Jeff Graham et Kevin Wise (Overland Storage) : "L'archivage d'emails est la première tâche réalisée par nos clients"

Ciblant le mid-market avec ses offres de sauvegarde et de restauration de données, Overland se distingue d'EMC, IBM ou HP par son approche 100% matériel. Le point sur la demande des PME avec deux de ses responsables.

JDN Solutions. Pouvez-vous détailler votre offre de protection des données ?
Sur ce marché, les entreprises essaient constamment de gérer le curseur entre le coût des solutions de restauration et le degré d'efficacité qu'elles souhaitent. Certaines applications comme les ERP, les systèmes de CRM ou les bases de données sont considérées comme critiques. Dans ces cas là, il faut pouvoir répondre immédiatement et peu importe le coût des solutions placées derrière. Mais même ainsi, la demande des clients est généralement plus segmentée.

Idéalement, un client va se poser au moins quatre questions : quelles sont les applications critiques de mon système d'information ? En combien de temps puis-je réaliser mes opération de sauvegardes ? A quelle fréquence doit-on réaliser des sauvegardes ? Et en combien de temps mon application doit-elle être restaurée ? L'objectif derrière ces questions consiste à mettre le bon niveau de protection en fonction de la donnée, et au juste prix. Il faut également tenir compte des contraintes légales de son marché, par exemple la loi Sarbanes-Oxley.

Nous offrons une réponse à tous les niveaux avec des solutions de sauvegarde sur bande via nos gammes de produits Neo et Arcvault, de sauvegarde sur une librairie de bande virtuelle, de sauvegarde sur disque via notre gamme Reo, ou encore une combinaison des deux.

Nous proposons aussi des solutions de snapshots en direct et de réplication. Pour les clients qui veulent réduire le temps de restauration, nous proposons des baies de stockage disque SAS via notre gamme Ultamus. Notre catalogue cible plutôt la clientèle des entreprises de taille moyenne, avec des prix démarrant à 6700 euros par exemple pour une solution de stockage de 3 To capable de gérer jusqu'à 4 snapshots.

Vous ne proposez que du matériel, mais pas de logiciels de stockage ?
Nous ne fournissons pas de logiciel, mais nous nous adaptons aux solutions existantes du marché comme Microsoft Visual Source Safe, Symantec ou CommVault... Le marché du logiciel est déjà très établi, il était plus simple de travailler avec tous les acteurs présents que de proposer notre propre offre. Nos solutions se connectent directement sur les réseaux SAN Fiber Channel et iSCSI des constructeurs sans se préoccuper de l'infrastructure, juste de la connectivité.

"Nos solutions peuvent être combinées avec les produits DoubleTake ou BackupExec pour répliquer les données sur sites distants"

Nous nous adaptons aussi aux différentes priorités assignées par les solutions de stockage. Si le contenu par exemple est de type vidéo, ou des instances virtuelles Vmware, nous pouvons aussi bien les stocker sur des disques SATA que sur des disques SAS, selon les priorité. Le système de stockage peut ensuite mesurer directement les performances. Nos solutions peuvent être combinées avec les produits DoubleTake ou BackupExec pour répliquer et gérer les données sur des sites distants.

Nous proposons seulement 3 solutions logicielles. D'abord, une offre de dédoublonnage ou déduplication dont l'objectif est de réduire les volumes de données sauvegardées ou archivées par les entreprises en limitant les doublons. Ensuite, notre offre REO Multi-SitePac qui permet de réaliser des sauvegardes automatiques sur des sites distants. Enfin, le REO Protection OS qui gère la connexion aux infrastructures de stockage SAN du client, la gestion de librairies de bandes virtuelles et la compression de données.

Quelles sont les applications que vos clients sauvegardent aujourd'hui en priorité ?
Cela dépend de leur métier bien sur, mais nous constatons une forte demande d'une manière générale pour l'archivage d'e-mails. C'est normal car la messagerie électronique est devenu l'un de nos principaux moyens de communication aujourd'hui. Sans compter que pour les commerciaux par exemple, la perte d'un e-mail stocké sur un BlackBerry peut signifier une perte de chiffre d'affaires. Et cela est inacceptable pour un patron d'entreprise.

Une autre demande forte de nos clients aujourd'hui concerne les solutions de sauvegarde en ligne. C'est une demande d'autant plus justifiée qu'elle doit permettre aux clients de bénéficier de fonctionnalités supplémentaires comme la déduplication justement. Pour la sauvegarde, c'est une bonne idée mais qui pourrait très vite se transformer en mauvaise idée. Il faut avancer prudemment.

En revanche, pour la restauration de données, le mode service à la demande a beaucoup d'intérêt. C'est un sujet sur lequel nous réfléchissons, mais pour lequel nous n'avons pas encore définit d'approche globale : avec un partenaire, sans partenaire... En France par exemple, nous travaillons sur ce sujet avec NeoTelecom.

Enfin, le dernier point que soulève nos clients concerne la consommation électrique des produits dans les datacenters et l'informatique verte. Nous avons développé pour y répondre des outils de mesure que les DSI pourront utiliser pour faire la différence entre nos solutions et des produits concurrents lors d'un appel d'offre.

Nous partons déjà avec un avantage puisque la majorité de nos ventes s'effectuent encore sur des solutions de bandes magnétiques, peu consommatrices en énergie par rapport aux disques. D'autre part, nous faisons produire les produits chez nous, à San Diego.

Nous veillons à ce que nos produits soient le plus recyclable possible, et nous respectons les normes ROHS de manière à limiter l'utilisation de substances dangereuses tout en réduisant les émissions de carbone. Enfin, si nous proposons des solutions de stockage haute densité, ces dernières ne se révèle pas plus consommatrice en énergie que des solutions standards.

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