Cette nouvelle directive européenne qui arrive en 2026 peut obliger votre patron à vous augmenter

Cette nouvelle directive européenne qui arrive en 2026 peut obliger votre patron à vous augmenter Cette nouvelle disposition qui arrivera au plus tard en juin 2026 devrait aider les Français à négocier une revalorisation salariale.

Et si la négociation salariale devenait enfin plus facile. Même si 41% des Français s'estiment sous-payés, d'après une étude du cabinet de recrutement Robert Half, demander une augmentation n'est jamais une tâche facile. Comment préparer son argumentaire ? Comment estimer sa valeur sur le marché du travail ? Et que répondre en cas d'arguments sur la mauvaise santé financière de l'entreprise ? Comment manœuvrer ? Face à tous ces éléments contre le salarié, une nouvelle loi va bientôt équilibrer les débats en matière de négociation, et forcer la main à votre patron dans certaines conditions. 

Il s'agit de la directive européenne sur la transparence salariale. Votée le 10 mai 2023, elle ne fera effet qu'en 2026 dans le droit français. La France a jusqu'au 7 juin 2026 pour transposer cette directive dans son droit national.  Attention, toutes les entreprises ne sont pas tenues d'appliquer cette directive. Seules celles qui comptent au minimum 50 salariés sont contraintes de le faire. Dans les entreprises de moins de 50 employés, il est possible de la mettre en place mais ce n'est pas obligatoire.

Concrètement, le salaire de vos collègues ne sera plus un secret. Vous serez en droit de demander la rémunération des employés qui ont un poste similaire au vôtre de manière à exiger un salaire plus juste. Cette disposition a notamment été pensée et mise en place pour réduire les inégalités de paiement entre les hommes et les femmes.

Dans le cadre d'une négociation salariale, la transparence est une arme supplémentaire. D'après l'étude du cabinet de recrutement Robert Half, les Français s'appuient essentiellement sur leur ancienneté, leurs résultats ou leur évolution professionnelle pour négocier leur rémunération. Connaître le salaire de ses collègues est une arme supplémentaire. 

Dans certains cas, votre patron n'aura d'autres choix que de vous augmenter. Dans toutes les entreprises de 100 salariés ou plus, tout écart de rémunération de plus de 5% entre les différents travailleurs devra être corrigé obligatoirement. Il ne sera admis que si l'entreprise présente des critères objectifs pour justifier de telles différences de salaires. Ces facteurs peuvent être la performance du travailleur par exemple. Cette obligation de correction des écarts supérieurs à 5% ne s'applique pas dans les entreprises de moins de 100 salariés.

Cette nouvelle directive va produire des effets dès le parcours de recrutement. Dans les offres d'emploi, l'employeur devra impérativement indiquer une fourchette de salaire aux candidats. En plus de ces obligations, il n'aura plus le droit de demander aux candidats la rémunération de leurs derniers postes.

Tous les employeurs qui refuseraient d'appliquer ces dispositions sur la transparence salariale risquent une sanction administrative. Cette dernière prendra la forme d'amende dont le montant est proportionnel à la masse salariale de l'entreprise. Elle est ensuite ajustée selon la gravité de la faute de l'entreprise. Le site servicepublic.gouv précise que toutes les plateformes comme LinkedIn, Hellowork ou encore Indeed seront également sanctionnables en cas de non-respect de la mesure.