Oracle abandonne Itanium : qui va en profiter ?

La firme de Larry Ellison a semé la pagaille en annonçant ne plus supporter le processeur. A l'origine de cette technologie, HP et Intel ne veulent pas voir ce marché s'effriter. Les acteurs de l'Open Source y voient une opportunité.

C'est un peu la confusion autour des plates-formes Intel Itanium. Cette semaine, Oracle a jeté un petit pavé dans la marre en annonçant ne plus développer de logiciels pour le processeur Itanium, sous entendant qu'Intel envisageait d'arrêter progressivement de commercialiser la puce pour se concentrer sur des technologies plus populaires, et notamment les processeurs x86. Oracle a pris soin de préciser qu'il était l'un des derniers grands éditeurs à supporter Itanium. Microsoft a en effet par exemple aussi annoncé son intention de vouloir arrêter bientôt le support d'Itanium.

Peu après Intel et HP sont montés au créneau : le premier, par la voix de son P-DG, a bien fait savoir qu'il n'envisageait pas l'arrêt imminent de sa production d'Itanium , dont "plusieurs générations sont en cours de développement".  Intel serait donc en train de poursuivre ses travaux, notamment sur les versions futures des Itanium exécutant notamment la version HP d'Unix et d'autres systèmes d'exploitation.


HP
a de son côté accusé Oracle de vouloir ainsi favoriser ses serveurs issus du rachat Sun. HP, avec qui Intel a co-développé les architectures Itanium en 2001, a par ailleurs fourni la plupart des serveurs Itanium du marché (90% selon IDC). Au moment où Oracle annonçait ne plus développer pour Itanium, HP annonçait d'ailleurs de nouveaux serveurs tournant sous HP-UX avec... des Itanium à quatre cœurs.


Aujourd'hui, Red Hat fait savoir qu'il entend bien profiter de la situation. "Si l'on considère que 80% des machines Integrity HP [ndlr équipées d'Itanium] fonctionnent sous HPUX avec Oracle DB/Weblogic/Apps, on peut s'attendre à la mort de HPUX ", pronostique Franz Meyer, VP South Western Europe de Red Hat.

Restent plusieurs OS possibles pour le développement de nouvelles applications, ou les renouvellements de parc : Sparc Solaris (Oracle), IBM AIX Power, Microsoft  Windows x86, ou Linux. Or pour Franz Meyer, c'est vers cette dernière et notamment vers son Red Hat Enterprise Linux que vont se tourner les clients. "Il est peu probable que les clients se tournent vers les machines pour Sparc, AIX ou Windows. Leur faveur ira plus certainement à des équipements x86 tournant sur un système d'exploitation Linux : c'est la solution la plus naturelle puisque Linux est un Unix. C'est également la solutions la plus ouverte, et la moins couteuse".

A noter que Red Hat n'est pas le seul à commercialiser un OS répondant à ces critères. Novell le propose aussi, du moins pour l'instant. L'avenir dira si cette guerre déclarée entre les tenants du monde propriétaire profitera à ceux qui prônent un monde plus ouvert.

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