L'histoire derrière 4 récents outils SEO français OnCrawl : 1,5 million d’euros d’investissement

JDN. Présentez les particularités et les fonctionnalités de votre outil ?

François Goube, co-fondateur et CEO de Cogniteev, éditeur d'OnCrawl, dont la version SaaS a été lancée en avril dernier. © F.G.

François Goube. Oncrawl est né d’un consortium industriel que nous avions monté avec Cdiscount en 2013. Il s’agit d’un crawler qui va parcourir l’ensemble des pages de votre site afin d’en relever le code et le contenu. Il vous permet d’obtenir un diagnostic et de piloter vos optimisations SEO onsite. Nous proposons à la fois des data visualisations et l’export de données concernant l’ensemble des paramètres favorables ou défavorables à votre référencement : analyse des balises meta ou Hn, mots clés, temps de chargement, architecture de liens internes...

La force d’Oncrawl est liée à nos dix années d’expérience sur l’analyse sémantique qui nous permet d'analyser du contenu et de proposer un algorithme d’identification du contenu dupliqué. Toutes nos fonctionnalités sont disponibles dans l’ensemble de nos abonnements, dès 9,90 euros. La limitation tient au nombre d’URLs que vous voulez analyser par mois.

Qui sont ses utilisateurs ?

Nous avons aujourd’hui un peu plus d’une centaine de clients avec une représentation très forte d’acteurs du e-commerce de toute taille, de Deguiz-shop à Cdiscount. Nous travaillons également avec plusieurs médias en ligne, de la presse quotidienne régionale (Sud Ouest, Midi Libre…) ou des pure-players.

Combien de temps avez-vous mis pour le mettre au point ?

Dans un premier temps, pendant l’année 2014, Oncrawl a été vendu en mode "personnalisé" à une dizaine d’acteurs du e-commerce de taille européenne. Il est désormais disponible en mode SaaS depuis avril 2015.

La plateforme technique sur laquelle s’appuie Oncrawl représente 1,5 million d’euros d’investissement, et plus de 2 années et demie de R&D. A partir de là, il nous a fallu 6 mois pour aboutir à la première version SaaS.

 

"La France a d’excellents ingénieurs qui pratiquent des salaires raisonnables"

Quelle sont les plus grandes difficultés que vous avez rencontrées lors du développement, et après le lancement ?

Lors du développement, nous vendions déjà des datasets issus d’Oncrawl qui étaient complètement personnalisés pour chacun de nos clients. Nous sommes une petite équipe, et il nous a fallu faire des choix parfois compliqués entre le business d’aujourd’hui et celui de demain, afin d’industrialiser notre solutions en mode SaaS notamment.

Aujourd’hui, notre principal enjeu réside dans l’évangélisation du marché. Les technologies utilisées par Oncrawl étaient auparavant réservées à des acteurs aux moyens conséquents. Nous avons démocratisé ces technologies et nous devons expliquer que notre outil est désormais à la portée de tous, puisque nous démarrons à 9,90 euros par mois.

Quelles sont à votre avis les particularités du marché français qu'adresse votre outil ?

Oncrawl est aujourd’hui utilisé dans une vingtaine de pays. La particularité que nous relevons sur le marché français tient à l’historique des déploiements des dernières pénalités de Google. Sous l’effet de Penguin, beaucoup d’acteurs se sont crispés en 2012 sur le levier du netlinking, orientant alors leurs actions sur la partie on-site du référencement naturel. Le marché français est donc très en demande sur ces optimisations on-page, et Oncrawl veut apporter une réponse.
 

"Le marché allemand présente un niveau d’expertise bien plus avancée qu’en France"

Pensez-vous que le développement et la commercialisation de l'outil auraient été plus faciles dans un autre pays ?

Développer un logiciel en France est un véritable atout car nous avons d’excellents ingénieurs pour des salaires qui restent raisonnables par rapport aux anglo-saxons. En revanche, en tant qu’éditeur SaaS, nous avons la nécessité de proposer une offre globale dès le départ. Sur la commercialisation, se déployer depuis un pays anglo-saxon est alors un gros avantage. C’est pourquoi nous envisageons à la fois des partenariats de distribution hors de nos frontières et une installation outre-Atlantique.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui voudraient développer et commercialiser un outil SEO en France ?

Je dirais qu’il faut non seulement écouter ses clients français, mais ne pas oublier d’aller voir dans d’autres pays quelle est l’approche du SEO. En effet, le marché allemand présente par exemple un niveau d’expertise bien plus avancée qu’en France. Si vous voulez vendre outre-Rhin, il est nécessaire d’être très exigent sur votre produit et d’aller souvent plus loin dans l’élaboration de vos fonctionnalités que ce que vous feriez par défaut en France.

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