Destiné à une grande carrière puis blessé, il a créé Doctolib et est aujourd'hui indispensable à 30 millions de Français
Alors que Roland-Garros débute, les espoirs français reposent sur les épaules d'Arthur Fils. Le joueur de 21 ans aura la lourde tâche d'essayer de faire mieux que la génération précédente restée bredouille sur la terre battue. Un joueur aurait pu tenter sa chance il y a quelques années mais son corps en a malheureusement décidé autrement. Cet homme, c'est Stanislas Niox-Château, qui est aujourd'hui le fondateur de Doctolib.
Né en 1987 à Paris, c'est aujourd'hui une figure majeure de la French Tech. Avant d'en arriver là, ce Parisien de naissance était destiné à une toute autre carrière dans le sport. Il joue au tennis à haut niveau pendant sa jeunesse où il affrontait des noms connus du grand public comme Gaël Monfils ou Jérémy Chardy, devenus professionnels par la suite. Malheureusement pour lui, son destin est changé par une blessure au dos qui l'oblige à arrêter le tennis à l'âge de 17 ans.
Cet événement s'ajoute à un autre aspect du personnage : le bégaiement. "Le plus utile c’est mon bégaiement. Je bégaye depuis tout petit, et il y a 15 ans je ne pouvais pas aller chercher une baguette à la boulangerie. Aujourd'hui je parle à des clients, je parle en public etc. Ce bégaiement m'aide à me remettre en question tous les jours", confie l'entrepreneur sur le site de HEC. Il explique en avoir fait une force pour se remettre en question au quotidien.

Stanislas Niox-Château se tourne alors vers une toute autre carrière dans l'entrepreneuriat, domaine qu'il juge proche du sport. "Il y a des liens extrêmement forts entre l’entrepreneuriat et le sport", explique-t-il en interview. Pour y parvenir, il intègre HEC Paris en 2006 où il se forme précisément dans l'entrepreneuriat en suivant une "majeure Entrepreneurs" dans son cursus. Ce parcours académique accélère son entrée dans le monde de l'entreprise.
En 2010, il confonde Otium Capital, un investisseur privé qui accompagne les entrepreneurs, avec Pierre-Edouard Stérin et Antoine Freysz. Ce projet lui permet d'avoir de premières expériences et de découvrir l'univers des start-up et de l'investissement. Là encore, son passé de sportif n'est jamais bien loin car comme il le dit lui-même : "une start-up, c'est comme une équipe de sport".
C'est finalement en 2013 qu'il se lance dans son projet que tout le monde connaît aujourd'hui : Doctolib. Avec d'autres cofondateurs comme Jessy Bernal, Ivan Schneider, ou Thomas Landais, Stanislas Niox-Château a l'ambition de moderniser le secteur de la santé en permettant aux Français de prendre des rendez-vous plus simplement. "Innover sur le marché de la réservation de rendez-vous médicaux c’est travailler au quotidien avec les professionnels de santé pour leur fournir des outils novateurs et complets de gestion de leurs consultations et de leur patientèle. Pas les remettre en cause", écrit l'entrepreneur dans une chronique publiée dans nos colonnes le 27 avril 2016.
Doctolib devient rapidement un acteur majeur de la santé en France. L'application s'étend jusqu'en Allemagne et sa croissance est constante. Sa place dans l'écosystème de la santé n'a cessé de grandir, notamment en 2018 avec le rachat de MonDocteur, plateforme née en 2013 et qui proposait un service de prise de rendez-vous à l'image de ce que fait Doctolib. Un bon exemple qu'on peut rebondir aussi haut qu'une balle de tennis.