Test de Microsoft Teams : insuffisant mais peut mieux faire

Test de Microsoft Teams : insuffisant mais peut mieux faire La rédaction a passé au crible la solution de team messaging : fonctionnalités, ergonomie, intégration d'applications tierces... Que vaut-elle face à Slack ?

Teams a ouvert officiellement ses portes le 14 mars dernier. L'outil de team messaging de Microsoft avait préalablement fait l'objet d'une période de bêta de quatre mois et demie. Une phase qui a permis à l'éditeur américain de recueillir les premiers commentaires des utilisateurs et peaufiner sa solution. Elle a également été l'occasion pour le groupe de travailler, en lien avec ses partenaires, à l'intégration d'applications et d'agents conversationnels. Un point particulièrement attendu par le marché quand on sait que le principal concurrent de Teams, Slack, fait de cet élément son cheval de bataille. La start-up de San Francisco compte à ce jour près de 800 apps dans son annuaire.

Teams étant désormais disponible en version finale, nous avons pu le tester. Premier constat : il s'agit bel et bien d'une messagerie collaborative d'entreprise. Si on veut le comparer à Slack, il faudra par conséquent confronter Teams à Slack Enterprise Grid, l'édition de Slack taillée pour les grandes organisations. Le produit de Microsoft bénéficie par ailleurs du système d'administration de la suite Office 365 avec laquelle il est commercialisé. Une fois activé, Teams permet de créer autant d'environnements de collaboration d'équipe que nécessaire (ou "teams"). Des environnements qui pourront ensuite accueillir les fameux canaux de conversation - permettant de structurer les discussions d'équipe par projet, processus... 

Microsoft Teams s'articule autour de chat rooms d'équipe. © JDN

Quand on l'ouvre pour la première fois, Teams propose de suivre un mini tutoriel qui explique les fondamentaux de l'application. Le thème graphique par défaut (cf. captures) fait apparaître un design minimaliste. Ses couleurs, teintées de bleu, ne sont pas très vives, et la typographie presque jamais accentuée (pas de gras). Un "flat design" qui ne facilite pas la lecture. Heureusement, il est possible de sélectionner un thème "Foncé" nettement plus contrasté. L'interface n'en reste pas moins plus complexe que celle de Slack, avec une multiplication des menus et sous-menus. Quant au fil de discussion, son mode de fonctionnement n'est pas toujours optimal. Les derniers messages commentés s'afficheront systématiquement en bas de l'écran (ce n'est pas le cas dans Slack dont les messages restent classés dans leur ordre initial de saisis). Un parti pris ergonomique qui peut gêner la lecture.

Des fonctions clés manquantes

Côté fonctionnalités, plusieurs éléments clés d'un outil de team messaging manquent encore à l'appel. Une entreprise utilisatrice n'a pas la possibilité par exemple d'inviter une personne extérieure à intervenir dans un espace d'équipe. Proposé dans Slack depuis le début, cette option est pourtant utile pour orchestrer un projet. Microsoft indique qu'elle est en cours de développement, sans pour autant préciser de date de livraison. Autres défauts à noter : créer un canal de conversation transverse à plusieurs équipes n'est pour l'heure pas faisable, tout comme l'ouverture de canaux de conversation privés à l'intérieur d'une "team" (la seule option possible est de définir comme privé l'intégralité d'un espace d'équipe). 

La solution de messagerie collaborative de Microsoft propose pour l’heure 24 applications préintégrées et une galerie de 25 bots. © JDN

Qu'en est-il alors de l'intégration d'applications et bots tiers ? Sur ce plan, on est encore très loin de l'offre pléthorique de Slack. Pour l'heure, Teams permet de faire appel à 24 applications pré-intégrées. Huit d'entre elles sont des logiciels signés Microsoft (Excel, OneNote, PowerPoint, SharePoint, Word, PowerBi, Planificateur et Visual Studio). A leurs côtés apparaissent quelques offres SaaS de renom. Parmi elles, on relève Asana (sur la gestion de projet), Hootsuite (marketing social), Zendesk (support client), Zenefits (gestion RH) ou encore Intercom (CRM multicanal).

Quant à la galerie de bots de Teams, elle se limite pour l'heure à 25 agents conversationnels - dont la plupart étaient déjà déclinés pour Slack (DotCom, Dribbble, Emojify, Growbot, Hipmunk, Meekan, Polly, Spacebot, Statsbot, Talla, TrackingTime, Workbot, Zoom.ai). Ils recouvrent des domaines variés : gestion de tâches, analytics, planification de réunion, vérification de la disponibilité de noms de domaine...

L'intégration des bots inspirée de Slack

Le mode d'intégration des bots est comparable à celui de Slack. Les agents intelligents s'activent au niveau du compte d'équipe et peuvent ensuite être invités par le biais du fil de chat. Nous avons testé Polly (qui permet de générer des sondages). Son fonctionnement dans Teams est assez proche de celui qu'on lui connait dans Slack. Seule différence : la création d'un sondage dans le flux conversationnel, via la commande @polly, implique un clic supplémentaire dans un menu contextuel pour activer le bot. 

Microsoft Teams permet de partager des documents Office via son fil de discussion. Les fichiers (qui seront stockés sur OneDrive) pourront être visualisés dans l’outil. Pour les éditer, il faudra ouvrir le logiciel correspondant (Excel, Word…). © JDN

Quand il ne s'agit pas de bots, les applications viennent se nicher dans Teams via des onglets. Totalement original, ce mode d'intégration n'existe pas dans Slack. L'onglet permet d'accéder à tout ou partie de l'application, le fil de discussion restant accessible sur la droite de l'écran. Nous avons créé un onglet pour Asana - sur lequel nous avions préalablement ouvert un compte. Résultat : il nous a donné accès à un mini gestionnaire de projet basé sur l'outil (avec la possibilité de définir des tâches et leur associer des délais et spécifications).

Les onglets sont aussi destinés à accueillir les applications Office. Leur intégration est néanmoins assez légère, se limitant à la consultation des documents. Assez minimaliste, donc. Pour éditer (ou coéditer) un fichier Office, un raccourcis donne néanmoins accès à l'application correspondante (Word, Excel…) qu'il faudra donc ouvrir dans une autre fenêtre. La création de contenu est néanmoins possible à l'intérieur de Teams, en passant par un wiki qu'il est possible d'intégrer - là encore via un onglet.

Un rapport qualité/prix correcte

A l'issue de ce premier test, Microsoft Teams laisse une impression mitigée. Des ajustements ergonomiques et fonctionnels méritent d'être réalisés. La galerie de bots et d'applications devra aussi être enrichie pour faire le poids face à Slack. On ne doute pas que Microsoft effectue rapidement les évolutions les plus attendues (voir la liste des demandes soumises sur le forum officiel de Teams). En attendant, l'éditeur affiche une politique tarifaire plutôt agressive qui rend le rapport qualité/prix de Teams assez correct. Le forfait d'entrée de gamme d'Office 365 Business (Office 365 Business Essentials) qui inclut Teams coûte 5,10 euros par utilisateur et par mois. Et il comprend en plus la messagerie Exchange, une capacité d'1 To de stockage (sur OneDrive) et Skype Entreprise. De son côté, Slack commercialise sa version standard à 7,50 euros par utilisateur et par mois.

Nous avons testé Microsoft Teams sur mobile, par le biais de l’application proposée pour Android. Elle permet d’interagir au sein des fils de conversation (y compris en sollicitant des bots), et donne accès aux fichiers échangés. En revanche, elle ne permet pas d’accéder aux applications intégrées par le biais d’onglet. © JDN

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