Le disque dur SSD, loin d'être le plus rapide de l'Ouest ?

Portés aux nues par nombre de tests comparatifs, les SSD ne seraient pas aussi performants qu'on voudrait le penser. Un changement d'environnement système est nécessaire pour en profiter pleinement.

Une poignée de mois après avoir publié des prévisions prometteuses sur la croissance du marché des disques durs SSD (Solid State Drive) - estimée à près de 70% par an - , le cabinet d'études IDC appuie là où ça fait mal en pointant du doigt la relative sous-performance de ces disques durs nouvelle génération.

Dans sa toute dernière étude intitulée Benchmarking Storage Options for PC, IDC relativise les résultats des comparatifs publiés, notamment, jusqu'à aujourd'hui par les constructeurs. Le principal point d'achoppement étant relatif à la vitesse des disques durs mécaniques retenus pour servir de base aux tests de performances.

Le cabinet reproche ainsi aux différents tests réalisés d'avoir comparés la vitesse des disques durs SSD à celle de disques mécaniques 2'5 tournant à 4200 tours/minute, en se gardant bien de publier des résultats qui auraient pu être effectués avec des disques durs de plus grande vélocité, à savoir de 5400 ou de 7200 tours/minute.

Face au disque dur mécanique 7200 t/m, les performances du disque dur SSD se réduisent à peau de chagrin

Une frilosité qui ne dépendrait cependant pas uniquement de la volonté des constructeurs de se préserver d'une chute - toutes choses égales par ailleurs - de la performance de leurs produits SSD, mais également de la pénétration de certains modèles de PC embarquant toujours des disques durs mécaniques de faible rotation (MacBook Air, Hewlett-Packard 2510p...).

Dans la jungle des tests de performances des disques durs, IDC y est donc allé de son comparatif maison, en opposant disques durs SSD d'une part aux disques durs mécaniques 2'5 de 7200 tours/minute d'autre part. Les résultats obtenus ayant pu établir que les gains affichés par les disques SSD se sont montrés beaucoup moins significatifs qu'auparavant. 

Et David Reinsel, analyste au sein du cabinet d'études américain, d'expliquer que pour profiter à 100% des performances affichées par les disques durs SSD, l'entreprise - comme le particulier - ne pouvait pas faire l'impasse sur une évolution de l'environnement système dans lequel est installé le disque. Des propos sibyllins qui font planer le spectre d'une contrainte de changement complet de composants (contrôleur/processeur, carte mère...) que les utilisateurs pourraient ne pas apprécier du tout.

Alors que les gains de productivité des disques durs SSD apparaissent de plus en plus délicats à faire éclater au grand jour (accélération du démarrage des postes de travail, fiabilité de la technologie par l'absence de pièces mécaniques...), un autre coup de bambou pourrait bien venir de l'inadaptation des systèmes d'exploitation tirant partie du SSD. Et de Windows Vista en particulier.

A l'occasion de la présentation des résultats trimestriels du groupe, le P-DG du fabricant SanDisk n'a en effet pas manqué d'égratigner dans son discours les limitations de l'OS de Microsoft et son manque d'optimisation pour les disques durs Flash. A défaut de trouver le moyen de sortir à plus rapidement sa nouvelle gamme de disques durs SSD aux contrôleurs améliorés, SanDisk aura en tout cas trouvé un nouveau bouc émissaire...

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