Comment N26 compte braquer les Etats-Unis

Comment N26 compte braquer les Etats-Unis La néobanque allemande a ouvert un bureau à New York à l'automne dernier pour préparer son lancement US courant 2018.

L'Europe ne suffit plus. Après s'être implantée dans 17 pays européens entre 2013 et 2017, la néobanque allemande N26 prévoit de se lancer aux Etats-Unis en 2018, sans donner de date précise pour le moment. "Notre objectif est de faire entrer notre produit sur le marché à la fin de l'année", a récemment déclaré Valentin Stalf, CEO de N26, à Reuters. Mais entre s'attaquer à la France (qui fait partie du top 5 de N26 en termes d'utilisateurs) et ses 66 millions d'habitants et les Etats-Unis et ses 325 millions d'habitants, il y a un fossé en termes d'investissement humain et financier. C'est pour cette raison que la néobanque a levé 160 millions de dollars en mars dernier auprès de Tencent et Allianz.

Pour commencer, la jeune société a ouvert à l'automne dernier un bureau à New York, son premier à l'étranger. Une équipe de 10 personnes est déjà présente dans la ville américaine avec à sa tête Nicolas Kopp, ancien head of business development & operations de N26. Une autre équipe dédiée au marché américain se trouve également au siège, à Berlin. Les rangs de N26 doivent augmenter dans les semaines à venir puisque Nicolas Kopp recrute des profils en vente et marketing, des product owners ainsi que des ingénieurs.

"Le marché bancaire américain est fragmenté, il y a pas mal d'espace pour s'y intégrer"

"Cela occupe une bonne partie de mes journées. Et ce n'est pas facile de trouver les bonnes personnes car la concurrence est rude. Il y a beaucoup de super start-up à New York", concède le dirigeant. Pourquoi ne pas s'être installé dans la Silicon Valley, royaume de la tech ? "Il n'y a que six heures de décalage horaire avec Berlin, c'est donc beaucoup plus pratique que si on était sur la côte Ouest. En plus, à New York, il y a une grosse communauté fintech, bien plus que dans la Silicon Valley."

Le recrutement n'est pas la seule préoccupation de Nicolas Kopp. "Time is money", il faut donc aller vite. "Le time to market est très important pour nous. C'est pourquoi nous n'avons pas demandé de licence bancaire, ça aurait été trop long. Sans compter qu'ici il existe plusieurs agréments : la "state charter", la "national charter" ou encore la possibilité de passeporter certaines licences", énumère Nicolas Kopp. La néobanque a donc choisi un partenaire bancaire, dont le nom n'est pas encore communiqué. Cependant, N26 US n'exclut pas de demander un jour une licence, comme elle l'a fait en Europe. A sa création en 2013, la société avait signé un partenariat avec la banque bavaroise Wirecard Bank AG avant de demander une licence qu'elle a obtenue en 2016.

Un système de cash-back en bonus 

Il ne suffit pas de suivre la même stratégie aux Etats-Unis qu'en Europe. Le paysage bancaire n'est pas le même. Mais c'est plutôt un atout pour N26, d'après son dirigeant. "Le marché bancaire américain est fragmenté, il y a pas mal d'espace pour s'y intégrer. Pour résumer, il y a quatre grandes banques (Chase, Wells Fargo, Bank of America et Citi) qui dominent le marché et ensuite beaucoup de banques régionales, plus petites. Ensuite, il y a des néobanques mais elles sont positionnées sur des niches", explique Nicolas Kopp. Par exemple, Simple, Chime ou Varo Money qui ont un fort positionnement sur l'épargne. Ces fintech US sont davantage vues comme de potentiels partenaires par N26. "Comme on veut construire un hub en ajoutant des services autour de N26, c'est une bonne chose qu'il y ait ce type d'acteurs sur le marché", souligne le dirigeant.  

"Nous comptons appliquer la même logique de tarification qu'en Europe"

Pour le lancement en 2018, N26 ne prévoit pas encore d'intégrer un partenaire fintech à son offre et envisage de proposer son offre de base, à savoir un compte courant et une carte bancaire. "Le produit sera très similaire à celui de nos débuts en Europe. On ajoutera ensuite des partenaires. Pour le moment, l'heure est au focus produit. Nous comptons également appliquer la même logique de tarification qu'en Europe. Les Américains, en particulier les millennials, veulent des solutions low cost et veulent savoir exactement ce qu'ils paient", indique le dirigeant, sans préciser de montants.

Toutefois, le produit ne sera pas un clone de N26 Allemagne ou N26 France. La filiale américaine réfléchit par exemple à la mise en place d'un programme de fidélisation, adossé à la carte bancaire. "Le système de cash back est très important là-bas. Dès que vous utilisez votre carte de crédit, vous obtenez beaucoup de points de fidélité", assure Nicolas Kopp. Autre détail significatif : le choix entre une carte de débit (reliée au compte courant) et une carte de crédit (associée à une réserve de liquidité). En France, la majorité des Français possède une carte de débit. Aux Etats-Unis, les deux sont disponibles. N26 étudie également de près les habitudes des Américains en termes d'épargne et de crédit. "Les Américains épargnent deux fois moins que les Européens. Il y a aussi le sujet de la dette étudiante, très important dans le pays", fait remarquer le dirigeant. En attendant le lancement officiel, N26 a déjà ouvert une liste d'attente. Nicolas Kopp est satisfait du démarrage mais ne communique pas sur le nombre d'inscrits.

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