GoCardless lève 75 millions de dollars pour partir à la conquête des Etats-Unis

GoCardless lève 75 millions de dollars pour partir à la conquête des Etats-Unis Ces fonds doivent permettre à la jeune société britannique de se lancer outre-Atlantique en 2019 et d'ouvrir un bureau en Espagne. En France, elle compte doubler ses équipes.

Un abonnement peut en cacher un autre. Et un autre. De la musique à la télévision en passant par la salle de sport, l'abonnement a pris de plus en plus d'importance dans l'économie. La fintech GoCardless compte bien en tirer parti. Cette jeune société britannique qui permet à n'importe quelle entreprise de mettre en place un système de prélèvement bancaire pour facturer ses clients annonce une levée de fonds de 75 millions de dollars auprès de nouveaux investisseurs (Google Ventures, Adams Street Partners et Salesforce Ventures) et ses investisseurs historiques (Accel Partners, Balderton Capital, Notion Capital et Passion Capital). Son dernier tour de table, qui s'élevait à 22,5 millions de dollars, date de septembre 2017. Au total, la fintech a levé 123 millions de dollars depuis sa création en 2011 (sa valorisation n'est pas communiquée).

"Nous souhaitons que le marché français devienne aussi important que celui du Royaume-Uni"

Les fonds serviront à proposer de nouveaux services à ses 40 000 clients comme du paiement transfrontalier, la possibilité d'effectuer des règlements instantanés et un accompagnement pour optimiser le taux de réussite des transactions. Aujourd'hui, la société londonienne traite 10 milliards de dollars de paiements chaque année mais ne communique pas sur son chiffre d'affaires. "Nous collectons des paiements dans près de 30 pays à travers le monde. Nous couvrons 70% des paiements récurrents globaux en termes de volumes", indique Hiroki Takeuchi, CEO de GoCardless. D'après la start-up, environ 18% des paiements dans le monde sont désormais des paiements récurrents. 

Ce nouveau tour de table permettra également à la fintech d'accélérer son expansion internationale, notamment avec un lancement aux Etats-Unis en 2019, accompagné de l'ouverture d'un bureau (la date n'est pas précisée). GoCardless, et ses 290 salariés, prévoit aussi d'ouvrir un bureau en Espagne cette année. Au total, la pépite britannique comptera six bureaux, avec Londres, Paris, Munich et Melbourne. Un plan de recrutement non chiffré viendra compléter cette internationalisation. 

10 000 clients français d'ici trois ans

Le bureau français, ouvert depuis un an, devrait passer de 12 à une vingtaine de salariés d'ici la fin de l'année, majoritairement des profils support, commerciaux et marketing. "La France est un marché qui grossit vite. Nous souhaitons qu'il devienne aussi important que celui du Royaume-Uni", confie Hiroki Takeuchi. Pour le moment, la France est le deuxième marché de la start-up. En 2018, GoCardless a doublé son nombre de clients dans l'Hexagone pour atteindre 1 500 et vise les 10 000 d'ici trois ans. Dans son portefeuille, le Britannique compte des grandes entreprises françaises comme Habitat, Proximedia (Publicis), des start-up comme Doctolib et Payfit, des éditeurs de logiciels et des associations. GoCardless a également tissé un réseau de partenaires qui intègrent sa solution comme les éditeurs de logiciels de comptabilité Sage, EBP et RCA.

L'année 2019 sera aussi celle du Brexit. La start-up, qui est régulée auprès de la FCA (le régulateur britannique) serait en passe d'obtenir une licence dans un autre pays européen, selon nos informations. En cas de hard Brexit, la fintech ne pourrait plus utiliser le mécanisme de passeport européen qui permet de vendre des produits dans toute l'Union en étant agréé seulement par le régulateur de son pays d'origine. "Nous avons aussi mis en place des plans de secours. S'il y a un hard Brexit ou pas de deal, nous serons certain d'assurer les paiements et continuer à servir nos clients à travers l'Europe", rassure Hiroki Takeuchi.

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