Aziz Bensrhair (INSA Rouen) "Les entreprises du véhicule autonome ont besoin d'attirer les ingénieurs"

Alliée à des sociétés du secteur, l'école d'ingénieurs INSA Rouen a lancé une chaire pédagogique "Véhicule Autonome et Connecté", dont la première promotion s'est achevée fin 2017.

JDN. Comment fonctionne la chaire "Véhicule Autonome et Connecté" que vous dirigez à l'INSA Rouen ?

Aziz Benrshair est le directeur de la chaire "Véhicule Autonome et Connecté" lancée par l'INSA Rouen © INSA

Aziz Bensrhair. Elle s'adresse à des étudiants en cinquième année du cursus informatique. C'est une option de 42 heures qu'ils peuvent choisir au premier semestre. Sur notre trentaine d'étudiants en cinquième année, une vingtaine ont choisi cette option. Nous formons des ingénieurs généralistes, mais tout de même avec des spécialités. Cette chaire permet de donner une coloration automobile, transport intelligent et systèmes embarqués à leur cursus. Nous travaillons sur les notions de base importantes : les systèmes de perception, la cartographie, et les différents capteurs comme les lidar. Les étudiants peuvent combiner cette formation avec une option deep learning, également très populaire. Les initier à ces domaines peut leur ouvrir des horizons, car nous travaillons sur l'autonome au niveau local avec Transdev et la métropole de Rouen, national avec l'Inria et international avec l'université de Parme.

Pourquoi vous être adressé à des PME plutôt qu'à des grands groupes pour monter cette chaire ?

Nous nous sommes en effet alliés au Groupement ADAS du pôle de compétitivité automobile de la vallée de Seine, Mov'eo. Il rassemble 11 start-up et PME qui se positionnent sur des marchés avec une offre commune dans les systèmes d'assistance à la conduite. Il y a chez eux un dynamisme, une offre-bouquet et une richesse de connaissances que l'on ne retrouve pas dans les grands groupes. Et  ils sont déjà reconnus à l'international.

Comment ces partenaires contribuent-ils concrètement ?

Ils assurent environ 50% de l'enseignement. Des experts de ces entreprises viennent enseigner sous forme de TP ou de TD. Ils transmettent leur savoir faire et expliquent les projets sur lesquels ils travaillent. La société Sherpa Engineering est par exemple intervenue sur les questions d'actionneurs, de prise de décision et de commande automatique. Nexyad a abordé l'analyse du comportement du conducteur, proposée par sa solution d'évaluation des risques d'accidents SafetyNex. Des partenaires historiques extérieurs à cette chaire, comme Valeo ou Vedecom, sont également intervenus.

Il y a une dimension d'attractivité pour ces entreprises, qui ont besoin attirer les futurs ingénieurs vers ce secteur. Plusieurs de nos étudiants vont d'ailleurs partir en stage d'été dans ces sociétés. L'idée est qu'ils soient embauchés derrière, pour faire ensuite une thèse de doctorat en entreprise. Ils deviennent docteurs et font de la recherche pour le compte des entreprises. L'ingénieur-docteur est très souvent embauché après sa thèse, ce qui nous permet d'établir une bonne relation avec le labo de recherche.

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