Facebook at Work : tout ce qu'il faut savoir

Facebook at Work Facebook décline son service pour permettre aux organisations de se doter d'un réseau social d'entreprise. Jusqu'ici en bêta privée, la solution serait sur le point d'être lancée.

[Mis à 17/05/2015 à 12h30] Facebook planche activement sur une déclinaison de son réseau social pour le monde de l'entreprise. Nom de code du projet : FB@Work. Utilisée en interne par le groupe américain depuis des années, la solution fait l'objet d'une bêta privée depuis janvier 2015. Selon nos confrères américains de Business Insider, son lancement "public" pourrait avoir lieu à la fin de l'été ou au début de l'automne. Facebook at Work sera proposé sous la forme d'une offre freemium.

Un site a été mis en ligne par Facebook pour faire une demande d'accès à la bêta privée de Facebook at Work.
 

Facebook at Work en France

D'après le groupe américain, 60 000 entreprises sont actuellement en liste d'attente pour tester la solution. Officiellement, 450 entreprises ont commencé à l'utiliser via ce programme de prélancement. Parmi les principales d'entre elles figurent Booking.com, la Royal Bank of Scotland ou encore le groupe télécom norvégien Telenor. En France, la SNCF, Iliad-Free et Lagardère Active sont sur les rangs (voir le tableau ci-dessous). Certains cabinets de conseil français commencent aussi à le tester (comme Emakina).

Premières entreprises françaises utilisatrices
Nom Entité/département
Lagardère Active Déploiement groupe : Paris Match, Europe 1, le JDD... (4 000 salariés)
Raja Déploiement groupe (1 500 salariés)
Iliad-Free Support client
SNCF Branche Gares & Connexions
Century 21 France 800 agences à travers la France
Club Méditerranée Facebook at Work est utilisé par 400 cadres du groupe
Au féminin  / My Little Paris Start-up
iAdvize Start-up
Menlook Start-up

Un Facebook pour les pros

Un réseau social d'entreprise, mais pas uniquement

Concrètement, FB@Work est une déclinaison de Facebook qui permettra aux organisations de créer leur propre réseau social interne. Il s'agit d'une solution dont l'ergonomie et les fonctionnalités sont très proches du Facebook historique (voir la capture ci-dessous). Elle s'accompagne d'une app, baptisée Work, déclinée pour iOS et Android, conçue pour accéder à ses fonctionnalités en mobilité. Et ce à l'exception de la messagerie instantanée qui fait l'objet d'une application à part (baptisée Work Chat).

Avec cette initiative, Facebook se positionne en concurrent direct de nombreux éditeurs de réseaux sociaux d'entreprise (RSE), au premier rang desquels Microsoft (avec Yammer), Salesforce (avec Chatter) ou encore Jive, pour ne citer que quelques-uns d'entre eux.

Présentation des écrans desktop et mobile de Facebook at Work publiés sur le site dédié à l'application. © Facebook

Les fonctionnalités

Facebook at Work reprend les grandes fonctionnalités de Facebook. En premier lieu, le Profil permet aux collègues de se connecter entre eux. Il fournit une vue dynamique du profil collaborateur : son activité sur le réseau, les personnes qui le suivent... Comme Facebook, FB@Work propose aussi de créer des groupes. Ils pourront être ouverts à tous les salariés, ou fermés (avec pour les non-membres la possibilité de consulter seulement leur objet), voire secrets et visibles uniquement de leurs participants. "Le groupe peut permettre de gérer des projets, traiter l'opérationnel, le support...", commente Julien Lesaicherre, responsable de Facebook at Work pour la région EMEA. Enfin Facebook at Work n'est pas seulement un réseau social d'entreprise puisqu'il comprend également, tout comme Facebook, une messagerie instantanée par texte, voix ou vidéo. Ce qui le rend d'ailleurs potentiellement concurrent des applications SaaS de collaboration temps réel, comme Slack ou HipChat, qui s'articulent autour d'une messagerie instantanée. 

