Bonnes feuilles : Planète Google Les données personnelles des internautes en question

"... L' avantage que constitue pour Google, par rapport à ses concurrents des réseaux sociaux, la possibilité de faire des recherches sans disposer d'informations personnelles est bien sûr relativisé par l'expansion de l'entreprise vers de nombreux autres services qui l'amènent à détenir des renseignements on ne peut plus personnels, par exemple dans le cadre de son service de courrier électronique, Gmail. L'idée que ses collaborateurs pourraient librement espionner leurs courriels a de quoi inquiéter les internautes.

 

Google le sait bien, et le problème ne lui est pas propre. Le personnel de Microsoft, Yahoo! ou AOL peut lui aussi fouiller dans la correspondance privée des utilisateurs, or ces services traitent des volumes de courriels supérieurs à ceux de Google. Les interrogations visant le seul Google sont donc quelque peu injustes. Ses tentatives pour rassurer le public n'ont été, au mieux, que des succès partiels. Google affirme que seul un petit nombre de ses salariés sont autorisés à accéder aux courriers électroniques stockés, ce qui est une bonne chose.

 

Moins rassurante en revanche est la manière dont il définit les catégories spécifiques d'utilisateurs dont les courriers électroniques sont placés hors d'atteinte de ses salariés : "Tout personnage public, tout salarié d'une entreprise donnée, toute connaissance." Cela interdit-il de s'amuser à lire les courriers électroniques des inconnus ? La sanction prévue en cas d'infraction à la règle ? le licenciement ? est-elle assez sévère pour être vraiment dissuasive ? A-t-on jamais détecté un cas d'indiscrétion sanctionné par le renvoi d'un salarié ? L'utilisateur dont le courrier électronique a été violé en serait-il informé ?

 

Google a beau protester que ces inquiétudes sont sans fondement, les empiétements constatés chez d'autres suscitent des inquiétudes qui s'étendent à toute entreprise stockant des données personnelles de ses utilisateurs. Ce sont des salariés de Facebook et non de Google qui, en 2007, ont été accusés d'avoir consulté des profils utilisateurs (en prévision de rendez-vous galants, a-t-il été dit dans l'un des cas), confectionné de faux courriels ou modifié des photos, mais ses règles de confidentialité font aussi l'objet de soupçons croissants ..."