La part incroyablement faible de femmes dans les grandes SSII

Aucune des plus grandes SSII en France n'emploie plus de 30% de femmes. Et chez certaines, la proportion descend sous les 20%.

L'informatique continue de mériter sa réputation de milieu excessivement masculin. En France, les grands employeurs que sont, sur le secteur informatique, les SSII sont loin, très loin d'observer la parité dans leur effectif. Le JDN a en effet pu obtenir la proportion de femmes actuellement employées par les plus grandes SSII en France. L'ampleur de la tâche qui reste à accomplir pour atteindre la parité est énorme : la part de femmes peut descendre à 17%, et aucune de ces entreprises de services du numérique ne dépasse les 30% d'effectif féminin.

Source : JDN

5e plus gros acteur du service informatique en France d'après la dernière étude de PAC sur le sujet, Orange Business Services est, parmi les ténors du service IT, celui qui emploie actuellement, dans l'Hexagone, la plus grande proportion de femmes. "Le taux de féminisation fait partie des objectifs RH globaux d'Orange", explique au JDN le groupe, qui "s'engage à améliorer la mixité des équipes dans tous les métiers, et en particulier dans les métiers techniques où les femmes sont notablement sous-représentées." 

"Le problème vient essentiellement des formations" (Vincent Rouaix, GFI)

CGI s'en sort aussi très bien par rapport à ses concurrents, avec 29% de femmes employées en France. Une part encore trop faible aux yeux de son président Jean-Michel Baticle, qui expliquait récemment au JDN que selon lui, "si la filière du numérique attire peu les femmes, cela vient essentiellement de la formation". Un avis partagé par Vincent Rouaix, PDG de GFI - qui emploie 26% de femmes. Dans un entretien au JDN, ce patron estimait aussi que "le problème doit être résolu à la source : il faudrait qu'il y ait plus de femmes dans les écoles d'ingénieurs, ce qui permettrait de les recruter ensuite", analysait-il.

Pas sûr que la tendance s'améliore vite chez certains

Les géants du service en France que sont Capgemini et Atos, respectivement les 1er et 2e plus gros acteurs spécialisés dans l'Hexagone, font moins bien, avec "à peu près" 25% de femmes pour le premier (Sogeti inclus) et 23% pour le second (avec Bull). Pas sûr que la tendance s'améliore rapidement chez Capgemini, qui n'aura embauché que 24% de femmes en 2014 en France. En revanche chez Atos, on indique un chiffre en hausse, avec une prévision de 25% de femmes recrutées en France cette année. Cela reste très faible.

Invité à donner un chiffre concernant la part de femmes qui devraient être recrutées cette année chez lui, Neurones, avec 17% d'effectif féminin actuellement, a botté en touche. Autre acteur en bas de notre tableau, Open qui, avec 18% de femmes employées, a de son côté affirmé que dans les recrutements actuels, la part montait à une femme sur quatre embauchés. Enfin, Akka emploie 20,5% de femmes parmi ses 10 605 salariés, d'après des chiffres datant de 2014. Sur cette même année 2014, les femmes ont toutefois représenté 22,5% des recrutements en contrat à durée indéterminée réalisés en France (contre 20,8% en 2013). Il y a donc une progression dans l'Hexagone. 

Orange / Recrutement