Une expérience connue des 1,5 milliard d'utilisateurs de Facebook

Le principal avantage de FB@Work sur ses concurrents ? Proposer une expérience que maitrisent déjà les 1,5 milliard d'utilisateurs du réseau social à travers le monde, dont 28 millions en France. L'outil promet d'être extrêmement facile à prendre en main, y compris pour les administrateurs (via une console de gestion des comptes de l'entreprise). FB@Work pourrait par ailleurs faciliter les interactions avec l'extérieur, que ce soit avec des clients, eux-mêmes présents sur Facebook, qu'avec des fournisseurs ou partenaires.

Facebook at Work dispose d'applications mobiles pour iOS et Android. © Facebook

Les prix : une offre Freemium

Le modèle Freemium de Facebook at Work aura pour but de faciliter son adoption. Sa formule gratuite devrait permettre d'accéder à toutes les fonctionnalités de l'environnement. Facebook envisage ensuite de tarifer quelques dollars par utilisateur et par mois des services Premium - qui incluront support et outils analytics de suivi d'activité.

D'après une des premières entreprises utilisatrices de la solution contactée par Business Insider, le mode payant pourrait coûter entre 1 et 5 dollars par mois et par utilisateur "en fonction des intégrations réalisées".

Reste à savoir si l'offre premium ne sera pas obligatoire passé un certain nombre d'utilisateurs.

Les futures évolutions

Pour la suite, quelles pourraient être les futures évolutions apportées à Facebook at Work ? Les bots devraient très probablement être l'une d'entre elles. N'oublions pas qu'il s'agit de la fonctionnalité phare mise en avant par l'un des plus grands concurrents de Facebook at Work, alias Slack - notamment pour l'intégration d'apps tierces. Facebook a déjà annoncé la possibilité d'intégrer des bots à sa messagerie instantanée grand public Messenger (lire : Comment les bots vont envahir Messenger). Conçus pour comprendre des questions en langage naturel et y apporter des réponses, ces robots virtuels doivent permettre aux entreprises de proposer, via Facebook, de nouveaux services BtoC (fils d'actualités personnalisés, support client...). De là à ce que Facebook décide de les introduire, également, dans le Messenger de Facebook at Work, il n'y a qu'un pas.

Les bots pourraient se révéler être un bon moyen pour Facebook d'attirer des éditeurs partenaires autour de Facebook at Work. Force est de constater d'ailleurs que la solution attise déjà les convoitises de certains acteurs. L'éditeur canadien PageFreezer a par exemple déjà annoncé un outil d'archivage légal optimisé pour la plateforme.

Avis des utilisateurs et consultants

Les premières réactions à FB@Work sont plutôt mitigées. "Facebook at Work pourra permettre aux organisations de s'équiper d'un réseau social d'entreprise de base. Mais cet outil ne modifiera pas profondément le marché. Il ne devrait pas concurrencer les solutions les plus avancées", a pu nous confier Arnaud Rayrole, directeur du cabinet Lecko (lire l'interview complète). Dans les colonnes de Techcrunch, Brent Leary, associé chez CRM Essentials, abonde dans le même sens : "Il est certes intéressant pour Facebook de se lancer sur ce terrain, mais il sera assez difficile pour lui de bâtir une plateforme capable de répondre aux besoins d'interactions multiples du contexte business."

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La sécurité

La délicate question de la sécurité

Autre difficulté soulignée par la plupart des observateurs, Facebook devra aussi convaincre les DSI. La question de la sécurité constituera ici le principal point d'achoppement. "Chaque compte d'entreprise de Facebook at Work est isolé et sécurisé sur une architecture hébergée chez nous et que nous maîtrisons de A à Z. Je rappelle que nous construisons nos serveurs et équipements réseau", argue sur ce point Julien Lesaicherre chez Facebook. "Il n'y a aucune passerelle avec les comptes publics, et l'outil est compatible avec les annuaires LDAP et Active Directory. Enfin, Facebook at Work est livré avec une console pour les administrateurs pour ajouter des utilisateurs, gérer des groupes..." (voir aussi un document PDF publié par le Facebook sur cette question de la sécurité). Ainsi, Facebook a pris un soin tout particulier à peaufiner cet aspect, car il sait que dans ce domaine, il n'a pas droit à l'erreur.

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