question est alors de savoir si le mainframe surmontera les trois principaux inconvénients qui lui sont généralement associés : coût élevé, pénurie de développeurs spécialisés et inadéquation à l’informatique moderne ?

Une performance chère payée ?

Lorsque la consommation CPU d’une application augmente ou que celle-ci réagit trop lentement par rapport aux besoins de temps réel des utilisateurs, le caractère économique des mainframes est souvent remis en question, soit parce que le coût par MIPS ou MSU continue d’augmenter et implique à son tour une mise à niveau du matériel, soit tout simplement parce que ces systèmes deviennent trop complexes et trop chers à maintenir.
Si les entreprises veillent à ce que leurs mainframes soient toujours en phase avec l’évolution de la technologie et aient connaissance du taux de charge qu’ils doivent supporter, elles éviteront les mauvaises surprises que sont la détérioration de la qualité de service, la hausse des coûts ou le besoin de mises à niveau matérielles non-programmées.
N’oublions pas que le mainframe est considéré comme puissant, incomparable sur le plan de la fiabilité mais aussi économique et très performant comme le montre une nouvelle fois l’étude publiée fin septembre 2013 par BMC Software.

Une pénurie annoncée de développeurs mainframes ?

La pénurie de développeurs dans les différents langages pour mainframe reste le second problème majeur dans la plupart des entreprises qui optent soit pour l’externalisation – tendance forte sur ces dix dernières années – soit envisagent de remplacer leur mainframe par une solution prête à l’emploi.

Rappelons deux études Micro Focus :
  • la première réalisée auprès de 100 universités à travers le monde a montré que près de trois quarts des professeurs enseignant l’informatique à l’université n’ont pas inclus le COBOL dans leur cursus alors que 71 % d’entre eux estiment que les entreprises actuelles continueront de s’appuyer sur des applications COBOL au cours des dix prochaines années et au-delà.
  • La seconde sur la France, note que l’enseignement du Cobol reste le parent pauvre des études informatiques Post-Bac : à peine 2,3 % des établissements français d’enseignement supérieur l’ont inscrit à leurs programmes, contre 75% qui enseignent le Java et 70% le C++, suivis par le PhP (32 % des établissements) et le C# (27 % des établissements).
Pour contrer cet état de fait, les partisans du mainframe ont tissé des partenariats avec des organismes de formation, des établissements universitaires et d’autres acteurs afin de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération de développeurs. Mais il faudrait aussi que les entreprises, les enseignants et les étudiants en informatique unissent leurs forces.
Cas intéressant, une société qui avait entrepris de former une partie de son équipe de développeurs aux fondamentaux de la programmation mainframe, a découvert que les outils actuels permettaient d’acquérir ces compétences de base, notamment concernant le COBOL, en quelques heures seulement, ce qui a balayé d’un coup le sentiment de pénurie de personnel qualifié.

Le regard sur les mainframe doit donc changer avec deux leviers à actionner
  • Poursuivre les investissements dans l’univers du mainframe en faveur de l’innovation, à l’heure ou les principaux fournisseurs cherchent à attirer l’attention sur leurs systèmes et à en améliorer la perception. A ce titre, IBM a investi des milliards en R&D sur son zEnterprise pour offrir un environnement mainframe  affichant un rapport prix/performance très honorable et garantissant un niveau de flexibilité impensable il y a à peine dix ans. Par exemple, le nouveau système IBM zEC12 peut exécuter plus de 78 000 MIPS, soit une capacité totale de traitement supérieure de moitié à celle de son prédécesseur [1].
  • Former une nouvelle génération de professionnels compétents qui n’ont pas peur de louer les avantages des grands systèmes .
Tous les ingrédients sont réunis. Reste à la communauté mainframe à faire entendre sa voix sur la valeur de ces systèmes légendaires et toujours d’actualité pour les entreprises.

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[1] IBM Systems and Technology, Data Sheet zEnterprise EC12 (zEC12)
 

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