Start-up : cinq pépites dénichées par... Mathieu Daix, cofondateur de Daphni

Mathieu Daix, ex-directeur marketing de France Digitale et cofondateur du fonds d'investissement Daphni, livre au JDN sa sélection de cinq start-up prometteuses.

Mathieu Daix, cofondateur de Daphni. © Daphni

Le JDN vous propose régulièrement de découvrir une sélection, par les acteurs phares de l'écosystème français, des start-up les plus prometteuses qui se développent en France et dans le monde. Voici celles choisies par Mathieu Daix, ex-directeur marketing de France Digitale et cofondateur de Daphni, le nouveau fonds d'investissement de Marie Ekeland.

 

Cette start-up française crée des objets connectés destinés à améliorer la qualité et la durée du sommeil grâce aux ultrasons. Le premier produit, un casque, n'est pas encore commercialisé. Stéphane Distinguin, Marc Rougier et Laurent Alexandre conseillent la jeune pousse.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"Auparavant, les objets connectés se limitaient majoritairement à mesurer mais n'agissaient pas directement. Dreem est au contraire actif. Chez Daphni, on aime leur ambition un peu folle d'ouvrir les neurosciences au grand public. La R&D se trouve à Paris et la partie marketing, design et opérationnel à San Francisco. Cela va permettre à Dreem de pénétrer le marché américain, où se trouvent les early adopters."

 

Finexkap est une start-up française qui finance les factures des professionnels en attente de paiement. La société a levé 22,5 millions de dollars en novembre 2014.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"Le marché est énorme : l'affacturage représente 100 milliards d'euros par an en France. C'est complexe à mettre en place car très réglementé : le bon de trésorerie que Finexkap rachète doit être titrisé. On adore l'équipe, dont Arthur de Catheu, le directeur général. Une solution comme celle-ci aurait vraiment pu nous aider, chez France Digitale, quand on préparait le France Digitale Day : nous avions de gros contrats de plusieurs dizaines de milliers d'euros mais un décalage de trésorerie, et nous étions obligés de négocier avec nos clients pour être payés pour enfin pouvoir de notre côté payer la facture des prestataires. Et puis Finexkap est aussi une bonne nouvelle pour les start-up : le service permet au CEO de se concentrer sur le développement et sa solvabilité, plus que de s'inquiéter en permanence de sa liquidité. C'est aussi une bonne chose pour l'économie : cela peut éviter des faillites, maintenir des emplois et créer de la croissance."

 

La start-up française Honestica développe une plateforme mondiale de gestion des données de santé pour faciliter la collaboration entre praticiens et permettre l'analyse de données (Lire : "Un confondateur de Criteo veut donner vie au mythe du carnet de santé numérique", du 28/04/15).

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

Franck Le Ouay peut mener à bien un projet si complexe"

"Honestica a été cofondée par Franck Le Ouay, ancien cofondateur et chief scientist de Criteo. La start-up s'attaque à un défi énorme : unifier les systèmes informatiques de la santé en les numérisant, les collectant, les traitant et les rendant interopérables, ce qui est impossible aujourd'hui. Cela va être très difficile à exécuter. Le marché est très fragmenté et réglementé, il va falloir évangéliser auprès des praticiens… Et puis il y a aussi le problème de la confidentialité, qu'il faut assurer à 100%. Il n'y a que quelqu'un comme Franck qui peut mener à bout un tel projet. L'avantage, c'est qu'il peut développer la start-up sur fonds propres sans lever. Il évangélise, a créé une équipe solide. Philippe Douste-Blazy est l'un des trois cofondateurs.

Le marché est énorme : la santé, c'est 14% du PIB français. 9 milliards d'euros sont dépensés chaque année dans des médicaments jamais consommés et Honestica pourrait permettre de réaliser de grosses économies en donnant aux professionnels de santé les outils nécessaires pour travailler mieux et plus vite. Le projet est marqué par Criteo : l'idée, c'est qu'en rajoutant une couche de machine learning, on peut améliorer à court terme la prise en charge des patients, et à long terme  l'échantillonnage des études, la prévision des épidémies…"

 

Livemon est une plateforme qui permet de surveiller les serveurs.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"Livemon permet aux développeurs de savoir dans quel état est leur serveur : s'il est surchargé, attaqué… Jusque-là les informations étaient mal délivrées aux développeurs. Un mouvement de fond explique ce besoin : les développeurs sont des ressources rares que les start-up et géants s'arrachent. Les formations sont de plus en plus orientées vers la polyvalence et l'opérationnel plutôt que sur les connaissances basse couche (du matériel et des fondamentaux serveurs). Les développeurs ont besoin d'outils pour vérifier que tout va bien, pour anticiper les erreurs et mieux communiquer entre eux. Livemon est actuellement testé en version bêta et verra le jour dans les semaines à venir."

 

Le "service innovant de distribution de chaînes TV" annoncé en juin par Pierre Lescure et Jean-David Blanc devrait voir le jour à l'automne.

Pourquoi avoir choisi cette start-up ?

"Pas de doute sur la proposition de valeur"

"Le projet est bien mystérieux mais très alléchant. Je fais partie de ceux qui regardent moins la télé qu'avant. En deux ans, l'audience a baissé de presque 4% sur l'ensemble des chaines. Molotov.tv pourrait être la dernière chance pour les géants de la TV de redevenir sexy. Et puis l'équipe Lescure/Blanc est hyper pertinente. On observe une vraie appétence pour les outils qui permettent de regarder la télévision autrement, comme le replay et la VOD. 4,2 millions de personnes de 15 ans et plus regardent la télévision en replay tous les jours, et ce chiffre a doublé en six mois, entre fin 2014 et 2015. Il y a encore de bons programmes, mais il faut une nouvelle interface pour les dynamiser. Les grandes chaines ont intérêt à revoir la façon d'entrer en contact avec le public. Sur la proposition de valeur je n'ai aucun doute, reste à voir l'exécution."

 

Mathieu Daix est cofondateur du fonds d'investissement Daphni. Il était auparavant directeur marketing de France Digitale, l'association des entrepreneurs et investisseurs du numérique. Il est également professeur de marketing et innovation à la WebSchoolFactory, blogueur et podcasteur. En 2014, il a coécrit les Fiches Outils des Réseaux Sociaux, aux Editions Eyrolles. 

Daphni est une nouvelle société de gestion en capital-risque. L'équipe fondatrice du fonds, qui est en train de boucler son premier closing, est composée de Marie Ekeland, ex-Partner chez Elaia Capital, de deux anciens de France Digitale, Willy Braun et Mathieu Daix, ainsi que des VC Pierre-Eric Leibovici et Pierre-Yves Meerschman.

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