Grâce à sa charte, la mairie de Paris met la main sur les données des trottinettes

Grâce à sa charte, la mairie de Paris met la main sur les données des trottinettes La ville signe le 13 mai une charte de bonne conduite avec les opérateurs de trottinettes en libre-service. Sans sanctions, elle lui permet surtout de récupérer de précieuses données de mobilité.

Beaucoup de com' et un peu de données. La mairie de Paris réunit le lundi 13 mai les opérateurs de trottinettes en libre-service de la capitale afin de leur fait signer à 18 heures une charte de bonne conduite, censée mettre un peu d'ordre dans le développement aussi fulgurant que chaotique de leur activité. Une déclaration de bonnes intentions, en attendant la loi d'orientation des mobilités (Lom), en cours d'examen à l'Assemblée nationale avant un passage en commission mixte paritaire, qui devrait fournir à la mairie de véritables pouvoirs coercitifs.

Les entreprises prennent un certain nombre d'engagements concrets. D'abord proposer des engins propres et en bon état de fonctionnement et récupérer sous deux heures les appareils défectueux signalés par la mairie ou les utilisateurs. Les plateformes devront également s'assurer que leurs utilisateurs sont majeurs et faire un effort de communication au sein de leurs produits afin de leur expliquer qu'ils ne doivent pas rouler sur les trottoirs et ne peuvent pas stationner sur les emplacements dédiés aux vélos.

Tour de chauffe réglementaire

Des zones d'interdiction de stationnement seront également définies (par exemple dans des parcs) : une trottinette qui sera géolocalisée dans une telle zone d'exclusion ne se verrouillera pas, empêchant ainsi la fin de la course. De son côté, la mairie de Paris s'engage à construire d'ici la fin de l'année 2 500 emplacements de stationnement pour trottinettes, qui pourront chacun accueillir plusieurs appareils.

Inoffensive pour les opérateurs, cette charte est surtout un tour de chauffe réglementaire. Elle permet de mettre en place dès aujourd'hui l'organisation qui sera nécessaire une fois la Lom entrée en application. Et la mairie peut communiquer sur le fait qu'elle agit.

Paris recevra des données sur l'emplacement et l'usage des appareils de tous les opérateurs de la capitale

Paris en retire cependant un gain concret et immédiatement utile : l'accès à de précieuses données de mobilité. Elle a fait signer aux opérateurs une annexe à cette charte, dans laquelle ils s'engagent à lui ouvrir leurs interfaces de programmation (API). Toutes les trois heures, elle recevra des informations sur l'emplacement et l'usage des appareils de tous les opérateurs de la capitale. Ce qui lui permettra de vérifier qu'ils lui versent bien les sommes dues depuis la mise en place en avril d'une redevance de 50 euros par trottinette par an. Il suffira de comparer le nombre de trottinettes actives déclarées par chaque opérateur à la mairie et leur nombre effectif sur la voie publique.

De la même manière, il sera possible de vérifier que chaque entreprise respecte le plafond d'appareils autorisés que la Lom permettra aux collectivités d'imposer. Ce plafond sera aussi défini à l'aide de ces données d'usage : Paris verra quel pourcentage de la flotte chez chaque opérateur est actif afin de ne pas proposer de limites qui brideraient l'activité d'une entreprise ou au contraire l'autoriseraient à inonder la ville de trottinettes sans que cela corresponde à une véritable demande.

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