IA, GEO ET RH Marque employeur : sur la question des avis, Google ne cite votre site qu'une fois sur trois

Forhia

Depuis cet été, Google répond de plus en plus souvent aux candidats à la place des sites. Sur les questions qui vous jugent, salaires et avis, ce sont surtout d'autres pages qu'il cite.

Depuis le 22 juillet, quand un candidat tape le nom de votre entreprise dans Google, il ne voit plus seulement une liste de liens. Il peut voir un texte déjà rédigé, avec ses sources. Les Aperçus IA, ces résumés en haut des résultats, et le Mode IA, l’onglet où le moteur répond comme un assistant, sont arrivés en France cet été.

Le changement est simple à comprendre. Hier, un candidat ouvrait dix onglets et se faisait son opinion. Aujourd’hui, quelqu’un a fait le tri à sa place et lui rend une synthèse. La question n’est donc plus "sommes-nous bien référencés". C’est "qui a écrit la synthèse".

Pour y répondre, j’ai posé 990 questions à Google le 21 août, sur 82 employeurs présents en France, et lu les réponses. Voici ce qu’elles montrent.

Un seul mot décide si Google répond à votre place

Google ne rédige pas toujours. Sur la requête "[votre entreprise] recrutement", un Aperçu IA apparaît dans moins de 4 % des cas. Le candidat voit encore des liens, et parmi eux les vôtres.

Ajoutez le mot "cadre", à la même entreprise et le même jour, et le résumé apparaît plus d’une fois sur deux. Même sujet, un mot de plus, et le candidat bascule d’une page que vous connaissez vers un texte que vous ne contrôlez pas. Ce mot, ce n’est pas vous qui le choisissez.

Vos pages répondent à la question qui vous flatte, pas à celle qui vous juge

Dans le Mode IA, où Google répond toujours, un candidat qui demande "travailler chez vous" voit votre site cité dans presque toutes les réponses. C’est logique : il cherche votre discours, Google lui donne votre discours.

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Mais quand il demande ce que vos salariés pensent de l’entreprise, votre site ne figure plus que dans une réponse sur trois. Sur les salaires, à peine une fois sur deux. Autrement dit, là où le candidat cherche à vérifier, vous n’êtes plus la voix principale.

Deux noms répondent presque toujours, et ils appartiennent au même groupe

Sur ces questions de réputation, deux sites reviennent sans cesse : Indeed et Glassdoor. L’un ou l’autre apparaît dans 99 % de ces réponses.

Ces deux plateformes appartiennent au même groupe. Les deux marques subsistent séparément, mais quand elles sont citées côte à côte, ce ne sont pas deux éditeurs indépendants, et rien ne le signale dans la réponse.

Ce que cela change

Votre attractivité employeur ne s’arrête plus à votre site carrière. Les pages d’avis et de salaires ne sont plus un sujet de réputation que l’on regarde de loin une fois par an : c’est la matière dans laquelle Google puise pour écrire. Les alimenter, les tenir à jour, répondre aux avis, c’est agir sur cette matière. Sans jamais commander le résultat : la réponse peut changer d’une fois sur l’autre, et personne ne peut vous garantir une citation.

Le vocabulaire compte autant que le contenu. Les mots avec lesquels vos candidats vous cherchent ne sont pas toujours les vôtres, et ce sont eux qui décident de ce qu’ils liront. Les connaître devient une donnée RH.

Un mot d’honnêteté pour finir. Ces chiffres viennent d’un panel majoritairement composé de grands comptes, un jour donné. Ils ne sont pas les vôtres, et ils ne se transposent pas à une PME dont la page d’avis est vide. La méthode, les effectifs, le périmètre commercial et les limites de ce relevé sont publiés, et il faut les lire avant de transposer.

Ce qu’il faut en retenir n’est donc pas un pourcentage. C’est un déplacement : une partie de ce que l’on dit de vous à vos candidats s’écrit désormais ailleurs que chez vous.