Start-up : comment rémunérer ses employés ? Projet et ambiance start-up

Avec un salaire parfois bien en dessous du prix du marché –et très rarement au-dessus, difficile de rivaliser avec des grands groupes qui, eux, promettent également la sécurité de l'emploi et de nombreux avantages. "En rejoignant une start-up, les employés acceptent d'abandonner une part de sécurité, reconnaît Nicolas Mendiharat. A salaire quasi-équivalent, ils viennent bien sûr pour le projet, et pas pour les conditions." Pour Edouard Petit, de Bunkr, tout le monde n'est pas fait pour rejoindre une start-up : "Il faut être prêt à prendre le risque de rejoindre une aventure qui s'écrit chaque jour, dont le futur est encore incertain. Certains ont besoin de stabilité, de cadre, d'assurance d'un emploi à long terme. C'est impossible de fournir cette promesse quand on est une startup et que notre durée de vie n'est pas assurée : autant être clair avec les candidats dès le début."

Autonomie et valorisation du travail

"Le principal argument d'embauche ? L'intérêt du job et le fait d'être dans une aventure professionnelle très stimulante, décrypte Benoît Bazzocchi. Plonger dans la réalité du quotidien d'une start-up. Bénéficier d'une grande autonomie, se sentir productif et surtout voir l'impact immédiat de son action."

benoît bazzocchi, ceo de smartangels.
Benoît Bazzocchi, CEO de SmartAngels. © SmartAngels

Selon lui, les postes y sont bien plus valorisés que dans les grands groupes : "Dans une start-up, chacun compte, y compris les stagiaires qui ont aussi un gros impact sur le résultat. Il n'y a pas de différence d'input, ce qui est très différenciant par rapport aux grands groupes, où tout est très hiérarchisé et où les process sont très lourds." L'opportunité de "sortir du formatage des grands groupes" est également avancée par Leslie Sawicka à ses employés.

Car les jeunes pousses n'ont pas toutes les moyens de créer un cadre de travail de rêve, de bâtir des locaux similaires aux start-up américaines en vogue et d'accorder des privilèges en tous genres. "Ce n'est clairement pas facile de recruter avec des petits budgets, des locaux qui ne font pas rêver, et le manque d'ancienneté de la société qui effraie souvent les futurs salariés", analyse Leslie Sawicka. Parole de Mamans a rapidement dû embaucher des personnes aux compétences complémentaires : graphiste, journaliste, commercial et chef de projet. "On doit donc convaincre sur notre projet, sur notre avenir et sur les conditions de travail." La CEO a misé sur la souplesse des horaires de travail pour attirer des salariés, pour la plupart parents : "Ils ne travaillent pas le mercredi et partent avant 17h30 pour pouvoir concilier leurs vies personnelle et professionnelle."

Souplesse dans les horaires

Souvent pourtant, start-up rime plutôt avec rythme effréné et longues journées. "SmartAngels ne fixe pas d'horaires de travail ou de jours de vacances, se félicite Benoît Bazzocchi. Nous n'avons pas de package 'RTT, vacances et tickets restos', mais quand les employés ont besoin de partir, de rester chez eux, ils le peuvent. Nous nous organisons, bien sûr, mais nous sommes très souples dans l'organisation au quotidien." Pour lui, cela fait partie de la logique d'autonomie et de responsabilisation chère à sa start-up. "Il n'y a pas ce rapport hiérarchique où l'on compte les heures. On préfère se dire qu'on partage les mêmes objectifs."

Mais si les employés peuvent rester chez eux quand ils le souhaitent, c'est aussi parce "qu'ils ne comptent pas leurs heures supplémentaires, parfois tard le soir". Cette méthode de management "souple" n'est pas toujours plus avantageuse pour les salariés : sans jours de vacances prédéterminés, beaucoup travaillent bien plus que dans une entreprise classique et n'osent pas prendre de congés. "Ce n'est pas complètement faux, reconnaît le CEO de SmartAngels. Parfois, je suis obligée de pousser les salariés à prendre des vacances. Mais le but de cette organisation n'est pas de les faire travailler plus. L'important, c'est la philosophie que ça induit : les salariés sont libres, et ce n'est pas une angoisse de rester chez soi si besoin. C'est un mode de management qui fait souvent peur aux grandes boites mais il n'y a pas d'abus, au contraire."

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