135 euros d'amende : ces nouveaux radars ont une faille, des automobilistes sanctionnés à tort

135 euros d'amende : ces nouveaux radars ont une faille, des automobilistes sanctionnés à tort

Recevoir une amende forfaitaire de 135 euros alors que l'on a commis aucune infraction, c'est ce qui est arrivé à plusieurs automobilistes.

Ils sont blancs ou gris et bordent nos routes depuis quelques années, mais ces radars d'un nouveau genre sont aujourd'hui sous le feu des critiques : des avocats spécialisés en droit routier rapportent que plusieurs automobilistes ont été verbalisés alors qu'ils n'avaient commis aucune infraction.

Tout part de l'essor, en France, des voies réservées au covoiturage réservées, à certaines heures, aux véhicules ou motos transportant au moins deux personnes, aux taxis ou encore aux transports publics collectifs. Aujourd'hui, on en compte au moins 49 en métropole, s'étendant de quelques centaines de mètres jusqu'à 28 kilomètres, selon les chiffres du Centre d'études sur la mobilité (Cerema).

L'objectif est d'inciter les usagers à voyager à plusieurs et ainsi réduire le nombre de véhicules sur la route, et donc les embouteillages et la pollution. Mais pour s'assurer que ces voies sont respectées, encore faut-il pouvoir les contrôler et verbaliser. Des radars de covoiturage ont ainsi été installés à Paris, Lyon, Strasbourg, Grenoble et dans le Nord, rapporte l'association 40 millions d'automobilistes. Problème : certains d'entre eux seraient victimes d'une faille.

Deux modèles sont principalement déployés sur le territoire : l'un utilise des caméras thermiques pour détecter le nombre de passagers, l'autre photographie l'habitacle grâce à des dispositifs infrarouges et soumet les images à une intelligence artificielle, chargée d'identifier la silhouette et la position de chaque occupant. C'est ce second modèle qui semble poser problème en raison d'une faille dans la détection des enfants.

Pour l'intelligence artificielle, il semble difficile d'identifier un bébé installé dans un siège auto ou un cosy, au point de ne pas le comptabiliser comme passager. Résultat, des parents circulant légalement sur la voie réservée reçoivent une amende de 135 euros. Précisons qu'un enfant, quel que soit son âge, est bien reconnu comme un passager et donc permet la circulation sur une voie de covoiturage.

Précisions également qu'il ne s'agit pas de radars automatiques à proprement parler, mais d'un système de vidéoverbalisation assisté par ordinateur. Chaque infraction détectée est vérifiée et validée par un agent assermenté avant d'être retenue. C'est précisément ce point qui inquiète Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes : "Si la machine n'arrive pas à bien voir l'intérieur d'une voiture, on se dit naturellement que l'agent non plus, et qu'il laisse donc le bénéfice du doute à l'automobiliste. Mais preuve en est que ce n'est pas le cas : des automobilistes sont verbalisés à tort."

Selon lui, cette situation jette le doute sur toute la chaîne de vérification : "Comment ne pas douter de la fiabilité de toute cette vérification humaine ? A mon avis, il n'y en a pas. C'est un travail à la chaîne où l'on ne fait pas vraiment attention."